Est ce qu'Instagram gâche le monde (du surf)?

Texte de Ben Mondy

La capture d'écran de cette dispute 'en ligne' entre deux photographes de surf Américains (Jimmy Wilson de Surfing Mag et Chris Burkard) fait sourire. Les photographes de surf, si vous n'avez jamais rencontré ce genre humain, sont assez bizarres et c'est le moins que l'on puisse dire. Bien souvent élevés dans la nature par des loups ou des parents d'adoption, ils sont un mélange assez savoureux de tempérament artistique, d'aspiration commerciale, d'agressivité territoriale et de psychopathie sociale. Bien sûr, nous ne pouvons pas nous en plaindre car le résultat est un ADN survolté qui nous permet chaque jour d'avoir le plaisir de découvrir un flux constant d'incroyables photos de surf.

Et je crois que c'était le coeur du débat entre ces deux estimés photographes. Instagram a fourni une plateforme facile d'utilisation et très addictive pour que tout le monde partage des expériences qu'ils viennent à peine de vivre.

(Attention: Maintenant on vous donne des noms) La semaine dernière Shane Dorian m'a dit qu'après avoir pris son incroyable vague à Jaws en octobre dernier, il est sorti de l'eau, a remonté la falaise, s'est installé dans sa voiture et a allumé son téléphone. Sur ton téléphone, il y avait un message de sa femme, avec un lien youtube de sa vague. Il n'y avait eu que 45 minutes depuis son take off historique et déjà des milliers de vues et cela augmentait.

Et en tout cas cela valait le coup, personne ne peut dire qu'un tube de 60 pieds à Jaws ne vaut pas la peine d'être partagé. Quand c'est une photo de quelqu'un qui castre un chien, d'un beach break pourri ou d'un putain de coucher de soleil, on peut se poser des questions sur la motivation de celui 'qui partage' et de celui 'qui mate'. Est-on arrivé au point où notre expérience personnelle ne nous suffit plus. Avons-nous besoin de tout partager, de tout valider. Sommes-nous maintenant incapables de simplement profiter de l'instant?

Je ne veux pas donner l'impression d'être quelqu'un qui regrette "la bonne vieille époque". Quand les vagues étaient bonnes avec jamais personne à l'eau, quand les gens écrivaient des lettres d'amour avec un stylo, quand des créatures de rêve courraient sur la plage vous offrant des bières gratuites à votre sortie de l'eau et puis vous faisaient l'amour et le ménage. Non, je pense que les médias sociaux ont enrichi ma vie, mais je dis tout aussi simplement d'Instagram a atteint la limite: trop utilisé, trop de partage, l'application commence à enlever tout l'intérêt que l'on avait à s'intéresser à la vie des autres.

La question est; est ce qu'Instagram gâche notre monde? 

Certains partages font encore l'unanimité...

 

 

 

sterling spencer sait parfois utiliser le partage à bon escient...parfois

 

 

Voici la limite...où il n'y a que des nanas déclarant leur amour à Julian...