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Opinion

La hiérarchie du World Tour: les 25ièmes

LES 25 IÈMES…LA BASE DE LA PYRAMIDE

Il y a les abonnés de bas de classement, les mauvaises perfs de favoris, les invités de dernières minutes pris de court…voici les éliminés du second tour passés au crible par Vico

ADRIANO DE SOUZA:

Dernière place inhabituelle à Snapper pour De Souza, qui ne reflète en rien son niveau, bien au contraire. Auteur d’une solide performance au Tour 1 (17,1pts), il se fait éjecter par un Travis Logie qui se surprend lui même. Dane Reynolds met fin à son parcours dès le second Tour dans une série qu’il avait pourtant menée dès les premières secondes avec un solide 9,1pts. Le surf d’Adriano a gagné en fluidité, en prise de rail et en conduite de courbes.Toujours au point sur sa préparation matérielle et physique, une volonté évidente “d’assouplir” son surf, ajoutée à cette défaite qui a très certainement piqué son ego…attendez-vous à des étincelles d’abord à Margaret River qui risque d’être son épreuve de revanche puis sur Bells.

Victime surprise d’un impressionnant Travis Logie, le Brésilien était plus habitué aux phases finales sur la Gold Coast. Photo: ASP
WILLIAN CARDOSO:

Auteur de solides victoires sur le circuit WQS, le puissant Brésilien rôde autour de la qualification depuis déjà quelques saisons et entre et sort sur les WCT au gré des blessures des ténors. Une fois de plus, un parcours express pour celui qui est affectueusement surnommé “Panda” (oui oui c’est vrai). Un surf aussi puissant que monobloc et peu varié. Sur Snapper il n’a su montré que très peu de flow, de lien (linking) entre les manoeuvres, compensant son manque évident de légèreté par un excellent contrôle de ses manoeuvres. Willian est sans conteste un excellent surfeur, mais va devoir rapidement revoir -et affiner- ses gammes s’il espère appartenir au Top 34 autrement qu’en tant qu’intermittent du spectacle.

OWEN WRIGHT

Dernière place catastrophique pour l’un des meilleurs backside surfeurs du Tour. Owen avait atteint les Quarts l’an passé sans difficultés, grâce à un surf précis, varié et incroyablement technique. Le surf backside de l’Australien prend toute son ampleur quand la vague est soit grosse avec des sections qu’il peut exploiter avec un contrôle hallucinant, ou au contraire plus petite mais longue, alors il gagne en rythme, en puissance, en vitesse et en radicalité tout son long. Malheureusement pour Owen, pas de pareille opportunité dans son heat contre l’hawaiien dans des conditions hasardeuses. Mauvais surprise donc, après sa victoire dans des conditions étrangement similaires à Burleigh Heads en début de saison mais rien d’alarmant pour Owen dont le surf n’est pas à remettre en question.

Owen Wright, une autre tête de série tombée dès le second tour…photo: ASP
RAONI MONTEIRO

Si l’on observe la carrière en dents de scie du Brésilien, on s’aperçoit qu’il performe le mieux après un échec, une difficulté, une perte de sponsor ou une blessure. Ses deux bons résultats sur Peniche et Santa Cruz l’an dernier arrivaient dès son retour à la compétition après sa blessure lors du Fiji Pro. Raoni est un vétéran du tour, plus connu pour son profil de chargeur mais également parfaitement à l’aise avec le répertoire moderne sur les vagues de taille plus humaine. Sur Snapper il a cependant surfé sans réel éclat, la passion qui transpirait de son surf en Automne dernier semblait s’être un peu étiolée, et son choix de vague paraissait bien pâle comparé à Jérémy durant leur série. Surf tout juste “correct” + choix de vague “moyen” = scores insuffisants et donc une dernière place. Le power surfing de Raoni peut faire des dégâts sur Bells s’il y trouve la bonne vague, et ensuite s’enchaînent une épreuve à la maison et 3 épreuves (Fiji/Bali/Tahiti) sur les vagues creuses qu’il affectionne. Comme dit en ouverture, une défaite attise généralement son mécanisme de performance…affaire à suivre.

TIAGO PIRES

Requalifié d’extrême justesse pour 2013, et n’ayant jamais fait mieux que 21ème sur le classement final, Tiago doit donc aborder sa sixième saison sur le Tour avec un délicat mélange d’incertitude et de placidité. L’incertitude de véritablement correspondre aux exigences du Tour, aux manoeuvres et trajectoires toujours plus explosives; et la placidité de connaître toutes les étapes du Tour, d’avoir son entourage, d’excellentes planches et ce genre d’habitudes qui viennent avec l’expérience. L’épreuve de Snapper a été tout aussi duale pour le Portugais, avec un premier Tour encourageant: un surf sur le pied avant, précis, ample, dynamique et rapide…tout au contraire du Tour 2 où l’hégémonie de son pied arrière traduisait le stress du Portugais, perdant tout rebond après ses manoeuvres, restant au dessus de sa planche…autant de signaux qui poussaient les notes des juges vers le surf backside de C.J, liant chacune de ses manoeuvres verticales avec rapidité, contrôle et panache. Tiago va retrouver plus de confort sur la vague de Bells où il a habituellement des résultats corrects et surtout plus d’affinités tant la vague ressemble à son homespot de Ribeira d’Ilhas à Ericeira.

Une série prometteuse puis Tiago perd une série largement à sa portée…Photo: ASP
ADRIAN BUCHAN

De loin le plus mauvais résultat de sa carrière à Snapper, un peu bousculé dans sa routine par une blessure, Ace n’a pas su montrer la puissance et la stabilité quasi mécanique de son surf backside. Le problème principal pour les goofy footers cette année à Snapper a un nom: Travis LOGIE. Premier gaucher à surfer la vague de dos dans le Round One, il a mis la barre très haut pour les juges et dès lors toutes les performances des autres goofy footers y ont été comparées. Les notes de Ace aurait pu (dû ?) être un peu plus hautes lors de son premier tour mais quoi qu’il en soit le local d’Avoca Beach n’a pas su se montrer aussi brillant qu’à son habitude. Opposé au rookie de Steamer Lane Nat Young au Round 2, il a souffert d’un choix de vague et d’une explosivité bien moindres. L’arrivée de nouveaux goofy sur le Tour va certainement le mettre sous pression…

DAMIEN HOBGOOD

À 34 ans, le Floridien attaque sa 14ème saison sur le Tour. Snapper ne lui réussit définitivement pas vu que c’est sa 4ème dernière place sur ses 6 dernières participations sur ce spot. En glissement dans les classements depuis quelques saisons, le vétéran n’a pas pris que 6 vagues en deux séries, montrant soit une attitude excessivement sélective (pour des résultats très moyens), soit une motivation et un surf un peu en berne, avec peu d’éclat. Quelques bonnes manoeuvres sur le Round 1 mais rien de bien excitant pour un surfeur capable aisément de l’excellence, qu’importent les conditions. Il semblerait que Damo, en bon vétéran, soit bien conscient de ses forces et faiblesses et s’assure de sa re-qualification annuelle en se préservant tranquillement pour ses étapes favorites du Tour: Tahiti, Hawaii, Fiji et tout se qui est gros et creux.

PATRICK GUDAUSKAS:

Une fois de plus un aller/retour pour l’un des surfeurs les plus malchanceux du Tour. Les séries s’enchaînent et se ressemblent pour le Californien, qui perd contre Josh Kerr – encore – dans une série très lente et aux totaux bien bas. Dommage pour Patrick qui avait montré un surf dynamique, varié et contrôlé, avec beaucoup de drive (conduite) dans ses turns. À la différence de Cardoso, Pat Gudauskas dispose d’absolument tout le répertoire de manoeuvres, de bonnes planches, d’un support familial unique et d’une passion pour le surf digne d’un grommet de 12 ans. Il a le potentiel d’un Top 15 mais manque cruellement de régularité dans ses séries, donc dans ses résultats, chose qui serait tout à fait normale pour un jeune rookie, mais qui l’est nettement moins pour un surfeur de bientôt 28 ans avec 3 saisons d’expérience sur le Tour.

Pat Gudang un petit tour et s’en va. Photo: ASP
KIEREN PERROW

Là encore, un vétéran pas vraiment fan de Snapper. Des résultats plus que moyens sur ce spot tout au long de sa carrière indiquent une certaine limite de son surf. Il a cependant surpris son monde en atteignant l’excellence sur une vague lors de son Premier Tour, preuve qu’il a encore ce qu’il faut pour gagner. Son second tour contre le jeune et sautillant Felipe Toledo était même bizarrement à sa portée, tant le choix de vague était déterminant, ce qui est son fort. Tout comme Damien Hobgood, on sait sur quelles étapes du Tour K.P mise, et avec son nouveau poste au sein de l’ASP, il est fort à parier qu’il à autre chose en tête que de marquer un rookie à la culotte.

KOLOHE ANDINO

“Brother” a été impressionnant dans la série la plus attendue de ce début de saison contre Kelly et Dane. Un surf complet, progressif mais contrôlé, un choix de vague et une variété de répertoires impeccables, il semblerait que Kolohe ait enfin réussi à mettre derrière lui tout la pression et la “rookie hype” qui le hantaient en 2012, et se présente en 2013 avec une attitude et un physique bien plus adultes. Le Californien de 19 ans n’a pas eu un draw facile car après ce périlleux premier tour, il se retrouve contre le spectaculaire rookie Sebastian “Seabass” Zietz, qui présente les mêmes qualités que lui. Très peu d’erreurs de surf, mis à part quelques blowtails-to-fakie un peu gourmands en espace et qui, sur une vague rapide comme Snapper, font vite rater les bonnes sections. Le jeune Hawaiien renvoie Kolohe étudier ses priorités et c’est une nouvelle déception pour Andino qui perd malgré un total de presque 15/20.

Un Andino libéré mais pris à la gorge par Zietz
GLEN HALL

Un début de compétition encourageant à plus de 15 points qui a du mettre en confiance l’Australo-irlandais, avec un surf appliqué et intelligent, il enchaîne, sans faire de folies, de bons turns sur la vague de Greenmount, bien plus facile à surfer pour les gauchers que ne peut l’être sa voisine Snapper. Malheureusement, son second passage contre un autre goofy rompu aux rythme des séries de WCT et à la vague bien plus compliquée de Snapper n’a fait que mettre en évidence les limites de “Micro”, qui plafonne a une petite moyenne avec un surf étriqué, stéréotypé, en profond contraste avec la construction de heat solide de Kai Otton et son surf bien plus aéré, radical et fluide. Dans la veine d’un Aritz, Glen Hall est un besogneux, il va donc sans aucun problème analyser ses erreurs et y remédier rapidement pour la suite de la saison.

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