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Adriano de Souza, Champion du Monde 2015

Analyse d'une finale...

Medina offre le saladier d’argent à son successeur De Souza. Photo: WSL/Kirstin Scholtz

Ça s’est passé pour nous dans la nuit du jeudi 17 décembre: Adriano De Souza est donc devenu pour la première fois de sa carrière, champion du monde de surf, à l’issue de sa victoire au Billabong Pipe Masters 2015.

Il est le premier brésilien à gagner sur le Pipe Master, et le second à remporter le saladier d’argent – puisqu’il succède en cela à son compatriote Gabriel Medina, finaliste malheureux de l’ultime épreuve. Malheureux certes, mais pas tant que ça, puisque l’objectif de Medina, écarté de la course au titre avant même son arrivée à Hawaï, a été rempli: il décroche la Triple Couronne (Vans Triple Crown) pour la première fois, en sortant Mick Fanning en demi-finale.

Méga carton plein pour les brésiliens donc, qui ont dominé les débats dans l’ensemble: 6 events du Tour sur 11 sont revenus au contingent auriverde, lourde stat! Au classement final, 3 des 5 premières places leur reviennent, et 4 du top 10 mondial. En rookies c’est la même, puisque les 2 premiers de la saison sont brésiliens, et vont en plus être 3 de plus à accéder à l’élite du CT l’an prochain.

En fait, la seule chose qu’il aura manqué dans ces derniers tours à Pipeline, et notamment en finale, ce sont des vagues de Pipeline… On aurait légitimement pu espérer mieux pour le grand final de cette année 2015, qui restera quoi qu’il en soit gravée dans l’histoire du surf mondial comme l’une des plus haletantes, mais aussi l’une des plus chargées en émotion. Cette dernière semaine nous avait pourtant gratifié de belles bombes, que certains ont d’ailleurs payé plutôt cher, on pense à Bede et à Owen surtout.

Comme le rappelait la WSL dans son clip, ‘rien n’était écrit d’avance’, et le suspens fut garanti jusqu’au bout, mais elle essuie pourtant aujourd’hui une critique à l’issue de cette dernière manche du Tour: pourquoi avoir organisé le Pipe Invitational pendant les ‘waiting periods’ de l’event principal? Cela a considérablement réduit les possibilités de modifier le programme, et par conséquent de choisir au mieux le timing pour les phase finales, si décisives pour cette fin de championnat du monde.

On parlera aussi sans doute beaucoup de la sortie en demie de Mick Fanning face à Medina, et du air-reverse de ce dernier qui tuait net les espoirs de titre de l’australien. Un air qui prévaut sur un tube, à Pipeline. Comme a pu le dire Franck Lacaze à l’antenne, “Andy Irons a dû se retourner dans sa tombe”. Après avoir sorti Bruce Irons, Sebastian Zietz, Jamie O’Brien, John John Florence et Kelly Slater (deux fois), Fanning tombait donc sur un os en forme d’aerial. Un os noté 6.50 ce qui, il est vrai, n’est pas cher payé pour un envol de cette taille… Mais bon, c’était Pipe, merde!  Difficile dans ces conditions, d’imaginer l’état d’esprit d’un Fanning sévèrement frappé par le maheur la veille de son quart de finale, par le décès de l’un de ses grands frères. Une belle semaine de merde, c’est ce qu’il retiendra, sans doute… À moins qu’il ne s’agisse d’une saison de merde? C’est clair que s’il remporte le titre l’an prochain avec une confortable avance, on pourra sans doute dire que tous les événements qui se sont acharnés sur lui cette année ont certainement pesé lourd.

Mais nous ne participerons pas non plus à la semi-mode de dénigrement autour des brésiliens, et de De Souza en particulier. Nous sommes plutôt de l’avis de Kelly Slater, qui y allait hier d’un petit rappel pas inutile sur Instagram: “Adriano sait ce qu’il faut faire pour gagner le titre: lire les vagues avant tout le monde. Il a été le plus fort à ce petit jeu toute la saison, et son énorme travail a payé. Bravo mon ami.” Alors certes, le style de De Souza, et même parfois son attitude à l’eau, ne sont pas des plus glorieux. Cela a été dit et répété, au point d’ailleurs que Kelly ait dû se fendre d’un tel message pour un peu calmer tout le monde. L’aurait-il fait si Adriano n’avait pas essuyé autant de critiques? Et comme l’a dit Strider Wasilewski au lendemain de la finale, “n’en veut pas au joueur, prends-toi en au jeu!” Car si l’on peut détester le fait qu’Adriano soit toujours à l’eau pour la gagne, peu importe l’adversaire, peu importent les conditions, et qu’il n’a aucune honte à gagner une manche étriquée en bataillant et en jouant des coudes, on ne peut que respecter l’attitude de compétiteur féroce, si ce n’est l’homme lui-même. Le Tour, c’est du surf de compétition, pas du free surf: il ne faudrait pas l’oublier. C’est donc le jeu, ma pauvre Lucette, et c’est peut-être ça qui déplait tant, si on y réfléchit bien.

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