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Opinion

la parole aux commentateurs: Dave Mailman

Après 15 ans de commentaires surf, le Landais-Californien est devenu une figure incontournable des compétitions de surf à travers le monde. Les surfeurs, il les connaît mieux que quiconque et de sa voix profonde, experte, multilingue il pèse parfois sur le cours des événements…

Sam Lamiroy avec le bonnet, Andy Baine en kilt & Dave avec la casquette pour ce qui était certainement la plus belle compétition européenne à l’époque. Photo: Murray

Comment es-tu venu aux commentaires Dave?
J’ai en fait commencé un peu par hasard à la montagne, en expliquant au micro les consignes de sécurité aux compétiteurs étrangers lors du Derby de la Meije à La Grave. Puis ensuite, j’ai été sollicité pour commenter l’Xtreme de Verbier et la fameuse Quik Cup et de là, tout s’est enchainé, les commentaires plage et les webcasts en anglais et en français…

Ce sont deux boulots de commentateur complètement différents, lequel préfères-tu?
Sur la plage, tu as une vraie interaction avec les surfeurs. Tu fais presque partie de la compétition, tu es quasiment dans l’eau avec eux. Il faut arriver à rester neutre dans ses commentaires, tout en essayant de motiver chaque compétiteur dans sa langue maternelle. Quand tu connais assez bien le surfeur, tu peux même te permettre des commentaires du style ‘c’est pas mal Josh (Kerr), 8,50, mais on sait tous les deux que tu peux mieux faire!” et tu vois par leur réaction qu’ils apprécient…C’est ce que j’aime sur la partie plage.

Sur le Net, la relation avec les surfeurs n’existent pas, mais tu es en relation, en interaction avec les internautes. Tu te fais des amis sur Facebook par centaines et tu en arrives presque à créer une fan page, la Dave Mailman Fan page ahahah! J’ai 500 demandes d’amis en attente ahaha, je ne vous oublie pas! Je vais régler ça bientôt…

Je me rappelle aussi t’avoir vu revêtir le lycra de compétition, en Ecosse notamment?
Il y avait une place libre en série et je suis un surfeur avant tout, donc difficile de résister. Mais à l’époque, c’était aussi pour montrer à l’ASP que le premier tour d’une compétition 6 étoiles était ouvert à quasiment n’importe qui,  avec un niveau relativement faible sur un tour qui ralenti la progression de la compétition sur une waiting period relativement courte…

Au plus près des surfeurs…Dave avec le lycra de compétition à El Confital aux Canaries. Photo: Bonarme

Quelle est pour toi aujourd’hui le meilleur webcast du Tour?
Lowers en Californie et de loin! Après j’aime bien le Portugal car ils ont une bonne équipe de prod télé et c’est très pro. Mais à Trestles, ils mettent le paquet avec 10 caméras, un caméra sur un jetski, de nombreux commentateurs en cabine et aussi sur la plage pour mettre de la couleur. Ils offrent vraiment de la variété dans la retransmission. En plus on sent que les mecs à la régie et les caméraman connaissent le surf. C’est très très important! Avoir des cadreurs, et un directeur du live qui connaissent super bien le surf c’est vital!

Qu’est ce qu’un bon commentateur?
Il faut connaitre un petit peu l’histoire du sport, être au point au niveau des manoeuvres car cela devient de plus en plus aérien et technique avec les rotations et les différents grabs. Il faut aussi et surtout ne pas parler pour ne rien dire… et essayer d’être toujours pertinent. Ne pas être non plus trop technique, on se fout de la dimension de la planche de Slater, entre sa 5’11 ou sa 5’10, sauf s’il l’a prend pour shooter Pipe à 15 pieds! Il faut aussi que les mecs s’engagent et ne soit pas trop lissés dans leurs commentaires. Il faut savoir se lâcher tout en restant pro…

Qui serait pour toi le duo de commentateurs idéal?
J’en choisirais 3:  Martin Potter, Peter Mel et Todd Richards. Pottz car c’est un ancien surfeur du WCT, un très bon commentateur et animateur et probablement le mec le plus complet à ce poste aujourd’hui. Puis Peter car il a toujours une analyse technique et intéressante sur les vagues, les planches etc. Et enfin Todd, car c’est un snowboardeur très technique sur les airs et aussi un très bon surfeur. Quand il dit que c’était un backside 540 indy grab, il ne cherche pas pendant mille ans le bon terme…et s’l reste muet, c’est que c’était vraiment un truc de nouveau!

Quel est ton meilleur souvenir en compétition?
Sans trop hésiter le Quiksilver Pro 2004, la demi finale entre Bruce Irons et Kelly Slater dans des vagues de fou à la Nord. Bruce prend cette gauche hallucinante et j’ai le plaisir d’annoncer, ce qui est rare: “Kelly tu es combo et tu as besoin d’un total de 19.84 pts hahaha” A l’époque, j’étais un grand fan de Bruce! Et les vagues étaient incroyables, c’était l’année où Sunset s’est invitée à la Nord…Même l’année dernière avec la victoire de Kelly, on a pas eu des vagues aussi fantastiques…Puis il y a eu la finale entre les deux frères, Andy et Bruce…

Bruce & Andy…et Dave hilare derrière! Photo: ASP

Ton pire souvenir?
Comme présentateur, la conférence de presse de mon premier Rip Curl Pro, lorsque que j’ai présenté François Payot (le PDG de Rip Curl à l’époque) comme le PDG de Quiksilver…Comme commentateur, encore le Rip Curl Pro Super Series quand je me suis fait engueulé par l’Euroforce. Je n’avais selon eux pas assez soutenu et poussé Joan Duru, qui avait perdu à 0,2 points. C’était ma faute, car en Australie par exemple les commentateurs poussent les surfeurs australiens (même s’ils ne sont pas censés le faire), et nous commentateurs ‘de merde’ qui sommes réglo, on ne le fait pas… Du coup, lors de la série entre Jérémy Flores et Fanning je me suis lâché sur les vagues de Jérémy et je me suis fait incendié par Mick et son coach à sa sortie de l’eau ‘Fuck Mailman…’

Tu en prends plein la gueule de tout le monde ! J’ai retenu la leçon…il faut rester neutre et être le plus professionnel possible et c’est aux surfeurs de faire la différence! On fait souvent de bon bouc émissaire…

Sally au micro de Dave…mais les commentaires plage ce n’est pas toujours une partie de plaisir…

Il y a beaucoup plus de pression au micro plage que sur le net…
C’est sans aucune mesure. Sur le Net tu peux raconter des conneries et cela n’a pas (trop) d’incidence…en micro plage tu peux avoir un effet direct sur les résultats de la compétition…Mais je me rappelle d’un épisode en webcast, suivi du coup de téléphone d’un certain multiple champion du Monde très mécontent après sa série au Portugal. Les surfeurs n’hésitent pas à t’appeler directement, à venir au contact…dans ce cas précis, je lui ai répondu clairement: “j’ai beaucoup de respect pour toi mais je ne vais pas te sucer au micro Kelly ou me mettre à genoux…” Dans ce cas précis, mes paroles avaient été mal interprétées ou mal comprises au webcast par la copine de Slater, qui a tout de suite averti son homme…

Aujourd’hui tu bosses aussi sur votre plateforme EpicTV?

Oui c’est un concept multisport qui regroupe les sports d’action outdoor. L’entreprise est basée à Chamonix donc nous sommes plus orientés montagne. A la base nous offrons de la VOD et de plus en plus, c’est aussi des blogs pour relayer l’actualité de ces sports. Et je suis évidemment chargé de la partie surf…

www.epictv.com

A l’affiche en ce moment sur Epic TV:

 

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