Abandon de navire par Bede du côté des Panaitan! Photo: Jason Childs

Quand on surfe le tube, comme dans beaucoup d'autres activités, l'entrée est plus facile que la sortie. Se caler est plus facile que de jaillir victorieux du tube… mais sortir ou s'échapper du tube au mauvais moment peut avoir des conséquences fâcheuses. Quand on part en Indo, on est motivé, on est prêt, on a sa Go-Pro… on veut du tube. Mais il y a un léger problème : les sections sur le reef . Sur les beach breaks, les sections tombent devant vous et quand c'est le cas ici, il faut vite trouver la parade.

1.Passer à travers le dos de la vague (frontside). Lorsque le rideau tombe, le surfeur pompe et plante son rail intérieur en bas de la face de la vague ;il espère refaire surface derrière (en nageant avec vigueur) et éviter ainsi la punition. Cela marche bien quand l’exécution est bonne et cela retarde un destin funeste…en cas de flop!

2.Se laissez tomber en arrière. Difficile à exécuter surtout pour des raisons psychologiques. La théorie veut qu'en partant vers l'arrière, on va à contre sens du tube et donc de sa propre planche qui est votre pire ennemie à cet instant. La boule de mousse vous avale ensuite sur une portion de vague ayant déjà perdu pas mal de puissance, ce qui réduit d'autant l'intensité du châtiment. C'est un peu comme le communisme, la théorie est bonne mais...

3.Sauter en avant. C'est la méthode d'éjection la plus courante pour le tuberider moyen. Vous foncez, vous êtes pressé, vous voulez sortir...alors vous plongez devant vous vers la sortie, vers la lumière. Le problème c'est la corde d'uréthane qui fait suivre derrière vous le nose et les ailerons de votre planche. Comme votre trajectoire de sortie ne vous permet pas de bien « fendre l’écume », les chances de punition existent.

4. Showman (en photo). Quand le tube est assez gros, les sensations et les conséquences augmentent exponentiellement. Le showman qui sommeille en vous voit le vide sous lui et se dit ‘Canonball!’. Bien effectué : vous entrez dans le tube énorme instantanément et en profondeur qui ne fait que vous effleurer et vous recrache de l'autre côté sain et sauf. Mal effectué : atterrissage sur le reef à sec avec des coupures aux pieds et des chevilles cassées... c'est la pure gamelle !

5.Tirer tout droit/Doggy door. Sur certains spots indonésiens comme Greenbush par exemple, le shape vicieux du reef sur la dernière section de la vague implique une sortie en direction de la terre quand la vague va fermer plutôt que d'aller se jeter dans ses machoires acérées dans la section la plus dangereuse. Certains surfeurs tentent quand même leur chance mais attendent toujours que le  bouillonnement s'atténue un maximum derrière eux. Les dangers associés à une sortie 'doggy door' (de justesse en forçant à travers la lèvre) sont l’effet de compression et de guillotine suivi d'un shampoing musclé.

6. Jusqu'à la fin. L’attitude la plus judicieuse pour certains est de ne rien faire : ne pas s'éjecter, ne pas accélérer, ne pas se cacher, ne pas fuir. Juste rester là en attendant la chute. Cette technique offre l’avantage de passer plus de temps dans le tube et cela a l'air cool en plus. Comme le saut en arrière, ce n'est pas quelque chose d'instinctif…malgré toutes vos bonnes intentions.

7.p.s. La technique du retrait est la pire forme de contraception. Demandez à Bob Marley, il a eu 14 enfants: