Paul Watson, le fameux porte-parole de Sea Shepherd, a écrit une tribune suite aux récents événements de la Réunion, et y a inclus une lettre destinée à son ami de longue date Kelly Slater, provoquant chez le multiple champion du monde une intense réflexion... Et une réponse qui ne s'est pas fait attendre. En voici le contenu:

'J'aimerais revenir sur mes commentaires suite à la récente attaque de requin à la Réunion. Je n'ai pas assez réfléchi à ce que j'ai dit. J'ai parlé sous le coup de l'émotion, et du choc de la nouvelle. Car cette situation est dramatique sur place, croyez-moi. De jeunes passionnés qui perdent la vie, c'est purement et simplement insupportable. Cela dit, tuer le Vivant en quête d'une solution s'est toujours avéré être un échec, et un renoncement moral. Cela ne correspond en rien à ma philosophie de vie, et de plus cela ne règlera pas le problème sur le long terme.

Il est donc temps de réfléchir tous ensemble, esprits de bonne volonté qui souhaitent une issue positive à cette crise majeure: mettons nos énergie au service de cette solution, et arrêtons les querelles inutiles. La technologie, la connaissance humaine et le respect de la nature et du vivant peuvent fonctionner en synergie pour y parvenir. Nous avons tous beaucoup à apprendre, mais notre but est unique et commun: protéger nos océans et ceux qui y habitent."

Jérémy Flores avait pris en premier position sur internet, et avait emmené avec lui ses proches amis comme Kelly et Michel Bourez: il est vrai que sur un sujet comme celui-ci, difficile de contenir son émotion quand on est touché de près.

"Je ne crois pas que Kelly se doutait que ses propos prendraient une telle ampleur, et surtout qu'ils engendrent de la violence à la Réunion comme cette bombe artisanale dans les bureaux de la Réserve Marine" - Paul Watson

Les tensions sont encore énorme sur l'île, et parfois aussi sur les réseaux sociaux. D'ailleurs Paul Watson rajoutait hier sur la page Facebook de Sea Shepherd:

"Les tenants de l'élimination pure et simple des requins bouledogue ont sauté sur l'occasion pour faire de Kelly Slater une sorte de porte-parole, une aubaine pour eux, qui ont l'habitude de faire pression par l'intermédiaire des réseaux sociaux et d'une prétendue opinion publique qui les soutient. Les tenant de la conservation considère ces gens comme 'le côté obscur'. Ces gens-là ne savent réagir que par la haine, les accusations: des choses qui se transmettent très bien sûr les réseaux sociaux, comme une traînée de poudre qui prendrait une ampleur mondiale. Et tout cela bien sûr sans aucune vérification des faits.

Le but caché de ces lobbyistes qui ne disent pas leur nom, c'est de pousser à la fermeture de la réserve marine (qui est loin d'être la seule cause du problème) et de rétablir la chasse au requin, traditionnelle dans l'île depuis très  longtemps et stoppée en 1999.

Kelly s'est totalement fait dépasser par les événements, qui ont pris une tournure gravissime lorsque Jean-Bernard Galves, notre représentant dans la région, fut menacé de mort, et que cette bombe artisanale menaça les locaux de la Réserve Marine.

Jérémy Flores, ami de Kelly, a décidé de devenir l'un des avocats de la cause et souhaite l'abattage des requins bouledogue dans la zone. On peut mettre cela sur le compte de l'émotion car cela touche son île natale. Mais le problème, c'est que les tenants de cette idée opposent 2 choses qui ne sont pas opposables: la vie des jeunes surfeurs et la vie des requins. Nous considérons dramatique ces attaques fatales, évidemment. Mais nous voulons aussi sauver la vie des requins. Car nous pensons qu'en sauvant la vie des requins, nous sauvons aussi la nôtre, sur le long terme. L'équilibre écologique est trop fragile, et on ne rétabli pas un équilibre perdu par l'éradication d'une population. Ces tentatives ont déjà fait preuve de leur inefficacité.

Kelly éprouve de la compassion pour les jeunes victimes à la Réunion, et sa réaction initiale à cette tragédie est parfaitement compréhensible, d'autant plus lorsque l'on connaît les liens qui le lient à Jérémy Florès, notamment. Lui comme beaucoup d'autres, cherchent la solution, mais ne la trouve pas. Dans tous les cas, la solution n'a jamais été l'éradication d'une espèce, fut-elle localisée. (...)

Et en guise de conclusion, Watson termine par ces mots: "Comme le dit Kelly: si tu as peur des requins, ne va pas à l'eau."