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Sujets magazine

Interview de Tom Lowe, le chargeur anglais

7 trucs que vous ne savez pas sur Thomas Robert Lowe

Les Irlandais sont une nation très pieuse, voici la profession de foi de Tom.

1) J’ai seulement commencé à être sponsorisé à l’âge de 24 ans.

2) J’étais très agité et peu sûr de moi gamin, donc l’âge tardif de mon premier contrat sponsoring est logique.

3)Je détestais l’école, je séchais les cours pour aller faire du skate ou du surf. J’ai eu beaucoup de problèmes avec les profs, les autres gosses, la police, ma famille…le meilleur jour de ma vie est quand j’ai quitté l’école.

4) Je n’ai pas d’iPhone, je ne suis pas sur Facebook ou sur twitter, etc…, cela me pompe mon énergie. J’ai parfois du mal à comprendre pourquoi certaines personnes passent autant de temps sur Internet, faisant leur auto-promotion en permanence. J’ai toujours préféré vivre les choses directement plutôt que par procuration ou virtuellement.

5)Lors de mon premier trip en Indonésie à l’âge de 16 ans, nous sommes partis en bateau vers Desert Point et nous nous sommes échoués au milieu de la nuit…les vagues sur Desert faisaient 2m50, et certains se sont fracturés des côtes, d’autres ont été couverts de coupures…nous sommes restés sur la plage toute la nuit en gardant un oeil sur nos affaires…j’étais terrorisé…

6)Je voyage avec un petit sac plein de babioles que j’ai récoltées tout autour du monde. Je le pose dans un coin près de moi quand je dors, cela me donne de la force, et où que je sois, j’ai ses ondes positives avec moi.

7)Les gens ont peut-être l’impression que je me jette dans des vagues de 4m comme ça, sans trop réfléchir…mais j’ai beaucoup donné. On m’a plusieurs fois dit que je ne surferai pas de nouveau et à chaque fois… cela a failli me briser.

Toutes les photos sont de Mikey Smith.

INTERVIEW

Le type de vagues où l’on paye parfois le prix fort.

COMMENT VAS-TU?
Je viens de faire cinq jours de break, loin de Fuerte, j’ai été sur ce festival de musique en France, j’avais besoin d’oublier un peu mon épaule et de danser! J’ai été voir un groupe de potes donc c’était cool d’être en backstage. Mickey, Nat et Ben Howard sont des stars! Nous venons tous de la même région et cela fait bizarre de les voir jouer maintenant devant plus de 70000 personnes. Qui aurait pu penser qu’ils seraient les têtes d’affiche du festival de Glastonbury cet été? C’est dingue.

COMMENT VA L’ÉPAULE ALORS? Elle se remet bien et doucement…je pourrais recommencer à surfer bientôt…Je travaille beaucoup en salle car c’est la seule manière de la renforcer. Mes poumons sont bons et gros aussi. A part la musculation, je fais du longboard et du SUP, pour rester en contact avec l’océan, j’ai aussi plongé pas mal. Cela me met en confiance de savoir que je peux rester au fond pendant quelques minutes sans trop forcer.
Greg Long a dit un jour qu’il faut s’entraîner pour pouvoir réussir ses vagues. Moi j’avais l’habitude de m’entraîner pour les gamelles, je pensais à des trucs mauvais et cela m’a fait perdre beaucoup de temps. On attire ce a quoi on pense, c’est la façon de marcher de l’univers. Maintenant mon mantra est de m’entraîner en me faisant plaisir.

NAGER, NAGER, NAGER?
Je ne nage jamais en piscine, je déteste ça. Donc quand je suis en Irlande, je ne plonge pas, je ne nage pas. Quand je nage ici aux Canaries, je fais 40 minutes à une heure en respirant tous les deux brasses et puis 10 à 12, rien de robotique, c’est assez freestyle.

QUELS SONT TES SECRETS QUAND ON SE FROTTE AUX CONDITIONS EXTRÊMES DE L’IRLANDE?
Il faut avoir sa flasque de citron & gingembre chaud, cela va de soi! Le régime alimentaire a beaucoup d’importance. Fergal et Mickey sont végétariens, mais pas moi. Fergal commence à remplir son réfrigérateur de légumes de son jardin pour préparer les soupes cet hiver. Il vit à 100% avec ce qu’il cultive, mange des produits de saison et ne consomme rien qui n’ait pas poussé en Irlande. J’admire son style, et je ne suis pas encore à son niveau. Je voyage beaucoup avec Ferg et je ne suis pas aussi strict que lui.

Petit coup de whiskey avant la session pour Tom, voilà son secret…

EST-CE QUE TU PASSES BEAUCOUP DE TEMPS À REGARDER DU SURF SUR INTERNET?
Je suis de la vieille école, insta quoi? Si vous vivez à fond, si vous vivez l’instant présent, on n’a pas besoin de remplissage avec tous ces trucs de l’Internet. Je ne suis pas une machine auto-promotionnelle et je préfère laisser mon surf parler pour moi. Parfois, j’ai l’impression que certaines personnes sont dans leur propre bulle Internet et que cela fait partie de leur job de mettre leur nom partout. Mais si cela peut aider certains à gagner leur vie, passer quelques heures par jour sur le Net, faut pas hésiter. Moi je n’ai pas besoin de ça et je garde mon énergie pour le surf. Si certains avaient mis autant de temps dans leur surf que dans leur blog, ils seraient encore sponsorisés…

IL Y A EU QUELQUES SESSIONS DE FOU À AILEEN CET HIVER…
La session qui est sortie du lot est celle de la fin février. Les vagues faisaient un bon 4m avec quelques séries plus grosses, avec beaucoup de monde à l’eau, Alex Gray et Antony Walsh étaient là avec leur team. J’étais en forme ce jour-là, je n’ai jamais aussi bien surfé ce spot. J’ai pris tout ce qu’ Aileens m’a offert..des bombes dans les remous, des double up dans l’inside, des vagues qui ferment qui ouvraient en fait…j’ai plié deux planches pendant la session, fait deux fois le tour à la nage, presque un Ironman complet, pour finir avec une épaule déboitée…une journée mémorable.
C’est la vague sur laquelle je me suis blessée (séquence), je venais de me prendre sur la gueule quatre vagues de série et je n’étais pas au mieux…mais je n’ai pas pu résister à cette dernière bombe. J’avais emprunté la planche de mon pote Hugo et j’ai vu cette vague glassy arriver sur moi. Je me suis simplement glissé sous la lèvre comme vous pouvez le voir sur les premières photos, mais je n’avais plus d’énergie en ramant, je me suis juste jeté dans le vide plus par réflexe que par contrôle. On dirait que je me suis fait tracter sur ces photos, mais c’est la façon dont j’aime attaquer cette vague. Je suis sorti proprement du tube jusqu’à ce que la planche casse d’un coup sous moi à mac 10, j’ai fait un saut périlleux sur le plat et la surface de l’eau était dure comme du béton, mon épaule a cédé et la vague m’a aspiré ensuite pour me projeter sur le récif. C’est certainement mon meilleur souvenir sur ce spot; comme si tout le travail effectué avait enfin payé ce jour-là…Je ne pensais pas, c’était du ressenti, sorte d’automatisme parfait avec la nature.

Y-A-T-IL EU UN TOURNANT DANS TA CARRIÈRE OU UNE SESSION QUI ONT CHANGÉ LA DONNE?
La première fois que j’ai surfé Rileys. Je n’avais jamais fait de tow in avant cela, j’avais simplement une 6’8 Resin8 epoxy avec moi. Je n’avais jamais vu Rileys comme ça, les couleurs, l’épaisseur étaient irréelles. C’était comme les dessins que je faisais quand j’étais petit. Et tout c’est passé très rapidement quand j’ai lâché la corde. Fergal était en Ecosse pour une compétition et il n’y avait que Paul Morgan, Pierre Luis Costes et l’un de ses potes australiens. Tom Doidge était avec Mickey dans le channel pour faire des photos. Nous étions les seuls à vouloir nous attaquer à cette vague ce jour-là et d’un coup j’ai dû me mettre debout pour surfer ce monstre. J’étais vraiment derrière le pic, et je me suis dit ‘cette fois-ci tu vas vraiment bouffer’. Depuis j’ai essayé de surfer le tube aussi profond, mais je n’y suis jamais arrivé. J’y ai même laissé pas mal de plumes lors de mes différentes tentatives. Sur le vol de retour vers la Cornouailles, j’étais encore plein d’adrénaline et cette session a eu un impact bien plus important que je ne pouvais l’espérer. Les magazines de surf étaient surexcités comme moi devant cette nouvelle vague qu’aucun autre surfeur n’avait surfée. Rip Curl m’a appelé et m’a intégré à son team. J’étais pris de vitesse par la tournure des événements…finalement, j’allais pouvoir mettre toute mon énergie à faire ce que j’aimais. Le rêve devenait réalité, fini la plonge et les petits boulots.

…du whiskey et de l’engagement…

EST CE QUE L’IRLANDE CORRESPOND AUX CLICHÉS, Y’A-T-IL DES VRAIS/FAUX STÉRÉOTYPES?
Ce n’est pas si méchant que ça! En allant au pub ou simplement en vous baladant, vous verrez de sacrées gueules…Les Irlandais sont généralement chaleureux, très accueillants, cuisinent bien car cela fait partie de leur culture. Beaucoup sont très religieux, très chrétiens. Mais cela ne me pose pas de problèmes. Ils aiment se plaindre en silence! Ils ont toujours une raison de se plaindre, surtout avec notre gouvernement, mais soyons clairs : ils n’ont pas une vie facile, je leur tire mon chapeau quand on vit là-bas et qu’on mène cette existence rude, il y a aussi quelques moments assez spéciaux qui valent le coup…

QUELS SONT TES OBJECTIFS POUR LES SAISONS À VENIR?
Prendre une vague de 8m à la rame à Mully, c’est l’un des objectifs de ma carrière et il faut mettre en place tellement de choses pour y arriver. Je vais donner tout ce que j’ai pour cela…

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