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Sénégal : Safari de Vagues en Afrique

Des vagues vierges parfaites, dans le dernier endroit auquel tu t'attendais

Où peux-tu aller pendant 10 jours au mois d’août pour surfer de bonnes vagues dans une eau chaude et sans personne, tout en restant en bons termes avec ton banquier ?

L’Europe : pas vraiment fiable et tout le continent est en vacances. L’Amérique Centrale : un vol long et cher, et des Américains partout. L’Indonésie : encore plus loin et avec cette fois des Australiens. L’Afrique ? Mais n’importe quoi, pas du tout…

Ou peut-être que si ! La pointe des Almadies au Sénégal, qui est le point de l’Afrique plus à l’ouest, est exposé à des houles provenant d’Islande. De plus, on s’y rend très facilement depuis l’Europe. L’île d’Ngor est à cinq minutes de l’aéroport et en plein cœur de l’action. La température moyenne de l’eau et de 29°. Je crois qu’on a un gagnant pour le mois d’août.

Le surf camp de l’île d’Ngor est un super endroit pour se poser et se détendre. Photo: Matt Carr

Je n’avais jamais été dans un surf camp auparavant, mais avec peu de temps et le peu d’informations disponibles sur les logements, et sur les endroits où surfer, je me suis dit que ce serait beaucoup plus simple d’aller au surf camp de l’île d’Ngor.

Le Sénégal n’est pas une nation de nageurs. Photo: Matt Carr

Pour traverser le canal de 500 m qui sépare l’île du continent, on emprunte un petit bateau… avec la moitié des habitants de Dakar. Bienvenue en Afrique!

C’était en plein milieu des vacances d’été, et malgré le fait que la plupart d’entre ne savent pas nager, les Sénégalais étaient complètement décidés à passer tous les jours à la plage, quel que soit le temps.

La droite d’Ngor. Photo: GoSurf.dk

La vague qui a fait la réputation du Sénégal, c’est la droite d’Ngor, que le surf camp surplombe. On a pu la voir dans le grand classique de Bruce Brown The Endless Summer en 1964. Et, les jours où elle fonctionne bien, c’est un excellent pointbreak de niveau international.

Elle semble mieux fonctionner en hiver avec des houles de longues périodes venant du Nord, mais même en été, lorsque la houle est de courte période, c’est très rarement flat. Nous avons pu apprécier quelques bonnes journées avec des droites d’1,50 m s’enroulant autour de la pointe, à quelques pas seulement de l’endroit où nous prenions le petit-déjeuner.

Jesper Mouritzen avec sa femme Soraya et leur fille Mia. Photo: Ngor Island Surf Camp

Jesper, qui vient du Danemark, s’est installé ici en 2009 et surfe plus que quiconque sur cette planète. C’est aussi un joueur invétéré de poker, qui s’assure de perdre contre ses clients, pour qu’ils apprécient leur séjour au Sénégal.

“Le terrain sur lequel s’est installé le surf camp était la propriété du crooner americano-sénégalais Akon,.”

Il s’avère qu’au départ, le terrain sur lequel s’est installé le surf camp (il a déménagé depuis à l’endroit où il surplombe la droite d’Ngor) était la propriété du crooner americano-sénégalais Akon, celui qui chante “Lonely”, “Locked up” et “Right Now (Na Na Na)”, parmi d’autres.

Lorsque j’ai appris cette anecdote, j’étais déçu de savoir qu’il ne viendrait pas nous chanter une petite chanson au coucher du soleil ni faire un petit selfie avec moi. Tant pis, ce sera peut-être la prochaine fois…

Club Med. Photo: George Clark

Bien que l’île et le nord de la péninsule reçoivent les houles de vent en été, c’est dans la partie sud que se passent les choses sérieuses, puisqu’elle fait face aux houles de sud qui remontent vers la côte ouest africaine. Le spot de “Club Med” est une droite incroyable qui casse sur des blocs de roche recouverts d’oursins, et, les jours elle se décide, c’est une vague de très grande qualité.

Ce jour-là, les prévision affichaient moins d’1 m avec 14 secondes de période. Quand on est arrivé sur le spot, on s’est véritablement demandé si les Sénégalais avaient une manière de mesurer la hauteur des vagues qui les minimise encore plus que la manière dont le font les hawaïens (pour qui la taillent des vagues se mesure à l’arrière de la vague, plutôt que sur la face). Dans tous les cas, moins d’un mètre à la sénégalaise, c’était bien suffisant.

Matt Carr aime bien la fin de vague. Photo: George Clark

Il y avait un local, tout seul, qui prenait du bon temps lorsque nous sommes arrivés au peak tous les trois. À peu près partout où j’ai pu voyager en tant que surfeur, un accroissement de 300 % du nombre de surfeurs à l’eau en l’espace de 30 secondes… auraient engendré une sacrée dose d’hostilité ou, a minima, des marmonnements désagréables.

Mais cette fois-ci, l’intéressé est venu lui-même se présenter pour nous donner son nom, Happy, ce qui lui allait très bien pour le coup, et ce qui nous a permis de partager la session avec une très bonne entente.

Puis nous avons rapidement sympathisés et nous nous sommes retrouvés à surfer tour à tour dans des vagues plus que parfaites.

Pensée du jour: en gros, sois toi-même. Photo: Matt Carr

Je n’avais jamais été dans un pays musulman auparavant j’étais un peu curieux. Le Sénégal est l’un des pays musulmans d’Afrique les plus libéraux et je peux dire que son peuple est l’un des plus amicaux de tous les pays que j’ai pu visiter.

Ce serait complètement inhabituel de croiser un total étranger sur un chemin sans lui dire ‘bonjour’, ‘Salaamaalekum’ ou bien encore ‘Na Nga Def’ en Wolof.

La division du dimanche sénégalaise. Photo: Matt Carr

Et c’est sans surprise, que le football est le sport national du Sénégal. Même si on joue sur un terrain de terre battue sous un soleil battant avec 35° à l’ombre, la qualité du football est bien supérieure à certains match de première division….oui !

Si je devais préciser un peu je dirais supérieure à celle de Tottenham par exemple, mais quand même pas au niveau d’Arsenal.

Des chaussures de foot système D. Photo: Matt Carr

La chaussure « méduse » est monnaie courante au Sénégal. Étant donné la combinaison de style, de performance et de solidité qu’elle offre, on comprend facilement pourquoi !

Le milieu de terrain en photo ci-dessus avec ses méduses au pied est en train de piquer la balle à son adversaire, un petit peu comme Roy Keane et Alf-Inge Håland en 2001.

je crois que ce p’tit gars en short gris à gauche set la version miniature du milieu de terrain brésilien Ramires, mais il ne m’a pas pour autant donner son autographe à la fin du match.

“Na’nga def, locals only, bêhêhêh !” Photo: Matt Carr

Yoff est une grande plage de sable blanc et c’est le spot idéal pour apprendre à surfer. Les chèvres contrôlent le spot et sont laissées là par leurs propriétaires pour se prendre une petit bain de mer.

Ce n’est pas inhabituel de devoir ramer à travers une horde chèvres pour atteindre le line-up.

L’heure de pointe. Photo: Matt Carr

Voilà une scène typique de Yoff. J’ai même vu ce cheval et cette charrette sur le sable humide se faire doubler par un scooter… qui se faisait lui-même dépasser par une BMW série 3.

Mais qui sont-ils ? Que faisaient-ils là ? Au même moment ? Pourquoi ont-ils choisi la plage plutôt que la route ??

Je n’en sais fichtrement rien, mais voilà les questions qu’on peut se poser en passant une journée à la plage au Sénégal.

Secret spot. GoSurf.dk

 

Malgré son nom et ses apparences, Secrets est le spot le moins secret de tout le Sénégal. C’est là que les jeunes locaux apprennent à surfer et que les voyageurs s’essaient au surf sur une planche en mousse… tout près des rochers et par-dessus une tonne d’oursins.

“Il y a plein d’oursins et le gars qui te sert ton Orangina et grille ton poisson pour le déjeuner sait aussi comment ôter les  épines noires de la plante de tes pieds.”

Mais ce n’est pas du tout cuit, il y a plein d’oursins et le gars qui te sert ton Orangina et grille ton poisson pour le déjeuner sait aussi comment ôter les  épines noires de la plante de tes pieds avec la précision d’un véritable chirurgien.

Les locaux surfent sans se soucier de ces brutales épines qui jonchent le fond de l’eau. Alors même que le touriste débutant décide de mettre des chaussons pour se protéger les pieds et que le surfeur réfléchi sort de sa vague à mi-chemin, le jeune local pompe tout ce qu’il peut pour prendre un maximum de vitesse pour envoyer une manœuvre dans 15 cm d’eau en fin de vague.

Surf coaching, à la sénégalaise. Photo: Matt Carr

Le papa de Gabriel Medina est toujours debout sur la plage en train d’encourager et de crier des conseils à son fils, lorsqu’il est en train de surfer. Ce papa sénégalais voit la carrière de bodyboardeur professionnel de son fils sous un autre angle…

Averse. Photo: Matt Carr

Au mois d’août, c’est la saison humide au Sénégal, ce qui signifie qu’il tombe un véritable déluge tous les deux ou trois jours, dans des proportions incroyables.

Cela ne veut pas dire que les vagues sont moins bonnes, mais l’eau passe d’un vert émeraude à une espèce de marron dégoûtant en quelques minutes.

Mais pas de problème, pose-toi dans un hamac sur la plage pour un petit moment, avec un bon poisson grillé et attend que ça passe.

Le chemin de la gloire. Photo: Matt Carr

L’île d’Ngor a partiellement été donnée aux militaires. À l’époque colonialiste, les Français avaient une base navale sur l’île et aujourd’hui, la marine sénégalaise y apprend à nager.

La base militaire joue un autre rôle crucial : c’est le seul endroit de tu peux acheter des bières. La première fois que tu frappes à cette porte où il est écrit « accès réservé aux militaires » et que tu y vas pour demander une bière, c’est une expérience assez irréelle.

Fast food. Photo: Matt Carr

Si tu vas à la plage Dakar, tu ne te trouveras jamais à plus de 10 m d’un barbecue avec du poisson qui grille.

Un plat bien copieux de thon ou de lotte avec du riz et des légumes te coûtera environ 1,50 €, c’est exactement ce qu’il faut pour te caler l’estomac après le surf.

Spray frontside à Mour. Photo: GoSurf.dk

Même si certains ne surfent que depuis quelques années et sur de vieilles planches toutes défoncées ou parfois des morceaux de planches seulement, les locaux sont assez impressionnants.

Mour, l’un des instructeurs du surf camp, est très polyvalent, avec une bonne attaque et a aussi quelques gros mots écrits sur sa planche.

Rad as hell. Photo: Matt Carr

Vivier, c’est une autre vague typiquement sénégalaise : fun, manœuvrable et jonchée d’oursins, donc qui ne pardonne pas si tu rates ton take-off.

La perfection tropicale. Photo: Matt Carr

Cette vague n’est pas souvent surfée. Ce jour-là, elle était toute petite, parfaite et vierge.

Le Monument de la Renaissance Africaine. Photo: Matt Carr

C’est peut-être parce qu’elle a été conçue par un architecte roumain est fabriquée par artisan nord-coréen que la statue de la Renaissance Africaine de 49 m de haut à Dakar est juste complètement dingue.

“Fabriquée par artisan nord-coréen, la statue de la Renaissance Africaine de 49 m de haut à Dakar est complètement dingue.”

Elle a été livrée en 2010 et a été tellement mal reçue par la population que la police antiémeute a dû être déployée pour maintenir l’ordre. Les critiques l’ont qualifiée de staliniste en apparence et se sont plaints du fait qu’elle aura coûté 27 millions de dollars dans un contexte de crise économique. Elle domine l’horizon à l’ouest de Dakar.

La droite de Ouakam. Photo: Matt Carr

Dans l’ombre du monument religieux se trouve Ouakam. Bien que changeante, c’est probablement la vague la plus célèbre du Sénégal.

Il y a en fait deux vagues qui cassent là, en face d’une énorme mosquée, ce qui en fait l’équivalent africain de Mundaka en Espagne ou bien d’Uluwatu à Bali, qui cassent toutes les deux en face d’un temple religieux.

La droite, en photo ci-dessus, ne casse que par de très grosses houles de Nord et s’enroule autour de la péninsule, ce qui en fait principalement un spot d’hiver.

La gauche de Ouakam. Photo: Matt Carr

La gauche ne casse que par de grosses houles de sud. Ce n’était pas exceptionnel ce jour-là, puisque le vent soufflait side-shore…mais c’est tout de même une gauche super fun.

Un Pelican au marché. Photo: John PM

En plus d’être un lieu de culte pour les surfeurs comme pour les musulmans, Ouakam est aussi un village de pêcheurs qui accueille de nombreux pélicans.

Les pêcheurs locaux ont développé une véritable relation de collaboration avec ces oiseaux.

Ils mettent un collier sur le pélican afin qu’il ne puisse pas avaler de gros poissons. Mais le pélican attrape quand même les gros poissons et les livre intact aux pêcheurs, qui en retour donnent au pélican un plus petit poisson qu’il pourra avaler. Tout le monde est content !

Le glassy du matin. Photo: Matt Carr

En plus de la droite, l’île d’Ngor abrite ladite gauche d’Ngor : un pointbreak classique sur le nord de l’île, avec le spot de Philippines entre les deux (en photo ci-dessus), un véritable pic parfait difficile et infesté d’oursins.

Elle est rarement surfée, mais on peut la surfer par l’esprit en prenant son café du matin tellement elle est belle.

Véhicule tout droit sorti de Mad Max, mais avec des méduses aux pieds. Photo: John PM

La pointe des Almadies est un endroit précieux, mais si vous avez envie d’un peu d’aventure, la côte au nord de Saint-Louis et au sud de la Gambie se prête parfaitement à l’exploration.

Un bon véhicule et un peu de temps passé sur Google Earth te permettra de découvrir des vagues complètement vierges, sans aucun surfeur à des km à la ronde.

La saga Twilight. Photo: Matt Carr

Mon seul regret vient du fait qu’ayant surfé tous les jours, je n’ai pas vraiment exploré la vie nocturne de Dakar.

On peut dire de toute façon que le rêve de tous les surfeurs qui partent en trip c’est exactement cela : dévorer un gros dîner avec une bonne bière locale ( la Gazelle est excellente), raconter quelques histoires et se mettre au lit à 21h30 après une grosse journée à l’eau. En plus de ça, la musique live à Dakar est une des plus vivantes de toute l’Afrique, et ça crée vraiment une ambiance sympa.

Après un voyage, on repart toujours avec l’envie d’en voir un peu plus, je dirais bien que danser à Dakar fait partie de la liste des choses que j’ai envie de faire la prochaine fois.

Be benen yoon Senegal. Photo: Matt Carr

Étant donné le peu d’informations disponibles en ligne, il m’avait semblé que le Sénégal était un pari un peu fou. Mais il s’avère en fait que ce fut une véritable découverte avec une grande diversité de vagues, un véritable festin quotidien de poisson frais et une population très accueillante et amicale. AU passage, si tu y vas, sois aussi respectueux qu’eux, cela va sans dire mais on le dit quand même.

Merci beaucoup à Jesper, à sa famille et à toute l’équipe du Ngor Island Surfcamp pour leur hospitalité.

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