C'est la news du jour, et même du week-end sur toutes les chaînes d'info: le cargo Modern Express, grand comme 7 terrains de football, en perdition près de nos côtes.

Il était arrivé à quelques 40 kilomètres à l'ouest de Biscarrosse (Landes) lorsque fut annoncé l'arrimage du cargo à un remorqueur pour éviter qu'il ne se brise sur nos côtes. Et il est vrai qu'au vu des images, on se demande vraiment comment le remorquage d'un tel monstre, qui plus est penché sur le flanc à 50°, peut réussir. Et une fois que cette première énorme difficulté sera franchie, on se demande aussi qu'est-ce que l'on peut en faire ensuite...

C'est beaucoup de questions me direz-vous... C'est que dans le Sud Ouest, et même sur toute la côté Atlantique, on ne connaît que trop bien les terribles conséquences d'une marée noire. On sait aussi à quel point les pays armateurs et les entreprises de cargo passent toujours entre les mailles du filet en terme de responsabilité, ce qui en soit, constitue un outrageux scandale.

Bref, il est bon de se poser les bonnes questions dès maintenant, donc. Et surtout de continuer dans un premier temps à éloigner le Modern Express de toute côte ou zone rocheuse, afin de garder intact une coque qui renferme tout de même quelques 300 tonnes de gasoil. Car malgré l'effort de com' des préfets sollicités, on a du mal à croire que cela est inoffensif - même si on sait aussi faire la différence entre les 300 tonnes de fioul du Modern Express, et 30.000 de l'Erika, par exemple...

Pour l'heure, le convoi de tractage se déplace vers l'oest à une vitesse de 3 nœuds (soit 5,4 km/h), et les négociations vont bon train pour savoir qui va récupérer la patate chaude, même si l'on entend ici et là que c'est le port de Bilbao qui semble le plus à même de gérer la situation. Et tout le monde de croiser les doigts pour que ces satanés cables tiennent la choc avec le retour de la houle...