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Interview: Michael Oblowitz – ‘Dante et le Homard’ révisité

Photo: Brian Bielmann

     Elle souleva le homard. Il lui restait 30 secondes à vivre.

     Au moins c’est une mort rapide, pensa Belacqua, que Dieu nous aide tous.

     Non, ça ne l’est pas.

— Extrait de ‘Dante et le Homard’ de Samuel Beckett

Michael Oblowitz est passé pour la dernière fois sur la Cote Basque il y a déjà 5 ans. Il y revient pour Heavy Water: The Life And Times Of Nathan Fletcher…

C’était lors du prestigieux Surfilm Festibal de San Sebastian, il y présentait son film Sea Of Darkness, un documentaire sur l’exploration surf dans les années 70. Certaines de ces explorations étaient assez sombres d’ailleurs, ou représentatives de leur époque un peu ‘druggy’. C’était aussi l’époque de la ‘démocratisation’ du surf, le début du surf de masse.

Oblowitz surfe depuis son enfance et a commencé à filmer à ses 20 ans. Mais Sea Of Darkness représentait son premier vrai essai en la matière. Il a d’ailleurs obtenu le prix du meilleur film dans sa catégorie à San Sebastian. Mais étrangement, impossible de le voir nulle part. Ni en DVD, ni sur iTunes, tu ne le trouveras pas. Et pas mal de rumeurs ont d’ailleurs circulé sur ce fait étrange: pourquoi faire un film si mal distribué?

De retour au Pays Basque, il y amène un nouveau documentaire, Heavy Water: The Life And Times Of Nathan Fletcher. “Un poème élégiaque en hommage au sacré”, précise-t-il, non sans un grand plaisir à faire épaissir le mystère. Le Sud-africain de naissance, américain d’adoption précise tout de même que “c’est aussi un film avec de l’action”.  On espère bien, quand même! Et il y a même un peu (pas mal même) de polémique autour. Alléchant!

Ok, Michael… On commence par où?

Tu le sais non? On pourrait parler de pourquoi mes films sont toujours aussi controversés?

Oui, mais alors pourquoi est-ce le cas à votre avis? Et est-ce que cela touche aussi vos films en dehors du surf? 

Mes films sont assez sombres. Si vous regardez mon film sorti à Sundance This World, Then The Fireworks, avec Billy Zane et Gina Gershon, c’est vraiment noir. Je suis attiré par ces atmosphères lourdes. Ça ne veut pas dire que je cherche à tout prix à faire des films de surf noirs, même si avec un titre comme Sea Of Darkness on pourrait s’y attendre. Mais je ne sais pas. Je pense que le surf est vraiment l’un de ces milieux qui essaie de cacher la saleté sous le tapis quoi qu’il arrive, vous voyez? Sans doute cela existe-il dans pas mal de sports, c’est l’aspect professionnel qui veut ça sans doute. Vous savez, j’ai rencontré Martin Daly [protagoniste principal de Sea Of Darkness] dans un avion, et j’ai rencontré Nathan Fletcher dans une maison du North Shore, peu de temps après qu’il ait surfé cette énorme vague à Teahupo’o. Ces situations font d’emblée de ces rencontres des moments très spéciaux, où l’on comprend tout de suite que l’on est peut-être au début d’un processus, d’une histoire. Et ça se vérifie souvent. Ces mecs sont particuliers, et mon penchant va vers les gens particuliers sans doute.

Qu’entendez-vous par particulier?

Si l’on prend les boss de la World Surf League — comme Mick Fanning: un athlète super clean, bonne image de permier de la classe, même son surf est propre sur lui. Il pourrait faire un autre sport, on l’imagine rugbyman. Boire une bière au bar après le match, où il a exécuté les mêmes manœuvres et feintes que le week-end précédent. Et qu’il réalise très bien d’ailleurs. Il est là pour ça. On sait à quoi s’attendre. Et même quand il se fait attaquer par un requin, il en sort clean. Tu vois ce que je veux dire? L’histoire n’aurait jamais pu se finir comme ça avec Martin Daly, ou Nathan Fletcher. On s’en fout si le héro du film est capitaine d’un bateau ou surfeur pro, ou tueur en série comme Val Kilmer dans The Traveler, pour moi ils ont tous ce point commun: ils sont intéressants. C’est pour ça que j’aime lire Conrad, c’est pour ça que j’aime toujours Heart Of Darkness aussi.

En tout cas on sent bien que la controverse ne vous dérange pas. Vous en jouez? Est-ce que cela valide votre travail d’une certaine manière? 

Non, ça me fait chier en fait. Moi j’essaie de faire des films honnêtes, purs, authentiques. Faire un film, c’est un processus organique, et au bout d’un moment il se met à grandir tout seul, se développer sans son auteur d’une certaine manière. Il va un peu où il veut. Ce que l’on cherche, c’est comme pour ses enfants: le meilleur. En réalité on aimerait toujours entendre “wouah, quel film fantastique!” Mais au final, on l’entend rarement, à part dans les festivals peut-être. C’est comme ça. D’abord parce que les gens se foutent des films, en général. Il se foutent aussi des bons films. Et le mec lambda ne reconnaîtrait même pas un bon film s’il y marchait dedans, tu vois? Les films, ça demande de l’éducation, du background. Et nous vivons dans un monde qui se fout de l’éducation, de ce type d’éducation-là, qui élève. Alors quand un surfeur éclairé écrit un truc bien, tout le monde passe à côté. Mais qui lit des choses de lui?

 

 

Revenons à Sea Of Darkness, je ne l’ai jamais vu mais…

Mais personne l’a vu! C’est la meilleur manière de faire parler d’un film, il faut croire.

Oui personne ne l’a vu et pourtant c’est un film culte!

Ça me rappelle ce personnage de Samuel Beckett tu sais, dans la pièce… “Less is more”, le minimalisme absolu. On les voit pas beaucoup, dans la pénombre, et ils prennent une place considérable.

Vous êtes fan de Beckett?

Un énorme fan de Beckett, oui! Beckett et le surf, une combinaison étrnage, mais pourquoi pas, après tout!

Quelle est votre pièce ou livre préféré de Beckett?

Evidemment j’adore Waiting For Godot, ça résume bien notre monde. Je ne pense pas avoir vu de plus juste métaphore de notre monde que “En attendant Godot”. J’aime aussi beaucoup Breath, une autre pièce de lui qui va dans les bas-fonds de ce qui nous entoure. Et parmi ses nouvelles, je dirais Molloy et Malone Dies, mais en fait je les aime toutes. Et si tu as lu ‘Dante Et Le Homard’, il pourrait y avoir une sacrée histoire de surf là-derrière. Ça ferait même un bon titre pour ton interview, tiens!

Bonne idée, je prends!

Je péchais des homards en Afrique du Sud, autour du Cap où j’ai grandi. J’ai toujours vécu proche de l’océan et je ne pourrais jamais m’en éloigner. Même quand je vivais au cœur de grandes villes comme New York ou Los Angeles, je m’arrangeais pour ne pas en être trop loin. Mais pour en revenir à la nouvelle, cet inconfort qu’il en résulte de manger des homards, c’est de là que vient notre confort. Tu vois? C’est la contradiction qui nous définit tous. Le chasseur qui aime les animaux, tu vois? On bout le homard pour le manger. On le fait souffrir pour s’en rappeler pour toujours, pour qu’il nous nourrisse. C’est fou quand on y pense. Le surf c’est un peu ça.

Oui, il n’y a toujours pas d’autres moyens de les tuer d’ailleurs?

C’est comme ça qu’on a tous appris en tout cas. Quand j’étais gamin au Cap, c’était un vieux loup de mer black qui nous avait appris. on plongeais dans les eaux glacées de Bantry Bay, avec juste nos masques, nos palmes et des gants de jardinier. On descendait à 10 ou 15 m et on décrochait les homards des rochers. On mettait de l’eau de mer dans un gros baril métallique qu’on mettait sur le feu. C’est comme ça qu’on les cuisait, sur place, dans leur propre eau de mer. Il n’y a pas à ma connaissance meilleure façon de les cuire. Et là, on les écoutait couiner. Tu sais quand tu es enfant, tu ne te rends pas trop compte. On les écoutait souffrir. Peut-être que c’est pour ça que je fais des films aujourd’hui, en fait.

À quel niveau?

Et bien le tourmenteur et le tourmenté! La contradiction dialectique, on appelle ça. J’ai connu ça toute ma vie: le bonheur de m’épanouir dans un pays pourtant dirigé par les idées de l’Apartheid, puis toutes les références artistiques qui m’ont suivi. La politique et l’art se rejoignent si souvent, mais si rarement pour la bonne cause. C’est comm eun œuvre que j’adore aussi: Cocksucker Blues, sur les Rolling Stones. Ils ont tout contrôlé, ceux qui ont vu ont adoré… Mais au final il n’a pas été distribué et n’a été vu que par très peu de gens. J’ai eu la chance de voir ce documentaire de Pennebaker, il m’avait donné un ticket pendant le Festival du Film d’Edimbourg, je venais de le rencontrer. Il y a des trucs immontrables dans ce film, comme les quantités de coke qu’ils s’envoient avant de monter sur scène! Ou Keith Richards à poil sur son lit avec un top model qui lui plante des aiguilles dans le corps. Il est juste fou ce film, mais qui pourrait ressortir ça aujourd’hui?

L’avez-vous revu depuis?

Non jamais, mais c’est resté gravé au fer rouge dans mon cerveau. Tu vois avec ce genre d’influences, je n’allais pas faire des films super clean, c’était évident! D’ailleurs pour moi, tous ceux qui essaient du plus profond de leur être de faire passer une image propre, sans faille, ne se rendent en fait pas compte qu’ils vivent dans un océan de mensonges. “Un tourbillon de mensonges” pour paraphraser Dylan. Et tout ça ne m’intéresse pas.

Et c’est comme ça que vous voyez le surf moderne?

C’est comme ça que je vois la vie moderne! Nous nous mentons à nous-mêmes sans arrêt. Nous passons notre temps à faire croire que nous sommes quelqu’un d’autre. Depuis que la WSL est en place, le surf a reculé, pour moi. Tout est devenu si… prévisible! C’est juste une nouvelle version, plus athlétique, du rêve californien. On nous vend du rêve, mais il n’a plus de saveur. Comme on vendrait des tomates industrielles. On met 2 aérials dedans et tout le monde est en extase. Nos exigences ont visiblement totalement disparues… Pour moi les seules compètes qui vaillent le coup se passent sur le North Shore. Le Triple Crown est LE vrai championnat du monde de surf. Donc pour moi le compétiteur parfait dans ce sens, c’est Sunny Garcia, parce qu’il en a gagné plus que tout le monde. Andy Irons et Kelly arriveraient juste derrière dans ma liste.  La dernière fois que je les ai vu en compète ensemble, c’était en 2009. C’était quelque chose! Ce qu’ils étaient capables de faire pour se transcender! Et quand je repense à Andy, ce que j’admire chez lui c’est qu’il se foutait de son image. Il ne cherchait pas à être clean en fait, c’est plutôt ça. Il est devenu un héro du surf à sa manière, sans suivre les codes. Et je déteste tous ces faux biographes qui essaient de polir son image. La ‘polir’, dans tous les sens du terme. La rendre digeste au clampin moyen de 2015. Il fut une Rockstar, point!

Pour revenir à Sea Of Darkness, on a parfois accusé Quiksilver de…

Qui a fait ça? Pas moi en tout cas. Ils se sont impliqués tout seul. Je n’ai pas demandé à Bob McKnight de raconter comment Mike Boyum est venu avec eux après coup. Il était en cavale, poursuivi par les flics, avec une tonne de dope, c’est un fait. Ce n’est pas moi qui ait dit “et au fait, Quiksilver a été fondé avec l’argent de la drogue”. Je n’ai jamais dit ça. Si les gens font des connections, je ne peux pas dicter aux gens leur manière de lire des livres ou d’interprêter. Le narrateur s’inscrit dans le subconscient du spectateur, certes, mais c’est le mécanisme du documentaire qui veut ça. J’ai été victime de ces histoires autant que Quik, sinon plus! Encore une fois à cause de l’ignorance, en fin de compte.

Et la version finale est la même que celle présenté en avant-première, malgré la polémique?

Pas mal de choses on changé depuis. Quiksilver a ses propres difficultés actuellement. Mais on a un super distributeur, donc j’imagine que ça va bien se passer. Les temps ont changé, peut-être il faudra adapter, sans dénaturer. Mais je sais qu’il y a des copies pirate qui circulent. On verra ce qu’il en ressort au final. Un film ne nous appartient plus vraiment totalement quand il sort de toute façon. Les documentaires subissent la même loi, c’est comme ça bien souvent.

 

Et pour Heavy Water… Ça se présente comment?

On doit encore bosser… En tout cas la métaphore de ‘Heavy Water’ donne le ton. “Surf en eaux troubles”, pourrait-on dire… Mais avant tout, c’est nathan Fletcher qui est important là-dedans. On deale avec la vie des gens, bordel, faut faire gaffe! Non pas se sensurer, mais faire les chses bien, et honnêtement surtout. Je ne vais pas en raconter davantage là-dessus, mais Nathan est une telle icône et en même temps tellement énigmatique, c’était un sujet parfait pour moi.  C’est comme l’enfant terrible de Bob Dylan et du cowboy Marlboro, tu vois? Il est unique, insaisissable, mystérieux, et pourtant il a une approche tellement simple et naturelle de cette ‘occupation’ tellement dangereuse, comme de la vie autour de lui. Regarde, je voulais qu’il m’accompagne à San Sebastian pour le film, il a préféré rester auprès de sa femme qui attend leur deuxième enfant. Je le comprend totalement, mais ça parle bien du bonhomme quoi! Un mec à la cool en fin de compte.

J’avais entendu dire que c’est parcequ’il ne voulait pas venir?

Non sa femme risque d’accoucher incessamment. Rends-toi compte, il vit à Oahu. 5 heures de vol pour Los Angeles. Puis je ne sais pas combien derrière pour Munich, et Bilbao, bref impossible! Imagine le bébé arrive alors qu’il est là à faire le con. Il ne se le pardonnerait jamais! Et le truc assez surprenant chez lui que j’ai remarqué, c’est qu’il est toujours du côté ‘safe’. Je sais que ça va paraître bizarre, mais tu vois ce que je veux dire? Je l’ai vu surfer beaucoup de grosses vagues, mais je n’ai jamais vu un gros wipeout… Peut-être qu’il a juste beaucoup d’équilibre!

Pas un seul gros wipeout?

Non, jamais. Il a a pris un ou deux sur le Big Wave Tour, mais bon ce sont des conditions de compète, tu es très fatigué… Et tu le fais pour l’argent, aussi! Mais ce que je veux dire, c’est que c’est l’un des conservateurs les plus radicaux que j’ai jamais rencontré!

Alors il calcule beaucoup? Et quand on le voit fumer sa clope dans le channel aux Fidji, alors que Cloudbreak est en furie…

C’est tout lui ça! Une petite avant, une petite après, et entre les deux des vagues de fous. C’est dans le film aussi, ça. Mais quand tu le vois de près, il a ce regard aiguisé quand il s’approche de la grosse lèvre… Tu vois que c’est calculé. Pour moi, c’est le plus beau à voir surfer. Il a toutes les cordes à son arc. Il peut fracasser dans du petit 50cm aussi bien que dans des monstres tropicaux. Il est aussi un super bon skateur, snowboardeur, bikeur… Il n’a jamais trop gagné de compète, en rien d’ailleurs, mais excelle dans tous ces domaines, c’est fou! C’est un anti-héro du surf, et de la glisse même. Il le sera toujours. Tu ne t’attends forcément pas à voir débarquer un anti-héro à un festival de film. Encore moins quand il attend un enfant.

Donc ce n’est pas parce qu’iln’aime pas le film?

Non, en tout cas pas que je sache! Si cette rumeur arrivait, ce serait quelqu’un de mal intentionné. mais bon, je m’attend à tout. C’est pas grave, je sais être un rebelle diplomate quand je veux…

 

Pourquoi donc encore de la controverse autour du film?

Et bien tu vois, c’est comme ça que ça se passe pour moi! Mais au-delà de ça, c’est ce qui peut arriver aussi quand le spectateur sort de sa zone de confort. Tu vois, on parle ici de vie et de mort, de survie. Le milieu des sports extrêmes lui-même peut diviser. Quand un drame arrive, il y a toujours des cons pour dire “il l’a bien cherché”. Des fois j’ai envie de dire “et toi tu cherches quoi, le cul affalé dans ton canapé? Les miettes de ton dernier repas?” C’est le lot des sports extrêmes. La gloire ou la mort. Parfois les deux, car ce sont souvent les plus grands qui succombent. Parce que justement ce sont eux qui prennent le plus de risques, et que leur degré d’invulnérabilité a tendance à croître démesurément avec le succès. Démesurément et arificiellement, car au final ils ne sont pas plus forts devant la mort. Néanmoins leur disparition laisse un grand nombre d’âmes blessées derrière-eux … As-tu vu le film Meru? Un super documentaire, primé à Sundance. C’est sur les grimpeurs qui s’attauquent à la face la plus extrême au monde, sur le Mt. Meru en Tanzanie. L’un d’entre eux a une femme et trois enfants, et tous ces mentors en montagne sont morts. On interroge alors sa femme sur la dangerosité de ce qu’il fait, et si c’est acceptable pour une femme – et une mère. Elle connaît bien sûr tous ces risques, et s’est faite à l’idée qu’il pourrait un jour ne pas revenir. Puis on découvre que les enfants ne sont pas les siens. ils sont en fait ceux d’un ami grimpeur, mort en montagne avec lui, et dont il a pris la charge de famille.  Ça me rappelle un truc que Martin Daly dit dans Sea Of Darkness: “le surf est une addiction, comme le sexe ou la drogue. Tu n’en a jamais trop, il t’en faut sans arrêt, et tu ne le possède jamais vraiment”. Les sports extrême, c’est ça. Andy Irons, Bruce Irons, Sunny Garcia, Reno Abellira… Tous sont sans cesse à la recherche de leur limite. Un autre point commun est qu’ils étaient les meilleurs dans ce qu’il faisaient, mais il n’étaient pas les meilleurs pour se tailler une vie de rêve. Ou la vie parfaite, devrais-je dire.

Vous vous reconnaissez en eux, du coup? 

Un peu oui, pas mal même. Je suis un réalisateur extrême, comme eux sont des sportifs extrêmes. Je ne cherche pas à faire le film parfait, ou avoir la vie parfaite. je cherche à faire ce que j’aime, du mieux que je peux, et repousser mes limites. Les imperfections, les critiques, ça fait partie du tableau. Les imperfections sélectives… La différence c’est que moi je risque juste des poursuites d’avocat. Eux risquent leur vie.

 

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