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Opinion

Sommes-nous que de simples rameurs?

Sommes-nous des rameurs, des masochistes? Des machines aux bras et au dos musclés…sans cervelle?
C’est peut-être une explication…

De toute façon, cela se termine toujours à l’horizontal…Julian Wilson. Photo: Rabejac

Car franchement le surf, notamment sur les beach breaks, notamment sur nos beach breaks, peut se résumer à un seul mot. A un seul mouvement de bras, répétitif où la main glisse le long du rail, pas franchement ouverte ni même fermée. Puis c’est au tour de l’autre le
long du rail opposé. Les articulations et les muscles sont mis à rude épreuve,
meurtris, torturés, il n’y a pas d’autres mots.

Celui qui a un jour déclaré que le surf c’était 90% de rame et 10% de glisse, mentait!

On ne fait que ramer. La rame, a le monopole, la majorité absolue, c’est elle qui règne et dicte sa loi. Ceux qui ne veulent, peuvent pas ramer sont des condamnés par contumace, car ils ont déjà disparu, emportés par le courant ou repoussés par la barre. Ceux qui ne surfent pas, nous prennent pour des fous et…ils ont raison.

On ne peut pas s’entrainer à la rame, les muscles de salle de gym et gonflés devant la glace, cela ne sert à rien, au contraire cela alourdi l’intéressé, le condamnant plus vite. L’efficacité de la rame, c’est un rapport poids/puissance couplé à l’endurance et pour progresser, il n’y a qu’une seule recette: il faut en bouffer, un bras après l’autre, baissé la tête, le front légèrement relevé.

Le take off, ce n’est qu’une conclusion…le travail a déjà été fait. Dane Reynolds un chouia court à la Gravière. Photo: Rabejac

Ceux qui sont habitués au courant, ne se rendent même plus compte qu’ils rament. Ils peuvent passer une session entière à ramer sans s’asseoir sur leur planche, telles des marathoniens du line up. Le sang n’alimente même plus le cerveau, tout va dans les bras, c’est
peut-être une explication…

Mais ironiquement, le surf se vend, s’exhibe en position verticale. On
ne montre que des surfeurs debout!

Comptez les photos de ce magazine où l’on voit un surfeur ramer. Vous voyez, on vous ment encore. On se moque souvent des bodyboardeurs mais c’est un peu comme le code ADN de l’humain et celui du singe; ils ne varient pas beaucoup finalement. On passe toujours plus de temps allonger que l’on ne le pense. L’homme a décidément du mal à
se redresser…
Nous ne sommes que des simples rameurs…
Alors, cette constatation amène une question: faut-il être un bon rameur pour être un bon surfeur? Et la réponse est évidemment OUI. L’aisance dans la rame, c’est moins d’effort et plus d’efficacité. Un art du placement quand la série arrive. Dès que la vague lève, la rame cesse d’être rébarbative, c’est votre rampe de lancement ou votre échappatoire selon votre position et la grosseur des vagues.

La rame élevée au rang de l’art moderne par Jamie Mitchell à Belharra. Photo: Pujol

C’est votre turbo, votre bouclier et votre épée. La rame est l’aspect le plus sous estimé du surf, en souffrance mais aussi en plaisir. Et pourtant, tout comme des préliminaires amoureux, elle doit être soignée…
Mais on préfère ne pas en parler, l’oublier, ramer plutôt que penser et c’est peut-être une explication…

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