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Opinion

Analyse: Le Tour Pro 2017 à mi-parcours

Que peut-on retenir de la première moitié du championnat masculin 2017?

À l’approche du contest qui marquera la mi-saison du Tour Pro en surf,  à savoir le Corona Open de J-Bay en Afrique du Sud dans quelques semaines,

Snapper, on ne sait plus si c’était la semaine dernière ou il y a 6 mois, tant cette saison ne semble pas vouloir s’installer dans le ronron d’une histoire narrative continue. Il se passe des choses, à droite à gauche, et tout semble décousu, en tout cas chez les hommes. Car c’est bien du tour masculin qu’on parle là.

Le champion en titre John John Florence promettait malgré lui de botter les fesses de tout le monde depuis déjà l’Australie, mais quelques sorties ratées plus tard, tout était déjà remis en jeu. Et à l’opposé de l’an dernier, là où l’on prenait les rookies pour de timides ersatz de leurs aînés de 2016 et leurs débuts canon, c’est toute l’élite qui semble cette fois contester la domination des favoris.

Voici donc le moment rêve de faire un petit bilan à mi-parcours, et en tirer les principaux enseignements. Ils sont au nombre de 4.

If Snapper feels like a long time ago, it's coz it was. Kinda... Photo: WSL/Ed Sloane

1. Cinq épreuves, cinq vainqueurs

“La constance est le refuge de ceux qui manquent d’imagination” observait Oscar Wilde, qui parlait forcément de la saison de surf 2017! Car ce qui est sûr, c’est que le CT de cette année n’en manque pas, d’imagination. Avec 5 surfeurs différents sur la plus haute marche du podium en autant de contests, les choses n’ont jamais été aussi ouvertes et indécises. Et ce n’est pas la seule raison de cette incertitude: la nature de ces victoires fut également très diverse. Tout d’abord ce fut la surprise et les larmes d’émotion autour du succès incroyable d’Owen Wright sur la Gold Coast, avant la victoire un rien classique (et hargneuse) de De Souza, dans une semi-indifférence. Puis ce fut le réveil du champion champion en titre Florence sur un Margaret en furie, la domination presque insolente de Jordy Smith à Bells grâce à son retour soudain à son meilleur niveau. Et bien sûr plus récemment, la victoire au long cours de Wilkinson à Fidji. Ce qui nous amène naturellement au point numéro 2…

2. Wilko en jaune

Alors que les drogués de la route se l’arrachent en ce moment-même, le “lycra jaune” de leader du Tour Pro est sur les mêmes épaules que l’an dernier à la même époque. Un peu comme si cela lui enlevait de la pression, et lui permet de mieux surfer, alors qu’il en plombe d’autres. Et cette année, il ne sent même pas le souffle chaud de John John dans son cou. En tout cas beaucoup moins. En revanche, c’est une horde affamée qui est à ses trousses. Est-ce mieux? À lui de répondre à cette épineuse question. Ce que l’on sait, c’est que Wilko calcule mieux, il a gagné en expérience, et sa situation actuelle n’a rien du hasard: il le sait, et a aussi les moyens que cela dure davantage que l’an dernier…

 

3. Le club Parkinson, Fanning, Slater, Medina

Dans le club très fermé de ceux qui étaient déjà au top lorsque tout le monde parlait du bug de l’An 2000 (si, si les enfants, c’était un vrai sujet à l’époque), à savoir le club des “anciens champions du monde encore en activité et qui faisaient tout pour reconquérir le Graal” – bon ok, Medina n’était pas encore connu, mais peu importe, ne démonte pas mon argumentation avant de savoir: de ces mecs-là, des têtes déjà couronnées on va dire, et bien c’est Joel Parkinson qui a eu la mi-saison la plus cohérente.

Evidemment, avec un Kelly qui lançait au début de saison que ce serait sa dernière, et attirait ainsi tous les regards vers lui – belle manière de lancer sa reconversion avant l’heure, d’un certain côté, il ne restait que les miettes aux autres champions en chasse du même trophée. D’autant que Mick Fanning lui, manifestait son besoin de prendre du recul – il ne ferait que les events qu’il “sentirait” comme il a pu le dire en début de saison. Dans ce contexte, Parko a su prendre la bonne tangente pour passer à travers les gouttes de la pression, et score à chaque sortie. Il a donc fort logiquement le meilleur classement du club des 4, à ce moment du championnat.

Kelly et Mick se retrouvent finalement à bouloter les restes qu’ils voulaient bien jeter aux autres au départ, et Medina, dont pas mal de savants du surf en avaient fait leur favori, est dans une situation encore plus inconfortable. Car lui, il lui reste des choses à prouver. Il n’est pas au mieux depuis le début de l’année, et cela ne semble pas s’arranger depuis la Gold Coast où il a fait belle figure.

Connaissant le talent de ce quatuor, il ne faut présumer de rien. Mais que de surprises, là encore, par rapport aux dits ‘favoris’ du début de saison!

 

Les dernières chances de titres de Slater sont-elles plus minces que le risque d'instinction du rhino noir en 2017?

4. Le Top 5 grand ouvert

Le glorieux et si recherché Top 5 est curieux: finir de la 2ème à la 5ème place peut être vécu comme un cuisant échec, même si aux yeux de tous (à part le numéro 1 mondial) cela fait de vous l’un des Boss incontestable du Tour Pro.

En plus, si tu l’intègre en fin d’année, tu auras forcément les regrets éternels d’un début de saison plus que perfectible. En mode “mais pourquoi j’ai chié comme ça en Australie et à Fidji!” Dans le Top 5 actuel, seulement 600 points séparent Wright en 5ème position de Wilkinson en jaune. Les choses sont donc plus ouvertes que jamais. Mais qui, qui en sera le dindon de la farce? Le “gros Jean comme devant”? En fait, c’est tellement ouvert, que d’autres pourraient s’incruster…

Bref, une seule chose est sûre, peu importent les calculs et les espoirs des uns et des autres, c’est que le Tour a rarement été aussi passionnant, et qu’il faudra sans doute attendre les dernières épreuves du CT pour que le champion 2017 soit connu!

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