“Si j'étais une joueuse, je m'agenouillerais tous les soirs et je remercierais Dieu que Roger Federer et Rafael Nadal aient existé, parce qu'ils ont littéralement porté ce sport. C'est la vérité." s'est exprimé Raymond Moore, avant sa démission récente du poste de Directeur en Chef du tournoi de tennis d'Indian Wells.

Moore a continué en indiquant que l'Association de Tennis Féminin était une « organisation chanceuse » qui «profitait de l'élan général généré par les hommes ». On imagine que ces propos ont choqué l'opinion publique, toujours prompte à la réaction épidermique. Mais n'est-ce pas là une vraie question?

À la suite des commentaires de Moore, le numéro 1 mondial Novak Djokovic est venu en appui en s'exprimant ainsi : « Notre monde du tennis masculin, le monde de l'ATP, devrait avoir plus d'enjeux, parce que les statistiques montrent que nous avons plus de spectateurs suivent les matchs de tennis masculin. Je pense que c'est une des raisons pour lesquelles nous devrions avoir plus de rémunération. Les femmes devraient se battre pour ce qu'elles pensent mériter et nous devrions nous battre pour ce que nous pensons mériter. »

Dans l'ensemble des articles de presse qui ont suivi, de nombreux papier ont listé des sports professionnels qui ne proposent pas des prize money équivalent pour les hommes et les femmes. Le surf, qui est assez peu souvent pris en compte dans la presse grand public en Angleterre, est tout de même listé parmi eux.

Pourtant, bien que le premier prix dans les événements du Samsung Galaxy Championship Tour ne soit pas égal pour les hommes et les femmes, la cagnotte totale, divisée par le nombre de surfeurs, l'est.

matt wilkinson et tyler wright

Ce qui nous amène à nous demander : le surf est-il en retard ou en avance sur son temps ? Les femmes méritent-t-elles le même prize money que les hommes, comme celui offert par l'US Open de tennis depuis 1971 ? Ou bien la taille de l'audience, la demande et les forces du marché doivent-elles être pris en compte, comme semble l'affirmer Djokovic ?

Tyler Wright a gagné 60 000 $ pour sa victoire sur la Gold Coast, contre 100 000 $ pour Wilkinson, alors que les perdants de la finale des Roxy et Quik pros ont reçu 30 000 $ et 50 000 $ respectivement, comme pour tous les événements Samsung Galaxy Championship Tour.

Comme pour le tennis, les hommes passent effectivement plus de temps à se produire. Alors que les matchs de tennis pour homme se remportent sur le meilleur des 5 sets, les matchs féminins le font sur le meilleur des 3 sets, ce qui signifie qu'elles gagnent plus à l'heure passée sur le court que les hommes. La trajectoire la plus courte pour atteindre la victoire lors d'un événement WCT masculin est de gagner 6 séries, contre 5 pour les femmes.

Il y a 18 surfeuse enjeu contre 36 surfeurs, ce qui signifie que la cagnotte pour les femmes est équivalente si on la ramène à la tête de pipe, la cagnotte totale pour un événement WCT masculin est de 551 000 $, ce qui est le double de la cagnotte pour les femmes de 275 000 $.

Quoi qu'il en soit, cela ne fait pas les gros titres. Les médias se concentrent sur les gagnants et gagnantes qui brandissent des chèques qui n'ont pas la même valeur.

Mais y a-t-il vraiment de quoi s'indigner ?

Quelqu'un qui est payé des dizaines ou même des centaines de milliers de dollars pour avoir gagné un seul événement sportif ne devrait-il pas tout simplement se considérer comme extrêmement chanceux, si l'on considère que 4 milliards de personnes dans le monde vivent actuellement en dessous du seuil de 50 $ par mois?

Le surfeur ne devrait-il donc pas se considérer encore plus chanceux que son homologue féminin déjà très chanceuse, et ne devrait-elle pas tout simplement arrêter de se rendre victime d'une injustice qui n'existe pas ?

Après, on peut toujours se demander si le courroux des plus remontées pour dénoncer cette inégalité ne serait plus utile si utilisé à défendre la cause des 4 milliards de personnes mentionnées ci-dessus, plutôt que d'essayer d'améliorer encore la situation de riches sportifs déjà très chanceux?

On n'a pas la réponse à toutes ces questions, mais on se les pose sérieusement. La fédération de surf anglaise elle a été la première à trancher: ce sera le même prize money pour tout le monde sur les compètes nationales.

Dis-nous ce que tu en penses! Le débat est ouvert!