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Opinion

L’échelle du World Tour: les 13ièmes

La suite de l’analyse de Mister Vico…

JOHN JOHN FLORENCE
Un Round 1 au surf rythmé, fluide et varié, JJF brille de facilité et de contrôle là où le reste de l’humanité semble peiner. Un premier tour exemplaire, sans pour autant trop forcer, qui laissait déjà présager un accès aisé aux phases finales, si seulement son parcours n’avait pas été prématurément stoppé par une contusion à la cheville lors de la sempiternelle kermesse aux blessures que sont les expressions sessions, fournisseur officiel des injury wildcards chaque année. Logiquement sur pied pour Bells, Double John risque de faire mal.

GABRIEL MEDINA
Un Medina visiblement diminué après s’être blessé à la cheville lors de son insolente performance du Round 1. Un surf beaucoup plussoft et une attitude moins “guerrière” qu’à son habitude traduisent que le mental n’y était pas lors de son second passage, certainement déchiré entre l’idée d’une possible contre-performance et celle d’une blessure potentiellement handicapante pour la première moitié de saison. Prompt rétablissement à Gabriel, qui ne tardera pas à reprendre son rôle de distributeur de combos lors des prochaines étapes.

Un peu décevant notre virtuose brésilien, mais tout le monde sait qu’il préfère les gauches pour mettre les autres combo. Photo: ASP

KAI OTTON
Auteur d’un début de compétition très correct avec quelques très bonnes manoeuvres, dont un très bel engagement sur les premières sections, Kai n’a été que le reflet de lui même durant son duel contre Jérémy, sensiblement plus lent, fatigué, ses turns avaient moins de panache et sa gestion de série moins solide que lors des premiers tours. La plupart des bonnes opportunités de vagues étant trustée par un Mimi dominant, Kai termine avec une avant-dernière place décevante.

FILIPE TOLEDO
Le jeune Brésilien a su montrer avec brio toute l’étendue de son talent lors de cette première épreuve de la saison. Majoritairement connu pour son expertise dans les airs, Filipe a surfé avec puissance, rythme et beaucoup d’intelligence dans le choix de ses trajectoires, montrant une finesse et une capacité d’adaptation aux vagues et à ses adversaires très mature. Avec un tel potentiel, les seules incertitudes quant à sa saison restent ses capacités dans le gros, et sa délicate gestion de l’horripilante omniprésence braillarde de son père.

JOSH KERR
L’ancien local de Snapper n’a pas vraiment brillé cette année, avec un surf tout juste propret, sans accrocs ni folie, sans cet élément qui rend son surf habituellement spectaculaire. Désormais résidant en Californie du Sud, Kerrzy semblait hors tempo sur son ancien homespot, peu confiant sur son choix de vague, trop safe sur ses manoeuvres, privilégiant bizarrement le contrôle à la spontanéité qui le caractérise. Ses meilleurs résultats ayant été récemment sur des vagues creuses et puissantes (Peniche/Pipe WCT +WQS), peut-être avait-il besoin de cette épreuve pour remettre ses compteurs à zéro et repartir pour une bonne saison dans le Top 10.

Pas d’envolée spectaculaire pour Josh Kerr sur son ancien home spot, là où il a remporté nombre de airs show. photo: ASP

SEBASTIAN ZIETZ
Seabass, s’il continue avec le même état d’esprit, peut aisément finir dans le TOP 10 dès sa première année. Le jeune Hawaiien maîtrise absolument tout le répertoire du surf, excelle dans le carving surfing, domine les airs les plus compliqués et dompte le gros et creux. Contrairement à tous les rookies des précédentes saisons, Seabass n’a pas eu le temps d’être gonflé par les médias, il est resté très discret jusqu’à sa qualification et victoire de la Triple Crown. Peu ou pas de pression pour un surfer qui semble donc s’amuser, prendre toutes les vagues qui lui plaisent et avance donc sans stress dans ses heats. À une époque où tous les vétérans choisissent de “lâcher la pression” en série, et les rookies de décevoir lors de leur première année (Kolohe, Jordy, Dusty), l’attitude de Seabass est vraiment rafraîchissante et risque de payer vite.

ALEJO MUNIZ
Avant-dernière place aussi illégitime que son parcours fut exemplaire, pour très certainement le plus sous-estimé, discret et complet des Brésiliens. Alejo a écrasé son premier tour avec classe et se fait pousser hors du Tour 3 malgré le second meilleur total de toutes les séries du Round. À l’instar d’un Seabass, Alejo excelle partout, un surf puissant et contrôlé, beaucoup de précision dans ses prises de rail au bottom et lors des carves, ainsi qu’une excellente capacité à relâcher ses appuis pour terminer ses manoeuvres avec vitesse et contrôle. Attendez-vous à le voir de plus en plus proche des phases finales cette saison.

DANE REYNOLDS
Animé par une motivation bien plus visible qu’à son habitude, Dane a de nouveau fait le spectacle. Ses enchaînements compression au bottom / explosion sur le lip lors des manoeuvres de fermeture de vague sont effrayants de puissance et de précision. Il n’a hélas pas son égal sur le Tour, et c’est élément de surprise, de maestria qui font de lui le freesurfer le plus dangereux du Tour. Beaucoup moins de déchets qu’à son habitude lors de ses séries, Dane était visiblement bien parti pour à nouveau en soucier plus d’un, s’il n’avait pas été arrêté par un flat de 15mn dû à call plus que discutable de lancer sa série dans des conditions de marée très aléatoires. Il ne nous reste désormais plus qu’à nous préparer à l’arrivée au pic de dizaines de wannabe surfers fortunés avec son nouveau modèle de planche…

Vous retrouverez certainement Mister Dane au Quik Pro France…il aime ce statut de wildcard et freeman. photo: ASP

DUSTY PAYNE
Compétition en demie teinte pour l’Hawaiien quand on connaît l’étendue de son niveau. Seule sa meilleure vague contre Owen reflétait la vraie nature de son surf: puissance, précision, rebond et vitesse. Le reste de ses séries a été très irrégulier, avec beaucoup de doubles/triples appuis, de prises de rails hasardeuses et de trajectoires coupées ou avortées, sans réel projet. Après 3 saisons à camper dans la zone de requalification et de nombreuses blessures, il est temps pour l’Hawaiien de dresser ses priorités et gagner en régularité s’il veut se réaliser -aussi- en tant que compétiteur.

JORDY SMITH
Un peu comme Alejo, Jordy n’a pas grand chose à se reprocher sur cette étape, mise à part tomber contre Travis Logie. Un surf qui frise l’excellence, des trajectoires et des changements de rythme méticuleux, des prises de rail et des relâchements à la précision chirurgicale, le Jordy 2013 va faire des dégâts. Après avoir essuyé pas mal de plâtre sur ses deux premières saisons, le Sud-Af’ a eu l’intelligence de remplacer l’arrivisme par l’expérience et, gagnant en connaissance, en adaptabilité, Jordy semble plus stable et dispose d’excellentes planches pour attaquer 2013, et pourquoi pas transformer sa seconde place de 2010 contre un titre de Champion du Monde en 2013.

C’est encore une fois l’absent de marque des phases finales, Jordy aurait il perdu l’habitude d’évoluer dans le top 10? photo: ASP

C.J HOBGOOD
Des scores en baisse constante depuis le premier round auront eu raison du Floridien. Le surf dynamique, puissant et incisif des premières séries laissant progressivement place à une succession de manoeuvres et trajectoires manquant de punch, d’agressivité. Tout comme son jumeau, pas de grands résultats sur les dernières saisons à Snapper, donc pas de surprise pour le vétéran, qui sur Coolangatta donnait l’impression de venir faire le boulot sans grande envie.

NAT YOUNG
Baptême du feu réussi pour le jeune goofy Californien, qui a su monter en puissance tout au long de son parcours. Il butte finalement contre un Fanning on fire dans une série qui aurait pu aisément pencher de son côté. Ayant fait ses classes sur Steamer Lane, le rookie a développé un surf backside excessivement technique qui pourrait rapidement détrôner Ace Buchan dans le rôle de maître-étalon sur le tour. À tout juste 22 ans, Nat arrive à combiner la précision métronomique de Buchan aux tricks, variations et tailblows des Wright et Wilko. Travailleur, bien entouré et aussi très à l’aise dans le répertoire moderne sur son côté frontside, Nat risque de rapidement bousculer la hiérarchie des gauchers sur le Tour. Nat YOUNG: retenez ce nom.

(cette après-midi le haut du classement en deux parties!)

L’arrivée d’un surfeur comme Nat fait prendre un coup de vieux aux goofy seniors. Photo: ASP

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