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RESTER EN VIE SUR LA MEILLEURE GAUCHE AU MONDE

L’usine à tubes de la Skeleton Coast en plein désert… n’est pas un mirage!

 

A vous sucer jusqu’à la moelle…Photo: Timo

Ca paraît tellement facile. Un peu de volonté , les fonds nécessaires , du temps libre à foison…et les meilleures vagues du monde n’attendent plus que vous. W-guru, S-line, M-weed et autres bouées sont des alliés sur lesquels on peut vraiment compter…pensez quand même à ne pas trop vous égarer dans les profondeurs du web !  Regardez autour de vous et discutez avec les gens, échangez des infos, des idées et des plans de voyage. Et peu importe votre maîtrise d’Internet, quand il faut courir après les vagues c’est toujours une aventure humaine et cela n’a vraiment rien à voir avec cette «  réalité virtuelle ». Les hommes sont des chasseurs et les vagues… leurs proies. Des hommes en possession certes de nouvelles armes (incroyables) mais ce ne sont que des hommes. Avec un peu de chance, vous vous retrouverez un jour en compagnie d’un vrai chasseur de vagues. Un mec qui pendant que vous buvez votre bière en vous plaignant de n’avoir surfé que des vagues pourries depuis deux semaines, étudie toutes les cartes, appelle les bonnes personnes, regarde les billets d’avion, trouve un logement sur place et le moyen d’atteindre un spot dans les meilleurs délais…tout cela avant d’avoir fini de siroter votre bière.

Spectateurs pas franchement impressionnés. Photo: Timo

Il y a des choses qui restent immuables dans la vie et sur lesquelles on peut toujours compter comme la mort et les impôts. Pour ce qui est des prévisions de surf, elles sont beaucoup moins certaines. On a beau tout organiser, s’en remettre à l’avis des locaux, croiser toutes les informations possibles et imaginables et l’on se retrouve à observer les cartes au fin fond d’un pays africain en se disant que ‘demain sera meilleur’. Mais ce n’est pas le cas !Les vagues sont petites et pourries et il n’y a pas de spot alternatif. Une chose est sûre: il y a un spot parfait qui marche quelque part sur le continent et nous sommes juste au mauvais endroit au mauvais moment. Peut-on y remédier? Non mais Aritz Aranburu le peut. Il a appelé des milliers de personnes, a passé des heures sur Skype et téléchargé des centaines de vidéos (avec une connexion plus lente qu’une grand-mère avec des béquilles) pour nous montrer combien les vagues peuvent être incroyables de l’autre côté du continent. Et ce fut le cas.

Il faut un 4×4 pour remonter au line up…Photo: Timo

Incroyables, comment ça? Quand on entend la même phrase répétée – “l’un des meilleurs tubes de ma vie!” – par quelques-uns des meilleurs tuberideurs de la planète, cela vous donne des idées…Mais reprenons… par le début: arrivé là-bas, Aritz était le seul du groupe à connaître le spot et il savait ce qu’il fallait faire: louer un puissant 4X4, un guide pour vous faire prendre la bonne sortie – ce n’est pas agréable de se perdre dans le désert en cherchant une vague – et amener beaucoup de bouffe. Même si on allait manger beaucoup de sable( certains disent que c’est bon pour les intestins, c’est pour cela que les bébés aiment ça apparemment), il faut amener suffisamment de nourriture pour avoir l’énergie nécessaire dans les bras et les jambes… la vague est tellement longue que si l’on se positionne à mi-chemin sur la plage, on n’en voit ni le début, ni la fin. On m’avait dit 2.5 km de long mais je n’y croyais pas. Maintenant j’y crois. Et vous ai-je parlé des barrels? C’est un tube tout du long, comme dans vos rêves les plus fous ou sur ce petit bout de papier où vous dessiniez des vagues pendant vos cours de maths. Ici elles sont bien réelles. Celles de vos dessins prennent forme. Dieu existe.

Aritz s’est usé la main à force de freiner. Photo: Timo

Attendre que les séries arrêtent puis se mettre à l’eau. Attendre mais pas trop longtemps à cause d’un courant trop fort pour lutter contre. Ramer fort dès que l’on en voit une bonne sinon on est condamné à un late take off et on risque de louper la vague de sa vie. A partir de là, on joue à cache-cache avec cette chose en espérant ne pas se faire attraper et scotcher sur le sable compact qui se trouve à moins d’un mètre en dessous de votre planche. Il faut respirer, passer du soleil à l’ombre, du chaud au froid, du clair à l’obscur et le plus dur… c’est de ne pas arriver à tuber!

Miky & Jérémy & Tiago et Vasco sous le charme. Photo: Timo

Tiago, Vasco, Aritz et les caméramen sont arrivés d’Afrique, Miki et Jérémy ont pris un vol depuis l’Europe. Généralement ici, une houle dure une ou deux journées si on a de la chance . Quand les planches n’arrivent pas par le même vol que vous, il y a un sacré problème…celles de Jérémy ne sont pas arrivées et il avait donc un gros souci ou du moins c’est ce que je croyais avant qu’il n’emprunte l’une des planches de Tiago et qu’il se mette à sortir des lapins de son chapeau… un chapeau très profond. Si cela avait été une compétition, certains diront que c’est toujours la compétition avec ces gars-là, tout le monde aurait facilement récolté des 10, même si les premières vagues ont été dures à prendre. Le brouillard de la Skeleton Coast n’a rien à envier à celui de Londres. Je prenais des séquences photos de 50 images et je n’arrivais à couvrir que 20% de la vague. Absurde. Vince et Izio – les caméramen – se tenaient bien à l’écart l’un de l’autre et n’arrivaient qu’à filmer 40% de la vague, et il avait même une petite caméra grand angle fixé sur le taxi, le 4×4 avait pour tâche d’aller chercher les surfeurs en fin de vague et de les ramener, et j’imagine bien les sourires et les histoires qu’ a pu enregistrer cette carte mémoire. Un court métrage, pardon un long métrage pourrait être réalisé sur le surf et ça rendrait les gens heureux de voir simplement les images de cette caméra.

“Mec, j’espère que ce n’est pas trop rapide ou trop gros. Les tubes backside ce n’est pas mon truc et avec tous ces mecs à l’eau je vais avoir l’air d’un blaireau…” m’a dit Vasco avant d’arriver devant la vague et de prendre un tube tellement profond qu’il en est ressorti bien après le souffle. Pour un blaireau, il apprend vite…

“T’as eu ma dernière? Je crois que j’ai pris l’un des tubes les plus longs de toute ma vie! C’est le maître de Coxos, Tiago, qui parle à l’arrière du taxi avec un sourire aussi long que la vague. Désolé, je l’ai loupé, la vague est trop longue pour tout photographier. Et Tiago n’est pas le genre à la ramener , je suis sûr qu’il a pris plus de barrels dans sa vie que nous dans nos rêves les plus dingues. Prochain passager dans le taxi, Miky: “cette vague n’arrête pas, c’est un tube quasiment sans fin. Incroyable! Je n’ai jamais rien vu de pareil!” Et les passagers me racontaient leur histoire, Aritz lui était prêt à surfer toute la journée, non- stop. Et il s’est peut-être arrêté pour un sandwich au Nutella et boire de l’eau, mais j’ai eu l’impression qu’il n’a cessé de surfer pendant 10 heures d’affilée, un vrai marathon de tubes. Il a été le premier à l’eau et le dernier à sortir. Le fait de casser un aileron sur un phoque dans la vague ne l’a pas dissuadé: changement de planche et c’était reparti. Jérémy? Il a continué à sortir des lapins et tout ce que vous pouvez imaginer sur ce magicien du tube est vrai.

Revenons un peu sur terre : l’endroit n’a rien d’un paradis terrestre: cela coûte cher d’y aller, cela coûte cher d’y rester, c’est relativement loin et difficile à trouver. C’est du désert à l’état brut avec du sable fin idéal pour s’enliser. L’eau est froide, il y a du brouillard, des phoques et des requins partout, difficile aussi de faire une bonne photo et à quelques degrés près, la houle peut transformer ce paradis du tube en un véritable enfer aquatique. Nous avons de la chance d’avoir de bons chasseurs avec nous, nous avons scoré la perfection, quatre, cinq barrels par vague, des vagues de rêve devenues bien réelles. Et vous savez la meilleure? C’est que personne n’est mort. Car s’il y a un endroit où l’on peut crever tout seul , c’est bien ici ! Les multiples ossements balayés par le vent et le sable en sont la preuve.

Ricardo Bravo

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