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Opinion

L’échelle du World Tour: les 9 et 5 ièmes

Les 9 ièmes, 12 000 dollars et 4000 points

JEREMY FLORES
Bien que gêné par des difficultés de planches en début de compétition, Jérémy a réussi, à son habitude, à construire des séries intelligentes, planifiées. Une évolution notable de son surf dans les domaines de puissance et de l’engagement font que ses stats de moyenne de série sont en constante évolution. Cependant, il manque parfois un peu de cette spontanéité que l’on a pu apercevoir au Tour 4 avec ce one-footed layback snap off the top pour que Jérémy titille plus régulièrement les totaux supérieurs à 16pts, qui sont chasse gardée du Top 5. Souffrant de la comparaison avec la puissance de Michel au Tour 5, Jérémy se fait rattraper par la frustration et l’explosivité de son caractère et finit de se saborder en montrant un langage corporel qui ne plaît jamais aux juges. Jérémy est de loin l’un des meilleurs stratèges du Tour, mais à trop vouloir tout maîtriser, il tend à s’enfermer dans un modèle de surf souvent très bon, mais trop rarement excellent. Il est certainement risqué de sortir d’une zone de confort à 15pts, cependant plus de “lâcher prise” et de spontanéité devraient lui ouvrir les portes des finales.

Voilà le genre de turns qui fait grimper l’addition de Jérémy et qui lui permettra d’entrer pour de bon dans le club très fermé du top 5. Photo: ASP

ADAM MELLING
Navigant entre les tours avec de petits scores et le forfait opportun de John John, l’Australien s’offre une 9ème place incroyablement facile. Doté de l’un des meilleurs enchaînements bottom-top du WCT, Melling ne se sera mis la pression et n’aura véritablement surfé qu’une série sur cinq, ne faisant l’effort qu’au second tour, montrant son surf incroyablement précis, forgé sur les longs pointbreaks des spots de la GoldCoast, contre un Damien Hobgood en dilettante. Après une victoire à Sunset et une place de second à Burleigh, l’Australien est en forme et risque de réitérer une bonne perf sur le prochain pointbreak de Bells.

BRETT SIMPSON
Simpo, à l’instar d’un Pat Gudauskas, ne bénéficie souvent pas des résultats reflétant son réel niveau. Un excellent premier tour laissait pourtant présager d’un nouveau départ pour le Californien, qui dominait sa série avec le surf qu’on lui connaît: précis, dynamique et varié, il enchaînait d’excellent turns avec contrôle et rapidité. Mais ses scores, comme trop souvent, se sont affaissés au fur et à mesure des séries pour s’écrouler autour de la moyenne. Trop souvent Brett ne trouve pas de bonne seconde vague, et rentre dans la facilité d’un surf moribond et académique, sans éclat ni folie. On est bien loin de l’excellence et du feu qui l’animaient quand il était sur le chemin de la qualification en 2009-2010. Là encore, un surfer qui sait et peut tout faire, il lui faut juste le mode d’emploi pour faire fonctionner la machine plus régulièrement.

TRAVIS LOGIE
Malgré une solide -et salvatrice- troisième place sur la droite de Santa Cruz, certains s’étonnaient encore de voir Travis performer backside. Son attaque de dos lors du premier tour devrait être inculquée à tous les aspirants au haut niveau. Être capable de “hooker” ses turns entièrement sur le rail, et d’en sortir avec vitesse et contrôle est d’une difficulté inouïe, bien plus compliqué à gérer que de faire déraper le tail. La technicité des appuis et trajectoires de Logie a permis aux juges d’imposer une échelle d’excellence, que peu de gauchers ont réussi à atteindre. Très intelligent en série, le Sud Africain souffrait depuis pas mal de temps d’un certain complexe d’infériorité, qui espérons-le va rapidement s’effacer au regard de ses scores et de son tableau de chasse.

Le tombeur des têtes de série, un Travis Logie très en forme sur cette première étape. Photo: ASP

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Les 5ièmes, 14 500 dollars et 5200 points

TAJ BURROW
Le parcours du Ouest-Australien se sera arrêté dans une série plus que morne contre Michel, avec des totaux dépassant difficilement la moyenne. 2012 était la première fois depuis 2005 que Taj finissait hors du Top 5 et, au regard du nombre de clips qui inondent le net sur sa préparation physique, mentale, matérielle, alimentaire…il est fort à parier que Taj veuille revenir en force. Mise à part quelques erreurs de gestions de séries de-ci de-là, “T.B” a une fois de plus démontré tout l’éventail de son surf, jonglant entre les répertoires avec brio et assurant des réceptions plus que compliquées sous pression. Pro sur sa préparation, toujours aussi enthousiaste et très confiant sur chacune des étapes du Tour, sans oublier l’ajout de sa vague préférée en étape sur Bali, il serait stupide de compter Taj en dehors du Top 5 cette saison.

Le fait que Taj ne gagne pas sur la Gold Coast n’est ce pas de bonne augure pour son énième quête du titre mondial? Photo: ASP

JULIAN WILSON

Les saisons s’enchaînent et Julian s’affirme comme l’un des surfeurs les plus complets et techniques du Tour. Réussissant à frapper chacune des sections avec le parfait tempo, l’Australien imposait sur chacune de ses vagues un rythme basé sur l’excellence de ses appuis et trajectoires au bottom, le projetant chaque fois avec précision sur les zones idéales, lui permettant variété, timing de réalisation et maîtrise dans ses transitions d’appuis. Éliminé avec les honneurs en Quarts par le premier 10pts de Parko, Julian dispose désormais de l’expérience, l’entourage et la préparation pour espérer mieux qu’un TOP 9 finish.

Tomber face à Parko à Kirra, c’est tomber avec les honneurs surtout quand le champion du Monde tutoie la perfection. Photo: ASP

BEDE DURBIDGE
Bede is back ! Après deux saisons lamentables sur le plan sportif car plus consacrées à sa vie personnelle et familiale, il semblerait que l’Australien ait intelligemment changé sa stratégie et s’autorise finalement à respirer en série, s’amuser, pour espérer revenir dans le Top 6 auquel il a appartenu durant 4 saisons consécutives. La difficulté est qu’entre temps la nouvelle génération a débarqué et que la concurrence est devenue bien plus féroce. Bede sait absolument tout faire très bien, mais malheureusement n’excelle dans aucun domaine. Étant virtuellement impossible de vouloir progresser dans un des domaines du surf en plein cours de saison, sa seule façon de rester dans le haut du classement va donc résider dans son expérience, son mental, sa stratégie et sa gestion de la pression.

Le retour en forme du White Fidjian? Cela nous plait! photo: ASP

MATT WILKINSON
Une fois encore une bonne perf de Wilko sur une droite après sa finale inespérée de Santa Cruz. Il se paie la tête du tout récent champion du Monde sur son home spot au premier tour grâce à un surf backside agressif et maîtrisé. Inférieur aux gauchers tels que Buchan, Otton ou Wright sur le plan rythmique des manoeuvres, Wilko se rattrape grâce une impressionnante variété du même turn, montrant un contrôle insolant sur ses blowtails et ayant de loin le meilleur off-the-lip to reverse du Tour. Parcours impeccable donc pour Wilko, qui s’incline en Quarts contre Mick dans une série où la sélection des vagues importait plus que les manoeuvres.

Le surf backside de Wilko avait déjà fait sensation l’année dernière, mais ne lui permet pas encore de bousculer la hiérarchie du spot. Photo: ASP

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