Parole à un 'ex-shapeur de garage' devenu une référence du Made in France...

fefe

Quel est ton parcours dans le shape Renaud?

J’ai toujours fait ça...je travaillais au début pour la boîte qui importait les pains de mousse Clark Foam à l’époque, on avait l’exclusivité sur l’Europe...j’avais toute la ‘matière première’ sous la main et j’en ai profité à fond. Donc, j’ai commencé à faire des planches pour des potes et c’est parti de là!

Comment devient-on ‘LE’ shaperoom made in France de l’hexagone et surtout comment êtes-vous arrivés à grandir, loin, très loin… du centre névralgique de la surf industrie?

C’est le fait d’être ‘ailleurs’ qui nous a aidé à grandir! Un ‘ailleurs’ qui est aussi une terre de surf! Il y a moins de concurrence, moins de tension et un marché plus vaste en plus, un marché qui n’intéresse pas forcément les autres shaperooms et les stars du shape...Nous avons aussi beaucoup communiqué pour pouvoir faire décoller l’entreprise il y a 13 ans, avec le souci de rester bien ancré localement.

Vous arrivez aussi à attirer quelques grands noms du shape...

C’est basé sur du relationnel...Notre structure à une bonne carte de visite. Quand des mecs comme Jeff Lausch, McCallum, Neal Purchase jr viennent, ils savent qu’ils auront un box, une voiture, un logement, de la cuisine française. Ils peuvent shaper quand ils le souhaitent et avoir une quantité de shapes garantis avec un paiement rapide. Le shape «logé, nourri, blanchi » et payé, c’est tentant, ahaha!

C’est marrant de les voir débarquer aussi...certains font de courtes visites, de vrais chefs d’entreprise, je ne les vois quasiment pas. Et puis d’autres comme Neal viennent en famille, reste quelques semaines, visite la région...

Il y a aussi votre machine de shape qui est un bon argument...

Totalement, quand tu achètes une machine de shape, la DSD (nous avons été les premiers en France) ou la PS 3000, elle est vendue avec des clients, avec un réseau de shapeurs et cela nous a plu. Cela se sait très vite dans le monde du shape quand un atelier acquiert une telle machine et d’un coup des Américains, des Australiens t’appellent pour venir shaper chez toi car ils veulent vendre sur le marché européen.

Beaucoup de shapeurs et de surfeurs diabolisent la vilaine machine, comment la défends-tu?

Il y a plusieurs arguments en faveur de cette technologie et je dirais qu’en premier lieu, la machine garantit un shape de qualité, pas un mais des milliers de bons shapes. Cela t’assure une constance car c’est un outil précis et cela te permet aussi aujourd’hui de jongler avec les tailles, les formes, les matériaux. Le client veut une planche performante et aujourd’hui cela passe impérativement par le pré-shape.

Etre un ‘gros’ de l’industrie avec l’explosion des shapeurs de garage, cela a changé quoi pour toi?

Le shapeur garage existe depuis toujours, on a tous quasiment commencé comme ça , après c’est la détermination qui fait que t’en fais ton métier ou non . L’accessibilité a la matière première via les sites sont aussi à l’origine de l’expansion des garages shapeurs. Pour moi, il n’y a pas de mal à essayer de se fabriquer quelques boards et de comprendre comment tout cela fonctionne. Je trouve que tout surfer devrait s’être fabriqué au moins une planche dans sa vie.