Share

Opinion

Top 6: Les Surfeurs les plus Puissants

Occy, Andy, Sunny, Dane, TC & Pancho... Bref, du lourd!

Par Ben Mondy

Il existe 4 ou 5 méthodes pour déterminer le niveau d’un surfeur de très haut niveau. Mais après son nombre de suiveurs sur Instagram, combien de marques de bière craft il a co-créé, le niveau de notoriété de sa femme, viennent sans doute ensuite le style et la puissance.

Pour le style, on a déjà tranché, et notre article sur les 6 surfeurs les plus stylés se trouve ici. Il est donc temps à présent de parler de puissance, de power, ‘da kine’ comme on dit à Hawaï. Là encore, on se mouille, et on y va, voici notre TOp 6 des surfeurs les plus puissants, sans ordre particulier. Tu as le droit de ne pas être d’accord, mais seulement si tu le marque en commentaire et si tu argumentes!

 

Tom Carroll

Si tu as déjà croisé Tom Carroll en vrai, tu sauras à quel point il est rase-motte. La stat officielle l’annonce à 1,67m, mais c’est sûrement sur un botin du 7.5 et sur la pointe des pieds.

‘Le plus fort dans tout ça peut-être, c’est qu’il arrive à maintenir cette puissance et ce contrôle alors qu’il a dépassé les 55 balais!’

Une fois digéré le fait qu’il est si petit, il te reste à digérer la masse. Car oui, c’est une petite masse, en fait. Il respire la puissance quand on le voit, et tout est musculaire équilibré dans son corps. Alors c’est bon là? Tu as oublié qu’il était deux fois plus petit que toi?

C’est ce physique atypique qu’il a amené au surf, ou plutôt qu’il lui a fait enrichir le surf de sa présence.  Il s’est bien appropriée ses qualités physique inées, a utilisé parfaitement son centre de gravité bas dans le surf, et si on ajoute à cela une grosse paire de cojones (au figuré, nous pensons), alors tu as le prototype du surfeur puissant. Ah, et aussi son timing parfait. Et ses interminables entraînements… Ben ouais, il en faut quand même, pour être potnetiellement le surfeur le plus puissant de tous les temps.

Dans ces conditions, on trouve focrément moins bizarre qu’il a changé la donne à Hawaï. Il fut notamment le premier surfer à dominer Sunset en backside, ou de faire de gros snaps dans un Pipeline en furie à 3m…

Certes son style n’était pas le plus smooth – quand on dispose de cette puissance cela rend les  les transitions plus brutales, mais ça ne fait rien: quand il se connectait à une vague, la puissance parlait et la magie opérait de la même manière. Et le plus fort dans tout ça peut-être, c’est qu’il arrive à maintenir cette puissance et ce contrôle alors qu’il a dépassé les 55 balais!

 

Andy Irons

Andy Irons 4 Waves @ Cloudbreak de Dave Tepper sur Vimeo.

Parmi les autres ‘power surfers’ de cette liste, aucun n’allie mieux style et puissance. Andy Irons avait les 2, et c’est cette combinaison des 2 qui caractérisait son surf. Mais on l’a plutôt mis côté puissance, même si c’est discutable, car c’est ce qui se dégage de son surf quand on le regarde. Et surtout parce qu’il n’avait jamais peur de la furie d’un océan.

‘7 ans après sa mort, et pas loin de 15 ans après le pic de sa carrière, les vieux clips de lui en surf révèlent toujours la même puissance, la même aisance, et ne sont toujours pas datés’

La mort brutale et prématurée de AI aura au moins eu le mérite de l’élever très vite au rang d’icone de notre sport, respecté et regretté de tous. Mais là où il n’y a pas débat non plus, c’est que 7 ans après sa mort, et pas loin de 15 ans après le pic de sa carrière, les vieux clips de lui en surf révèlent toujours la même puissance, la même aisance, et ne sont toujours pas datés. Ils ne le seront sans doute jamais.

Quand ce mec était en forme, il mettait plus de pression sur la lèvre que n’importe qui, peu importe la taille de la vague. Et il le faisait avec une spontanéité et un naturel absolument inédit. Il pouvait défoncer les lips de Haleiwa à 2,50m de haut, relâcher ses dérives sur un Cloudbreak à 2m et remettre une couche de puissance dans un Teahupo’o en feu avec la même aisance.

À tord ou à raison, les surfeurs puissants sont rarement considérés comme sublimant leur sport. Andy lui, oui. Son surf était si complet, c’est aussi ça qui le met à part des autres.

Dane Kealoha

‘Un millier de gros surfeurs hawaïens ont fait la même chose depuis, de Johnny Boy Gomes en passant par Sunny Garcia ou Zeke Lau, mais c’est sur Kealoha qu’a été forgé le moule’

Quand tu as lu Dane plus tôt, tu pensais à Dane Reynolds. Oui c’est vrai qu’on l’aime beaucoup, et qu’on kiffe son surf, mais le classé dans les surfeurs les plus puissants serait vraiment osé de notre part… Non, nous parlons d’un Hawaïen vieux de la vieille, on parle de Dane Kealoha. Le mentor de Michael Peterson et Larry Bertleman, le rail le plus puissant du Pacifique, l’inventeur du surf en puissance, pour ainsi dire.

Avec son physique de rugbyman tongien, Dane s’est fait connaître en surfant un gros Backdoor comme personne. Les 2 spots de Backdoor et Pipe ont d’ailleurs reçu leur ration de correction dans les années 70 et 80, et c’est souvent Dane qui les donnait, en mode backside tube riding.

Environ mille gros surfeurs hawaïens ont fait la même chose depuis, de Johnny Boy Gomes en passant par Sunny Garcia ou Zeke Lau, mais c’est sur Kealoha qu’a été forgé le moule. Le moule de cette puissance toute hawaïenne, celle qui laisse place à l’inspiration et au ‘flair’ comme disent les rosbifs.

Seule ombre au tableau dans tout ça: il s’est tellement fait voler par les juges dans les contests, souvent pour son attitude un peu renfermée et méfiante, qu’il a raccroché son quiver sans titre majeur, amer et désabusé. Mais son héritage de puissance demeure bien encré dans la communauté, c’est déjà ça.

Sunny Garcia

Tu le voyais arriver de loin, sans surprise et sans suspens, et boum, il envoyait son move signature, le gros Front de Sunny Garcia! Aussi prévisible que son caractère était imprévisible, mais tellement plus jouissif!

En fait, on l’a vu tellement de fois ce puissant virage de Sunny, et pourtant il étonnait, d’une certaine manière. Une telle agression envers l’élément liquide semblerait presque démesurée aujourd’hui, et vous vaudrait la constitution d’une association de défense de la lèvre maltraitée.

Dans l’assistance, autour des contests, on entendait “ouffff” dans le public, comme quand on regarde Tyson détruire un adversaire à la télé. Chez Sunny, tout était fait pour délivrer cette puissance, et le style global en patissait. Mais il s’en batait, clairement, son kiff c’était de frapper le plus fort possible. Ça dénotait forcément, et ça impressionnait! D’autant qu’à cette époque sur le tour, il rendait bien 25kg à tous les autres pros du circuit.

En plus, il savait utiliser cette qualité aussi bien dans du petit surf que dans du gros. Encore une fois, c’est Sunset et Haleiwa qui ont le plus à témoigner de ces sessions entières tout en rage et en puissance. Bref, il eut été inconcevable que Sunny ne soit pas dans ce Top 6: on peut le détester pour son attitude, ses accès de violence (il s’est mis la moitié du monde à dos, sinon plus) et même pour son surf, mais on ne peut que reconnaître l’efficacité du bonhomme devant la vague, et sa puissance animale.

Mark Occhilupo

Occy quant à lui a su ajouté de la variété à un surf à la base surpuissant. Et d’ailleurs, il n’est pas devenu ‘Occy’ en tabassant les grosses vagues comme d’autres dans cette liste, mais en montrant l’étendue de ses qualités, dont la puissance était sans doute la plus évidente, et la moins travaillée aussi.

D’une corpulence massive lui aussi – il aurait fait un bon combattant de lutte gréco-romaine face à un Tom Carroll par exemple, et l’aurait même sans doute titillé sur un gros Pipeline, mais sans pour autant transpirer autant de force. Ce que l’on retient de l’Australien, c’est sa capacité à tout donner en permanence, à s’impliquer physiquement à 200% sur un spot indonésien réputé aussi bien que sur un beachbreak sans conséquence.

Alors que certains listés ici auraient eu l’air ridicule dans une vague sans puissance, Occy lui savait adapter son surf, et il savait utiliser à merveille son centre de gravité bas, son dos musclé et son gros cul pour se caler dans n’importe quelle poche et en tirer le meilleur profit, avec détermination et aussi un brin de folie furieuse.

‘Ce que l’on retient de l’Australien, c’est sa capacité à tout donner en permanence, à s’impliquer physiquement à 200% sur un spot indonésien réputé aussi bien que sur un beachbreak sans conséquence’

Ses performances à Bells et J-Bay resteront comme les exemples les plus frappants de son génie à l’eau, et surtout de ce backside tellement dévastateur de puissance. Si tu veux t’en assurer, regarde les vidéos de Jack McCoy de quand Occy était au top (Green Iguana, Bunyip Dreaming et al), et tu retrouveras ce côté tellement unique, cette puissance et ce style si particuliers dans l’histoire de notre sport.

Pancho Sullivan

Pancho Sullivan section – Peter Baker sur Vimeo.

La carrière de Pancho Sullivan a connu de nombreux pics et creux, à l’image d’un spot déchaîné, mais lui a toujours su y opposer sa hargne et surtout, sa légendaire puissance. Le jeune charger hawaïen qu’il fut jadis a connu aussi des phases très changeantes, du freesurfeur le mieux payé du monde (ou pas loin) au circuit de compétition vétéran. La constante dans tout cela? Le power qu’il a sous les pieds: personne au monde ne brasse autant d’eau que lui lors d’un turn, c’est certain, et c’est encore vrai aujourd’hui.

C’est aussi grâce à son gros Frontside qu’il a su s’imposer à son tour comme un ‘nouveau’ Mr Sunset. Les bowls changeants de Snnset lui offraient un terrain de jeu idéal, puisqu’il avait tellement de puissance qu’il aurait pu rider ce spot les yeux fermer et lui faire aussi mal dans toutes les conditions. Le Bushman Pancho et ses guns y étaient intouchables, aussi bien en compétition qu’en dehors.

D’ailleurs, il a fait une carrière plus que remarquable en contest. Du QS au CT, sa technique aussi remarquable que particulière lui a permis de marquer les esprits. Et accessoirement de passer 5 belles années dans l’élite du surf mondial.

Il fut à l’époque souvent comparé à Taylor Knox. Comparés non pas pour leurs similitudes, mais pour leurs différences abyssales. Knox c’était pour beaucoup le style, Pancho la puissance.

Quand Sullivan calait ses gros rails dans la poche d’une vague, le résutlat était beau, violent et complet. C’est ça qui le place définitivement parmi les surfeurs les plus puissants de tous les temps.

Share

Newsletter: termes et conditions

Merci de renseigner votre e-mail de manière à vous tenir informé de toutes les news, articles, nos dernières offres. Si vous n'êtes plus intéressé vous pouvez renoncer à tout moment. Nous ne vendrons jamais vos données personnelles et vous ne recevrez que nos messages et ceux de nos partenaires qui sont susceptibles de vous intéresser.

Read our full Privacy Policy as well as Terms & Conditions.

production