SERVEUR/ BARMAN

Temps passé dans l’eau : si vous assumez le travail en soirée, c’est parfait pour le surf. Si vous assurez également le service du déjeuner, vous avez toujours la possibilité de surfer tôt le matin et avant de reprendre le service du soir.

Barman à Tavarua, probablement le meilleur job au monde...après celui de surfeur pro...Photo: ASP

Salaire : à coup sûr, vous êtes au bas de l’échelle, avec à peu près 8-10 euros/heure + les pourboires. En Europe, personne ne donne réellement de pourboires mais vous pourrez peut-être boire et manger «aux frais de la princesse»...

Formation: en général, c’est le bouche à oreille qui prime et après une période d’essai on vous prend…ou pas. Pas besoin de diplômes, un employeur recherche surtout quelqu’un d’honnête, de souriant et de travailleur, en d’autres termes…une mignonne à forte poitrine. Comme nous l’a confirmé le propriétaire d’un bar surf non loin des bureaux Surf Europe: « Tu as des gros seins, des longs cheveux, tu parles quatre langues...t’es embauchée!"

Possibilités de voyage : un bon barman peut travailler dans le monde entier s’il le souhaite, sans manquer beaucoup de sessions. Les villes surf ont des bars et des restaurants ; un job à mi-temps peut vous permettre de vivre et d’offrir en plus quelques tournées aux surfeurs locaux en échange d’une ou deux vagues de la série…

Inconvénients: le travail peut être harassant et on ne gagne pas des millions. Par comparaison avec un mec sur les plateformes pétrolières qui travaillera un mois et disposera d’un mois de vacances, le serveur/barman travaillera non-stop pendant la saison, jusqu’à l’épuisement. Sans parler des soirées qui se finissent très tard et qui ne lui permettent pas vraiment de se lever aux aurores pour la session du matin.

Autres: Le boulot de barman vous fera rencontrer du monde. Pas besoin de drague, de phrases toutes faites, vous n’avez qu’à dire « qu’est-ce que je peux t’offrir? » Une étude a montré qu’un homme jeune aura 81% plus de chances de faire une rencontre amoureuse s’il travaille derrière le bar que le même mec, avec la même coupe de cheveux et le même tee shirt…assis de l’autre côté du comptoir !

PHOTOGRAPHE DE SURF

Temps dans l’eau: Pas mal du tout en fait. Ceux qui ne surfent pas (vous savez qui vous êtes ?) ne surfent pas car ils l’ont choisi… il y en a plein qui surfent et qui surfent plutôt bien. Lors d’un trip aux Mentawai, ils travaillent 99% du temp bien sûr. Mais lorsque l’on vit près de la côte, les conditions sont rarement idéales pour la photo et donc… ils ont amplement le temps de surfer. Ils sont derrière leur objectif quand les conditions sont A + + et surfent les jours B- … et il y en a un paquet !

Votre C.V, ce sont vos photos. Photo: ASP

Salaire: Il y a peu encore, leur salaires faisaient partie des plus élevés du surf business, quelques photographes américains empochaient des sommes à six chiffres (plus de 100 000 euros), en cumulant le travail pour un magazine, pour une marque avec les photos shots et les photos vendues pour les pages de pub avec leur copyright mondial, etc… C’était la grande époque car aujourd’hui le salaire payé par un magazine suffit à peine pour faire le plein de super à la pompe et plus aucune marque n’achète de photos pour ses pubs...et il faut en plus beaucoup dépenser pour son matériel. C’est pourquoi l’ASP emploie désormais des Sud-africains, bien moins chers...

Possibilités de voyage: Hallucinantes. Vous passerez votre carrière sur les plus belles destinations surf de l’univers avec les meilleurs surfeurs...ou bien vous irez en Angleterre avec d’illustres inconnus...

Inconvénients: Dépenser des millions en excès de bagages et passer des heures sur le Net à insulter les autres photographes, à pleurer l’époque de la pellicule et à vous plaindre du numérique et des réseaux sociaux...ou à voir votre travail ignoré ou imprimé au format d’un timbre-poste par des blaireaux d’un magazine de surf (désolé!)

Formation: Pas besoin de diplôme, vos photos seront votre CV. Il faut pouvoir bien s’entendre avec les pros, être capable de se lever tôt, de nager et de passer des heures devant son Mac.

Surfeurs célèbres: Laurent Pujol est un photographe français et un ancien surfeur pro qui a déjà fait la couverture d’une demi-douzaine de magazines.

SURFEUR PRO

Temps dans l’eau: Imbattable. Il n’y a pas un boulot sur terre qui vous offrira plus de temps à l’eau .Vous êtes même payés pour le faire !

"C'est top comme boulot, on peut même aller pêcher avant sa série..." Parko; Photo: ASP

Salaire: Cela varie énormément. Le pire des sponsors que nous connaissons paye 1000 euros par mois pour un surfeur du WQS à plein-temps, ce qui ne couvre même pas les billets d’avion et quand on fini entre la 50ième et la 100ième place du WQS, on prend en général moins de 10 000 euros par an en pricemoney. A l’autre bout de la chaîne, les meilleurs surfeurs européens ont plusieurs contrats et peuvent atteindre un salaire cumulé à 7 chiffes alors que des rumeurs prêtent à Kelly un salaire atteignant les 22 millions de dollars... cela paraît encore peu par rapport à un Beckham qui fleurtait avec les 33 millions et une coupe de cheveux et des tatouages qui n’ont jamais rien fait gagner à l’équipe d’Angleterre ou un Tiger Wood à 75 millions qui a chuté sur le trou de trop…

Possibilités de voyage: pareil que les photographes mais en mieux...

Autres opportunités: Lors des multiples trips avec votre sponsor, vous serez assis à la table du patron, du responsable marketing (celui qui est là pour s’assurer que vous avez le bon boardshort sur vous) et vous pourrez commencer à planifier votre reconversion...L’autre avantage quand on est pro, c’est les filles...Certaines ont même la faculté de deviner votre classement ASP et plus il est haut, plus cela les excite, surtout si vous avez le physique, les cheveux et le sourire de Wilko. Pour le bas de classement, c’est plus souvent chambre d’hôtel et site porno...

Formation: Il faudra que vous soyez capable de rider une vague bien mieux que 99.5% de la population surf.

Maçons, charpentiers, etc…

Temps à l’eau: Hmm pas mal. Le truc c’est que quand on fait un boulot physique toute la journée, que l’on est couvert de ciment, de peinture, etc… même une vague pourrie d’un mètre vous semblera excitante et vous serez heureux à l’eau. Et même si vous êtes sur un gros chantier et que vous trimez 7 jours sur 7, vous trouverez toujours le temps pour placer une petite session salvatrice.

On lâche le chantier quand c'est offshore...d'où le conseil de Photo: ASP

 

Salaire: Pas mal non plus. Un bon charpentier ou maçon peut se faire 20 euros de l’heure en cash dans le sud-ouest de la France, d’ailleurs beaucoup d’Australiens se sont installés et travaillent à ce tarif. Les Portugais sont moitié moins chers, plus efficaces et seront au boulot même si les vagues sont parfaites...

Possibilités de voyage: C’est intéressant. Vous arriverez à travailler partout si vous êtes un bon charpentier, maçon, plombier etc. soyez à l’heure et ne revenez pas du déjeuner bourré c’est tout!

Formation. Plus vous aurez d’expérience, plus votre taux horaire sera élevé. Si vous pouvez conduire un monte-charge, faire de la plomberie, du plâtre, de l’électricité ,etc… c’est tout bonus...

Inconvénients: Quand on est artisan, il faut bosser par opposition à tous ceux qui sont dans les bureaux, les cols blancs, que l’on paye à discuter dans les couloirs et à passer des heures sur le trône. Attention aux blessures, au marteau, aux échardes, aux douleurs dorsales, etc…

Surfeur célèbre: Occy s’est mis à bâtir des maisons quand il s’est retiré du tour au début des années 90, avant de décider de revenir pour gagner le titre mondial car il en avait marre de porter des briques toute la journée sous un soleil de plomb, d’avoir à se lever tous les jours à 6h et de se faire gueuler dessus par un mec qui semblait lui en vouloir d’avoir été surfeur pro...

Encore plus de jobs? Seconde partie demain