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Après le traumatisme laissé par la vision d’intolérance et de rejet face au mariage pour tous, on s’est naturellement posé la question du surf gay… Un pays comme la France s’est montré tout de même bien divisé sur le sujet, à la grande surprise de la majorité tolérante. Malgré tout, il semble bien que les surfeurs homo soient tout aussi prêts à prendre leur place au line up, à tomber les masques si vous préférez. Il y a peu je vous aurais servi une blague douteuse sur les adeptes du surf backdoor. Mais vous savez, à l’époque, les homos ne surfaient pas, hein, c’est bien connu! Il ne faisaient pas non plus de skate ou de snow, d’autres sports où le mot ‘gay’ est souvent utilisé de manière condescendante, voire péjorative. L’image machiste du surf ne pouvait pas tolérer, ni même imager cette simple idée. Elle était d’ailleurs accueillie avec beaucoup d’hostilité. Je me rappelle avoir lu dans un magazine de surf australien cette phrase, “tous les pédés devraient être enfermés dans une énorme prison puis on ferait s’écrouler les murs”. J’étais naïf à l’époque, et mal informé, et cela m’a fait rire.

Matt Branson en couverture de Tracks en 1992.

Bien sûr, nous le savions tous, statistiquement il y a forcément des surfeurs gay autour de nous, si on voulait catégoriser les gens, ce qui n’est pas non plus une bonne idée, au passage… En plus, certaines des capitales gay de la planète comme Sydney et San Francisco ont des vagues à profusion. Donc nous avons certainement connu des surfeurs de grosses vagues ou bons dans le tube qui ont vécu une grande partie de leur vie en évitant d’aborder ce sujet dans notre communauté. Pour un milieu fun et ouvert… Il semblerait presque parfois que certains à l’eau sont des fans de Frigide Barjot… Franchement, il est temps que l’on grandisse tous, et qu’on évite d’utiliser le mot ‘gay’ à tort et à travers, non?

Gab Medina lors du Rip Curl Pro Search 2011, à San Franscisco, la capitale gay des USA. Photo: Kirtsin/ASP

En février 2010 GaySurfers.net a été crée en rassemblant pour la première la communauté gay du surf. Sa mission: ” créer un site fun et intéressant où les homosexuels hommes et femmes peuvent se rassembler, se connecter et partager leur passion pour le surf et d’autres sujets liés.”

L’intérêt a été énorme. Lors des six premiers mois, 2300 surfeurs gay se sont enregistrés dans 76 pays. Plus tard la même année en Australie, Gallows Beach à Coffs Harbour a accueilli la première compétition de surf pour gay, le CoastOut 2010 avec des juges ISA accrédités. Cela a été un énorme succès, avec des bonnes vagues et même une compétition de lancé de sac à main, pour voir qui arriverait à lancer le plus loin un faux sac Gucci au dessus d’un énorme pénis sculpté dans le sable.

L’ancien surfeur pro Lee Winkler est venu avec sa femme et ses enfants pour surfer et soutenir cette initiative, bien qu’à l’époque, un seul surfeur ait fait son coming out,  Matt Branson. Le fait que Branson soit un gros fêtard, couvert de tatouages et un amateur de grosses vagues, qui avait fondé un groupe de death metal band appelé, a donné plus de punch à son annonce. Les lesbiennes ont aussi toujours été présentes sur le tour féminin, même si elles faisaient tout pour que cela ne se sache pas. Trouver des sponsors étaient déjà assez dur comme ça… Depuis, certains lui ont emboîté le pas, dont Craig Butler dont nous avons parlé dans Surf Europe.

L’un des meilleurs joueurs de rugby Gallois Gareth Thomas a été le premier à faire son coming out il y a quelques années…Quand est-ce que le surf va réussir à briser son silence homophobe? 

Alors où est ce que je veux en venir? Et bien, l’homophobie c’est nul n’est ce pas? C’est rétrograde, paresseux et franchement plus du tout à la mode. En tant que surfeurs, c’est notre faute collective qui a cloisonné aussi longtemps les surfeurs gay. Et c’est à nous de nous assurer que la prochaine génération de surfeurs homosexuels n’a plus à faire face à un tel problème.

La question est donc: êtes-vous un homme ou une femme assez courageux pour que cela devienne une réalité? Ne soyons pas le dernier bastion homophobe, pas pitié!

Ben Mondy

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