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Opinion

La hiérarchie du World Tour: Rio #1

Une troisième étape du Tour à l’image du Brésil: haute en couleur, pleine de contrastes, de hauts et de bas, pour un résultat toujours excitant, le tout servi au micro par un “fabuleux” GT toujours plus égotiste et sycophante, véritable Laurent Boyer du webcast.

La guerre des Claim aura bien eu lieu et en terre brésilienne, c’est un Sud Africain qui a été le plus fort à ce petit jeu là. Photo: ASP

Les HAUTS tout d’abord avec une épreuve pleine de challenges, où le sens marin, l’observation des conditions et l’adaptation à son adversaire étaient les clés de la réussite.
L’innovation tant que les prouesses dans les cavernes Brésiliennes ont été identiquement récompensées, avec des scores d’excellence sur des barrels complexes comme sur des combinaisons TUBE + AIR, CARVE + AIR, et même AIR + AIR toujours plus critiques et maîtrisés.
L’excitation de l’arrivée d’une nouvelle génération qui confirme (3 rookies dans le Top 12, 2 dans le Top 7), ainsi qu’une prise de contrôle progressive du Brésil, qui comme à Bells place 3 surfers dans les quarts. La course au titre est donc, pour la première fois depuis bien longtemps, véritablement ouverte avec, sur le papier, et au regard de leurs performances diverses sur les trois premières étapes de la saison, plus d’une demie-douzaine de prétendants sérieux au Titre 2013. Un vivier de talents et de profils aussi panachés n’avait jamais été ainsi réunis au sein du WCT, ce qui promet une saison haletante, car au jeu des pronostics les victoires ne tournent plus entre 4, mais près de 12 surfers pour toutes les étapes.

Mais s’il y a eu autant de HAUTS, Rio à cette année connu d’innombrables BAS, en commençant par l’insoutenable flat de début (totalité) de la waiting period, contrastant forcément avec le spectaculaire swell sur Tahiti, qui relance la bien stérile discussion du choix (économique) du spot de Rio pour le WCT. Beaucoup trop de days OFF, pour un retour à la compétition forcé par les délais dans des conditions variant entre le sordide et le tout juste correct-voire-pas-mal-pour-un-WQS-6*. Peu importe les meilleurs sont passés, mais si l’ont met de côté les conditions de sécurité aléatoires (pilotes de jetski comdamnés à conduire comme des branques pour essayer de passer la barre, gestion de la foule sur la plage toute relative) on peut penser que l’usage d’une catapulte (fun, mais pas très précis) ou d’un hélicoptère (cher, pas très écolo) seraient de meilleures solutions pour déplacer nos surfers du site de compétition au peak.

Le véritable drame sur Rio sera venu une fois de plus de la Tour des juges, qui nourrit la controverse avec cette erreur de transmission d’information dans l’attribution des priorités entre Medina et Buchan, et qui n’aura fait qu’approfondir les stigmates encore frais de la demie Adriano – Jordy à Bells Beach le mois dernier.
C’est le non-call d’interférence le plus controversé que j’ai pu voir et peu importe qui était prioritaire (il semblerait que les surfeurs à l’eau n’aient pu avoir d’information claire entre un speaker Brésilien atteint de diarrhée verbale et beuglant en priorités les informations en portugais; et un panneau de prio qui n’a semble-t-il pas été tourné dans les temps), le Chef Juge DEVAIT se mouiller et communiquer une décision quelle qu’elle soit. Ce genre de choses arrive sur tous les podiums, mais en aucun cas sur les seuls 10 WCT de la saison, censés représenter le summum de l’organisation, du professionnalisme et à nouveau, de ce que l’ASP veut vendre comme produit haut de gamme aux sponsors et réseaux média.

Peu importe le résultat, le manque de communication, l’attentisme et surtout la non-décision sont inexcusables à ce niveau, et un call officiel DEVAIT être fait, comme le répétait justement Luke EGAN, qui avait pourtant 19 minutes pour quitter directement le webcast et aller faire son boulot de directeur de compétition en faisant respecter l’équité sportive et limiter la casse, mais choisit de critiquer derrière son micro et s’extasier longuement devant les poissons qui sautent devant Medina.

la réunion au sommet de l’ASP suite au couac de l’interférence entre Médina & Ace ou comment briller par attentisme, paralysie et amateurisme, comme si Rio avait besoin de sa dose de polémique pour exister…

Une fois de plus l’ASP se tire publiquement une balle dans ce qui lui reste d’orteil(s), pas de call, pas de décision officielle, une confusion permanente et des rumeurs de re-match qui n’aura jamais lieu, pour finalement passer pour des amateurs, des incompétents et abaisser une épreuve d’élite au niveau d’une compète de club.

“Vous pouvez blâmer les gens qui se cognent dans l’obscurité ou vous pouvez allumer des bougies. La seule erreur est d’avoir conscience d’un problème en choisissant de ne pas agir.” Paul Hawken

Discorde, excitation, incompréhension, prouesses, drame: le Brésil nous aura servi en 2013 l’une de ses meilleures telenovelas.

Bonne lecture, et rappelez-vous que vos commentaires, opinions, insultes et menaces sont bien entendu toujours les bienvenus.

Vico

LE CLASSEMENT (20-31)

– #20 Jeremy FLORES – RIO#13 – ASP#16

Une nouvelle 13ème place pour un Jeremy visiblement en berne. Un surf sans passion, un langage corporel à nouveau irrité et irritant, une ligne de scores anormalement basse, qui plus est au Brésil qu’il peut pourtant considérer comme sa seconde patrie, tant il y retrouve confort de la langue, des amis et où son esprit devrait logiquement pencher du côté positif. Il y avait déjà atteint la seconde marche en 2008, mais 2013 semble être toute autre et débute difficilement pour Jeremy, qui doit rebondir au plus vite avant de se retrouver en spirale descendante et perturber plus longuement sa première moitié de saison. À l’image d’un Andy Irons, Jeremy est d’un caractère extrême, qui va sentir, penser, dire et agir sans retenue, quand il n’aime pas il déteste, quand il n’est pas content il est furieux, et quand ça ne va pas, il implose. Espérons que le Prime de Saquarema lui remette du baume au coeur et chasse l’énergie négative qui entrave son talent depuis quelques mois, pour attaquer ses vagues favorites avec fougue. Fiji sera un “make or break” dans sa saison, et les vagues seront siennes si son esprit est en paix. Une fois de plus, la seule limite de Jérémy, c’est lui même, et en ce moment il semble ne jamais avoir connu pire ennemi.

Fatigué par une grippe et le moral en berne à Rio, espérons que le Prime de Saquarema le remettra sur de bons rails avant le Pacifique. photo: ASP

– #21 Alejo MUNIZ – RIO#23 – ASP#26

Alejo transforme sa 5ème place de 2012 part une décevante dernière en 2013, loin de refléter sa forme actuelle. Complètement invisible lors du premier tour, son compatriote Pupo le pousse vers la sortie dans une série plutôt serrée au second tour où les juges misaient plus sur la première manoeuvre que sur la réception de la dernière, pourtant souvent plus compliquée. Épreuve à oublier pour Alejo, qui doit maintenant compter sur son expérience de deux saisons pour améliorer ses résultats sur les prochaines épreuves de reef.

– #22 Glen HALL – RIO#9 – ASP#23

Excellente 9ème place pour Glen qui démontre bien pourquoi il est l’un des meilleurs compétiteurs sur le WCT. Il a basé toute sa (longue) carrière sur l’intelligence stratégique, l’analyse des conditions et prouvé que l’accès à l’élite n’est pas uniquement réservé aux air freaks boutonneux et autres surf divas, mais aussi aux surfers besogneux, préparés, conscients de leur limites et du travail à mettre en oeuvre pour atteindre leurs objectifs. “Micro” est bon partout mais n’excelle dans aucun domaine du surf, si ce n’est l’analyse technique, le choix des options à surfer, l’empirisme et, à l’instar d’un Dan ROSS c’est pourquoi de nombreux surfers du WCT (Ace, Wilko…) faisaient déjà – et toujours – appel à lui en tant que coach sur le Tour. Toujours sur la meilleure option, Glen passe avec brio ses séries avant de se faire brutalement stopper, comme à Bells, par un Jordy en lévitation. Attention à sa technique et au placement dans les tubes de Fiji pour Micro, qui peut à nouveau en surprendre plus d’un.

– #23 Patrick GUDAUSKAS – RIO#13 – ASP#29

“Énorme” performance pour Pat G. (le “G” est pour “guigne”) qui, malgré une nouvelle coupe de cheveux absolument scandaleuse, réussi à gagner une série, ce qui lui arrive pour la 3ème fois sur le WCT depuis début 2012 (!). Une fois de plus, rien à dire sur l’excellent niveau du Californien, qui passe son premier tour sans trop se fouler, pour se retrouver en pleine découverte directement dans le monde si nouveau du Rd3. Malheureusement une fois de plus, le destin s’acharne sur notre Pat GUIGNauskas, perdu dans Comboland dès les 5 premières minutes de sa série contre un Kelly en pleine crise de spéléologie. Un excellent frontside air reverse Slob ne sera pas suffisant et Pat de repartir sur le chemin des PRIME pour se maintenir dans le rythme et se réhabituer à éventuellement passer des tours. Prions pour que le destin se lâche rapidement sur quelqu’un d’autre et offre au Californien un peu de répit et de résultats reflétant son véritable niveau.

Aérien dans sa série contre Slater, il se fait pourtant enterrer par un Kelly qui joue les spéléologues dans les tubes de Rio…Photo: ASP

– #24 Matt WILKINSON – RIO#24 – ASP#21

Contre performance magistrale pour Wilko, qui culmine à un effrayant 1,26 points de moyenne pour toutes ses vagues surfées à Rio. Déjà bien perdu au premier tour, il s’écroule au Rd2 sur son option et tout le monde de se demander où est passé le célèbre goofy transformiste. Deux dernières places d’affilée après un Quart encourageant à Snapper pour Wilko, qui doit reprendre rapidement pied sur les vagues “fun” de Fiji, Keramas et Tahiti.

– #25 Miguel PUPO – RIO#13 – ASP#29

Difficile retour à la compétition pour Miguel, sur le banc depuis le début de saison après une vilaine blessure à la cheville qui semble enfin être réparée. Sa première série était loin de pouvoir le remettre en confiance mais Miguel a réussi à rebondir dans sa série contre Alejo avec un surf opportuniste et une gestion de série intelligente. Il s’incline contre De Souza au Rd3 dans une série bien morne, mais égalise son résultat de la saison passée donc pas de stress pour Migui, qui va essayer de revenir dans le rythme sur Saquarema lors d’une épreuve PRIME qui lui réussissent généralement si bien, puis il mettra ses excellentes aptitudes au barrel (déjà prouvées lors du Quik Pro France) sur Fiji et son air game sur Keramas pour tenter de retrouver une place dans le Top 15 auquel il appartient.

– #26 Travis LOGIE – RIO#13 – ASP#19

Afrique du Sud, terre de contraste: d’un côté un Jordy de près d’1,90m, qui monte en puissance étape après étape pour terminer vainqueur de Rio avec un surf toujours plus écrasant de domination; de l’autre, Travis joyeux lutin qui lutte pour sortir du mètre soixante et dont le surf oscille toujours entre l’excellence et le passable, avec les résultats qui s’y reflètent et un ranking sur la pente descendante. Donnez lui des tubes utra-compliqués de lilliputien et il fera son Houdini (Peniche l’an passé, son Rd3 contre Medina à Rio…), donnez lui une droite à sa taille (2 ou 3 pieds) et il sera le goofy footer le plus technique, de très loin. Donnez lui des conditions changeantes et ignobles et tout son surf sera étouffé, ses manoeuvres avortées et son game plan chamboulé. Attention cependant à son retour sur Fiji, il a prouvé par le passé (Tahiti notamment) qu’il pouvait faire preuve d’engagement et de beaucoup de toucher de vague quand les gauches commencent à devenir mutantes.

L’autre sud Africain du Tour a lui sombré dans ces conditions de mer difficiles. Photo: ASP

– #27 Dusty PAYNE – RIO#25 – ASP#26

Première dernière place de la saison pour l’Hawaiien, une des nombreuses victimes de l’immondice des conditions du Rd2. Éclipsé au premier tour par l’instoppable Medina, malgré une tonitruante réception sur un pied, qui aurait pu lui coûter un nouveau passage sur le billard, Dusty se retrouve au coeur du maelström du second tour, où il n’aura su trouver de vague à potentiel et repart pour Maui certainement aussi frustré du Brésil qu’impatient de se refaire sur les tubes de Fiji et Tahiti, et surtout Keramas où il a scoré certaines des plus belles video parts de ces dernières années. Attendez-vous à voir beaucoup plus de Dusty durant les prochains mois.

– #28 Raoni MONTEIRO – RIO #25 – ASP#23

Seconde dernière place consécutive à la maison pour Raoni, cependant sans éclater sa planche à grands coups de latte cette fois-ci. Le seul local de Rio n’aura pas su réitérer sa formule de powersurfing + réceptions solides sur ses vagues, manquant peut-être de chance mais surtout ne paraissait-il pas aussi confiant et “on fire” que sur Bells. Peut-être aura-t-il tout simplement manqué d’attraper suffisamment de vagues pour rentrer en zone de confort; mais échouer sur son spot, dans des conditions qui épousent son style de surf, après un début de saison si prometteur va très certainement booster le Brésilien à l’approche des vagues solides et creuses qu’il affectionne tant. Affaire à suivre sur les vagues de Fiji, contre qui il a une revanche à prendre après que le gros swell de 2012 lui ait coûté un genou et plusieurs mois au sec.

– #29 Adam MELLING – RIO#25 – ASP#23

Mello sort à nouveau avec une performance duale, auteur d’un tube incroyable à 9,57pts au premier tour, il n’arrive pas à réitérer sa magie au Rd2 contre l’inusable Kai et rentre à Lennox Head pour un maigre et discutable 0,04pts. Adam Melling pourrait aisément figurer dans le top 10 s’il gagnait en régularité, constamment en grand écart entre l’excellence et la médiocrité, son surf en série s’apparente à jouer un tournoi de pingpong passablement bourré: quelques coups d’exception pour beaucoup trop de déchets. Attention cependant aux trois épreuves à tubes qui arrivent, le local de Lennox est auteur de certains des pires wipeouts de ces trois dernières saisons sur le WCT. S’il ne tombe pas: il score, donc d’une façon ou d’une autre le spectacle garanti pour Fiji, Bali et Tahiti.

Doué certes mais trop irrégulier et la fameuse loi des séries continue pour Melling: élimination prématurée. Photo: ASP

– #30 Damien HOBGOOD – RIO#25 – ASP#29

Bizarrement perdu dans les conditions “de marin” fun et tubulaires du premier tour, Damien aura joué de malchance lors de son duel contre Brett SIMPSON au tour d’élimination, perdant de justesse malgré 2 vagues correctes qui l’auraient fait avancer dans la plupart des autres séries. Déjà vainqueur à 2 reprises à Fiji, 1 fois à Tahiti et très familier avec Keramas, les trois prochaines étapes devraient sourire un peu plus à Damo, dans le cas contraire 2013 pourrait par contre très bien être sa dernière saison sur le Tour.

– #31 Kieren PERROW – RIO#25 – ASP#34:

Sans surprise, KP enchaîne sa troisième dernière place consécutive et se sera débarrassé de Rio rapidement pour passer aux épreuves de reef. Injustement coincé au Brésil durant ces interminables lay days pour faire son travail, KP a du être certainement être très frustré de ne pas se retrouver à faire des chutes d’homme avec ses copains à Tahiti, et du coup aura plafonné à un médiocre 7,7pts par heat, abaissant sa déjà fébrile moyenne de série à un exécrable 8,54 pour l’ensemble des WCT depuis début 2012…! Autant perdu dans les conditions atroces du Rd2 que celles plus lisibles du premier Tour, le sinanthrope aura montré à nouveau avec brio qu’il n’est absolument plus à sa place sur l’ensemble des étapes du WCT et, qu’en tant que Commissaire Technique à l’ASP, ferait bien mieux de s’autopistonner en s’octroyant une wildcard sur ses épreuves favorites plutôt que de faire de la figuration en occupant inutilement une place à plein temps au sein de l’élite.

Ca sent la retraite pour Perrow…qu’il prépare d’ailleurs en compagnie de Paul Speaker, l’un des hommes forts de ZoSea…Il dort pas Kieren…photo: ASP

La suite demain Folks!!!!!

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