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Opinion

La hiérarchie du World Tour: l’après Bell’s

En avant propos j’aimerais saluer les performances des demoiselles qui, suite à un call foireux du représentant des surfers masculins, ont pu bénéficier d’excellentes conditions et ont pu finalement exposer leur excellent niveau devant le monde entier, et enfin dans des conditions dignes de ce nom.

Pour ce qui est de l’épreuve masculine, tout un éventail de conditions de vagues et météo parfaitement dignes du Victoria, mettant idéalement à l’épreuve les surfers dans toutes leurs dimensions. Le jeu des priorités à 3 s’est bien mis en place, enlevant à mon avis un bon morceau de la partie “combat” propre aux Heat à 3, mais “polissant” les comportements de chacun car les ténors ne désiraient plus s’abaisser à la “ragasse” et préféraient un surf de “gentlemen” (cependant agrémenté ça et là de doigts d’honneur).

Le jugement a à nouveau été mis en cause durant cette épreuve, plus particulièrement les tubes de MM. Parko et Slater qui pour des milliers de juges internet noctambules en pantoufles-caleçon criaient au scandale sur le fait qu’ils aient été injustement sous-notés. La vérité (car il y en a tristement une) est qu’ils ont été plus SUR que sous notés car au regard des critères de jugement, chaque spot du WCT a sa spécificité, et Bells n’est PAS une vague à tube.

Bell’s n’est pas une vague à TUBES, Parko & Kelly le savent parfaitement (mais n’ont certainement pas pu résister…) par contre leurs fans club respectifs sur le net hurlent encore à la trahison! Photo: ASP

Bells est un pointbreak où le potentiel de points est à focaliser sur le power/carving/face surfing. Le tube sera donc noté, mais pas priorisé, qui plus est si c’est une tubette de 20 mètres. En comparaison avec les autres pointbreaks du WCT (tout comme Snapper et feu-J.Bay), le tube fait partie intégrante, constante de la typologie de la vague et le surfeur se doit donc de chercher le tube. Les juges se sont donc (auraient du se…) concentrés sur cette réalité et ne pas scorer plus de 9 sur la vague de Parko. Mêmes exemples dans l’histoire avec la finale à SuperTUBES où le tube de Julian l’emporte devant Air Medina; les longs tubes de Slater à Trestles (high performance wave) ne dépassant pas les 6 points, ou quand le rodeo à 9pts de Heitor Alves à Trestles supplante de 2pts celui de Wilko à Supertubos. Même manoeuvre, pas le même spot, pas la même hiérarchisation dans les critères de jugement.

 

Non, le vrai problème dans le jugement a été les splits entre les juges et certaines prises de position éminemment partiales (vers le haut ou vers le bas) qui n’ont plus lieu d’être dans un sport qui veut s’ouvrir au grand public. Tout cela peut être un débat interminable, cependant j’aimerais saluer l’excellent travail de notre seul juge Français Yannick SARRAN, qui a été impeccable de justesse, d’impartialité et de professionnalisme durant toute cette épreuve. Bravo.

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POWER RANKINGS

Deuxième étape de la saison et léger changement de formule pour ces “classements puissance” (oui, la traduction n’est pas fantastique). Je classe donc les surfeurs non pas par leur ordre d’élimination dans la compétition mais plus par évaluation de leur performance, leur potentiel et la prochaine étape. C’est bien entendu absolument arbitraire et subjectif, mais c’est le but d’une analyse. Vos commentaires, opinions, insultes et menaces sont bien entendu toujours les bienvenus.

Bonne lecture,

Vico.

#1 Kelly SLATER: RCP#13 – ASP#1 – Kelly égalise son plus mauvais résultat à Bells avec cette 13ème place malencontreuse contre Pandi-Panda. Signant son Rd1 de sa superbe habituelle, le n°1 mondial choisit les meilleures vagues et surfe avec vitesse, glisse et décontraction là où tout le monde lutte pour se maintenir à la surface. C’est tout le contraire lors de son duel avec Cardoso où il se retrouve anormalement à contre tempo avec le spot, tandis que Big Willie truste les meilleures vagues en condition de priorité. Visiblement affaibli par des douleurs au genou et au dos, Kelly vise des tubes chimériques et obtient les scores qu’il mérite en comparaison à la forme destructrice de Cardoso sur des vagues qui ne demandent qu’à être hachées à grands coups de rail. Un petit mois de convalescence et Kelly retournera sans problèmes à son occupation favorite: gagner.

Kelly stoppé tôt dans la compétition par un Brésilien déchaîné, un mal de dos et ces satanés tubes. Photo: ASP

#2 Jordy SMITH: RCP#3 – ASP#7 – Jordy aurait du gagner. Non: il A gagné Bells. Bien loin devant le reste du tour, De Souza inclus, Jordy a montré qu’il était de retour, plus affûté que jamais. Excellentes planches, bien plus calme et décontracté dans sa tête et donc dans son surf, il aura humilié ses concurrents en obtenant 40% des meilleurs totaux. Personne n’a pu égaler la justesse et la précision de ses compressions/extensions aux bottoms, la conduite de ses open face carves et la facilité avec laquelle il montait ses foamclimbs était techniquement écoeurante. À la recherche en demie d’un 8,91pts bien avant que la sirène ne retentisse(2mn), le chef juge aura choisi de ne rien faire en “réfléchissant” pour finalement, après 4mn, “décider” de laisser un split de 1pt sur une vague d’excellence. S’il y a un seul rôle que l’on doit retenir du chef juge, c’est de trancher quand le panel de juge est en désaccord, sachant qu’il est le seul dans la Tour à connaître les scores dont les surfers ont besoin. Il a choisi de ne pas prendre de décision et s’en est remis à la confortable “oh, presque” moyenne, et Jordy de manquer la finale de 0,04pts. Le jeu des moyennes est périlleux et parfois impossible à gérer en plein coeur de série. Mais lors de la décision d’un accès en finale, en fin de série, avec tous le temps qu’il désire, laisser pisser de cette façon est proche de la faute professionnelle ou, pour citer Lance Armstrong: un manque cruel de testicules.

Voilà le vrai vainqueur du Bell’s 2013: Jordy Smith… n’en déplaise au chef juge. Photo: ASP

#3 Mick FANNING: RCP#5 – ASP#2 – 5ème place décevante certes, mais toujours intéressante pour le classement au regard des mauvaises performances de ses deux bêtes noires de 2012: Parko & Kelly. Sorti par De Souza dans une série assez moyenne, avec casse matérielle et beaucoup trop de chutes de la part du double Champion du Monde, ce quart est le type de série à oublier, tout comme la porte de douche que Mick a copieusement arrosée après sa série. Brillant beaucoup plus en début de compétition, Mick avait su montrer tout l’éventail de son talent avec un surf unique sur cette vague qu’il a déjà conquise à 2 reprises. 2 victoires c’est aussi ce qu’il a récolté au Brésil, où il est fort à parier que l’Australien, très en forme, va faire des étincelles le mois prochain.

Mick décevant en fin de compétition mais qui repart avec un lot de consolation: Parko & Kelly on fait pire que lui. Photo: ASP

#4 Julian WILSON: RCP#13 – ASP#9 – Dans une série vraiment pauvre en vagues, à la limite du restart, Nat Young, sur sa 6’2″ éjecte Julian qui n’avait besoin que d’un maigre 5 dans cette “série de trop” qui clôturait la journée. Toujours à la recherche d’un résultat à Bells, l’Australien trébuche pour la première fois en 2013 après un Quart de Final à Snapper et deux 3èmes places à Margaret River et NewCastle. Julian, évidemment frustré par la timidité des conditions de sa série, risque fort de se lâcher et d’améliorer sa 5ème place de 2012 à Rio dans un mois.

Sa série face à Nat Young va certainement lui rester en travers de la gorge, attention au retour de flammes à Rio. Photo: ASP

#5 Michel BOUREZ: RCP#25 – ASP#8 – Résultat décevant pour le demi-finaliste de Snapper, malgré quelques manoeuvres véritablement brillantes. Au Rd2, pris de vitesse par Tiago qui avait su prendre l’échelle de notes d’assaut dès l’entrée dans leur série sur les meilleures vagues; Michel, surfant des vagues moins lisses et ouvertes, avait pourtant montré, sur des vagues bien plus compliquées, un contrôle sur le rail, une puissance et un engagement dans ses manoeuvres supérieurs au Portugais. Le Tahitien se retire donc pour une rageante différence de 0,30 qui auraient pu peut être pencher en sa faveur s’il n’avait pas mis autant de temps à rentrer en série et n’avait pas laissé les juges focaliser sur son adversaire. Acte manqué donc pour Michel sur Bells, contre qui le seul surfer qui aurait pu rivaliser avec sa puissance et sa conduite de trajectoires était Jordy. Retour à la maison en famille pour oublier tout ça avant d’aller se venger et meurtrir les vagues brésiliennes.

Un manque de rythme pour Michel dans sa série contre Tiago et un résultat qui contraste douloureusement avec son excellente prestation sur le Gold Coast. Photo: ASP

#6 Joel PARKINSON: RCP#13 – ASP#13 – Comme prévu, second mauvais résultat d’affilée pour le Champion du Monde 2012 et Triple Champion à Bells, qui après une minable 73ème place à Margaret River, se fait éjecter à juste titre par un Raoni en lévitation. Honteusement aidé par un panel de juges majoritairement voué à son culte, ses scores n’ont aucune logique (comparez son 7,5 contre son 8,27 du 1er Tour…), et son 10pts (le seul de l’épreuve) au Tour 3 sont aussi surévalués que les talents d’actrice de Mimie Mathy. Gonflé de la fausse confiance que lui donnent les juges et rusé comme un parpaing, il va même jusqu’à réitérer la même erreur qui a coûté la perte de Kelly 10mn plus tôt, et cale une loooooooongue casquette (voir la vue du chenal pour apprécier la “profondeur” du “tube”) alors qu’il cherche une vague d’excellence. Peu importe, son fan club dans la tour lui aurait donné son 9,17 si notre juge Français n’avait pas remis les choses en place en tirant les scores là où ils devraient être: vers le bas. À force de succès, la sympathique grâce habituellement associée au surf de Parko s’est plus récemment transformée en irrévérence puante et arriviste. Ses claims de fins de vagues traduisent une fatuité gerbante et il serait grand temps que Parko remette les pieds sur terre et cesse de penser qu’il se lève le matin en pissant l’excellence.

#7 Taj BURROW: RCP#3 – ASP#3 – Demi finaliste exemplaire, Taj aura surfé avec autant de facilité ses séries en man on man qu’il aura lutté durant ses séries à 3 (15,6pts contre 11,2pts de moyenne sur ces tours). Surfant dans les petites vagues avec précision, variété et énormément de relance durant les secondes phases de ses cutbacks, le meilleur de Taj aura été dans les vagues de taille plus conséquente avec un surf intelligent, appliqué et doté d’une conduite de courbe exceptionnelle. Éliminé dans sa plus mauvaise série man on man par la fraîcheur de Nat Young, Taj rejoint la même ligne de résultats que Mick au sortir de la manche Australienne et risque de réitérer au Brésil où il a gagné 2 fois, puis, après Fiji, en face de sa maison de vacances à Bali.

#8 Adriano DE SOUZA: RCP#1er – ASP#4 – Second surfeur en forme de l’épreuve après Jordy, Adriano s’est effectivement vengé de sa dernière place de Snapper. Son stance écarté et son petit gabarit lui ont servi pour conserver vitesse et contrôle durant ses longs bottoms menant à d’excellentes attaques sur le rail. Beaucoup plus d’extension corporelle sur les phases hautes de ses manoeuvres lui ont permis d’aérer un peu plus son surf et de retrouver plus facilement le rythme si particulier des différentes sections de Bells. Intelligent sur ses choix de vagues et ses priorités, Adriano laisse sa volonté surnaturelle et sa soif de vaincre faire le reste, ne doutant jamais de la réception de ses manoeuvres. Belle victoire du jeune vétéran Brésilien, qui regagne confiance avant son épreuve locale remportée il y a 2 ans, et retour mérité dans le Top 5.

Adriano tellement à fond toute la compétition qu’il ira même casser le trophée sur le podium. Photo: ASP

#9 Sebastian ZIETZ: RCP#13 – ASP#23 – L’intérêt des rookies sur le tour est de compliquer le jeu en prenant aussi bien les vétérans que les spectateurs par surprise. Seabass, de loin le moins médiatisé de cette jeune garde, nous régale depuis Snapper des différentes facettes de son surf selon les spots et force est de constater qu’il a encore fait des dégâts sur Bells (bien que découvrant le spot), en choisissant un surf ample, classique et précis, pimenté de turns newschools et d’improbables combos de manoeuvres tels que ses ultra-techniques Off the-lip-to-floater-reentries qui ne sont pas sans nous rappeler son mentor de Kaua’i, A.I. Toujours autant de décontraction et de fun dans ses séries, Seabass va s’amuser dans les beachbreaks de Rio avant de payer sa démo sur les épreuves de reef.

#10 Nat YOUNG: RCP#2nd – ASP#5 – 45 ans après son illustre homonyme, solide performance avec cette seconde place pour le rookie Californien qui, comme prédit après Snapper, allait rapidement bousculer la hiérarchie des gauchers sur le Tour. Son tableau de chasse parle de lui même (Burrow, Kerr, Wilson…) et il est fort à parier qu’il va continuer à faire tomber les têtes car il sait tout faire. Même si la vague de Bells n’est pas vraiment proche de son homespot de Steamer Lane, Nat reste génétiquement programmé pour surfer des pointbreaks de droite, et sa capacité à varier son approche backside, à adapter ses turns aux sections polymorphes de Bells, et à finir ses vagues sans jamais tomber lui ont permis de se hisser en Finale sans jamais paniquer. Ayant trouvé la méthode gagnante dès son entrée en lice, il n’a eu cesse que de la répéter, confiant, solide, varié et radical. Un surf propre et mature, une préparation exemplaire, une attitude simple et sans prise de tête: Nat Young s’impose dès le début de saison sur le type de vague qu’il connaît le mieux, voyons s’il confirme sur les vagues plus variées du reste de la saison.

#11 – Owen WRIGHT : RCP#25 – ASP#31 – Début de compétition encourageant pour Owen, avec un R1 à la prestation dominante, variée et parfaitement contrôlée de la part de l’Australien, très en confiance sur Bells où il a déjà connu d’excellents résultats. Hélas dans les conditions plus compliquées du R2, il semble beaucoup moins en phase, tant avec sa planche visiblement peu adaptée, que sur sa chance dans le choix de vagues, qui peinent à lui offrir un mur correct. Deux dernières places en 2 épreuves pour l’ancien concurrent direct de Slater en 2011…Les temps changent et il faut qu’Owen relance la machine au plus vite pour ne pas rester dans ce dernier tiers du classement auquel il n’appartient certainement pas.

#12 Filipe TOLEDO: RCP#5 – ASP#9 – Pas encore 18 ans pour Filipe qui était déjà présent sur Bells en 2012, mais dans la catégorie GromSearch… Le jeune brésilien a passé le test de Bells avec brio, construisant sa confiance au fur et à mesure de ses série. Comme abordé lors de l’analyse de Snapper, Filipe a l’intelligence d’adapter ses trajectoires aux spots et à ses adversaires, prouvant que son face/carving surfing est largement au niveau. Il a su pimenter parcimonieusement ses longs roundhouses et carving off the tops de finishes toujours plus modernes, se payant le luxe et la confiance de se retarder volontairement dans ses blowtails et autres laybacks pour mieux rester dans le rythme du déferlement. Combinez cela à un pop exceptionnel et une maîtrise insolente du répertoire aérien et vous flirtez avec l’excellence sur chacune de ses séries. Rio va certainement être un balltrap de plus pour le jeune prodige, donc attendons de voir s’il passe le baptême du feu sur les étapes de reef.

Baptême du feu réussi pour Filipe à Bell’s, avec en prime une victoire sur Médina. Photo: ASP

#13 Alejo MUNIZ: RCP#13 – ASP#23 – Alejo n’aura surfé que 5 vagues sur Bells cette année, très confiant lors de son premier tour, il domine le pic et propose un surf très solide, rythmé et de bon augure pour le reste de la compétition, qu’il confirme avec une excellente vague contre Jordy au Rd3. Malheureusement sera sa seule véritable vague dans une série marquée par un flat de plus de 13 minutes et Alejo de se retrouver poussé vers la sortie sans vraiment avoir eu la chance de rétorquer aux attaques du SudAf. Doté d’excellentes planches et de l’expérience de désormais deux saisons sur le tour, Alejo commence 2013 très fort et est l’un des seuls surfers à ne rien avoir à se reprocher au sortir de la manche Australienne. Attention à Rio, où il a fini 5ème en 2012 après un mauvais début de saison.

#14 Jeremy FLORES: RCP#13 – ASP#13 – Jérémy n’a pas fait mieux que 9ème depuis cinq mois. Une série de résultats décevants qui le pousse certainement à se remettre en question. En forme sur le Rd1, il propose un surf dynamique et varié, visiblement confiant. Les Rd2 et 3 sont une toute autre histoire avec avant tout, à nouveau, des difficultés matérielles. Il peine à trouver la précision chirurgicale qui le caractérise et tombe sur le money turn dans son duel contre Kai. À l’approche de l’épreuve de Rio puis des vagues mutantes qu’il affectionne, Jérémy dispose d’un mois pour finalement retrouver confiance en son quiver, respirer et surtout envisager son job de façon moins horriblement intense. Jérémy dispose de l’intelligence tactique, du surf précis et varié et des cojones dans le gros qui font de lui un potentiel Top 5. Sa seule limite est la quantité inhumaine de pression qu’il se met sur le dos. Surf is fun brah’, time to start enjoying.

#15 Gabriel MEDINA: RCP#13 – ASP#23 – Au regard des réceptions parfois un peu sketchy du jeune Brésilien, Gabriel semble s’être remis correctement de sa blessure à la cheville, cependant on a découvert à Bells un Medina plus calme, plus posé, moins prompt à l’autocongratulation permanente. Ce manque d’étincelle se sentait aussi dans son surf, qui paraissait fade, sans passion bien qu’appliqué et sans fautes. Bizarrement le voir surfer “classique”, sans feux d’artifices tend à rendre son surf bien moins spectaculaire et excitant, et ses mauvais résultats depuis 2010 sur Bells traduisent une lacune importante dans son surf de point break. Attention à sa revanche sur Rio, les surdoués tolèrent généralement très mal l’échec, et le nouveau duel familial Medina vs. Toledo risque bien de pimenter les choses.

#16 Bede DURBIDGE: RCP#13 – ASP#9 – Construction de compétition exemplaire pour Bede, qui a su élever son niveau tour après tour. Excellente écriture de trajectoires sur la vague de Bells qui se marrie parfaitement avec son grand gabarit et l’amplitude de son style. Bede est de retour et en forme, et tout le monde, juges compris, peut sentir la différence avec les deux saisons passées. Sorti sur le fil par Ace dans une série de haut vol, cette 13ème place est moins amère pour Bede quand il sait qu’il a fait le travail et retrouvé les scores qui l’ont poussé au titre de Vice-Champion du Monde en 2008.

Les grands gabarits sont généralement à la fête à Bell’s et Bede utilisera certainement sa bonne prestation ici pour se (re)construire. Photo: ASP

#17 Josh KERR: RCP#9 – ASP#13 – C’est un Josh Kerr renouant avec le succès que nous avons retrouvé à Bells, fraîchement auréolé d’une seconde place la semaine précédente sur Margaret River, Kerrzy a proposé un surf sur le rail sensiblement amélioré, avec beaucoup plus de drive et de respiration sur les longs murs de Bells. Toujours à même de surprendre en saupoudrant ses trajectoires de turns newschool, l’Australien est en train de tranquillement combler ses rares lacunes et, à l’approche de l’une de ses étapes préférées sur Rio, suivie par les gros spots qui ont contribué à son succès ces derniers mois, un siège au sein du Top 8 n’est pas à proscrire.

#18 Matt WILKINSON: RCP#25 – ASP#18 – Dernière place décevante pour Wilko qui n’a pas réussi à transformer sa 5ème place de Snapper, malgré l’excellence du surf backside qu’on lui connaît. Habitué à surfer ce spot depuis tout jeune entre le circuit Pro Junior et les épreuves de son sponsor local Rip Curl, Bells a à nouveau refusé de lui sourire en ne lui concédant qu’une bonne vague (la meilleure) durant son second tour, ce qui n’est jamais suffisant face au redoutable tacticien qu’est Kai OTTON. À l’approche de Rio, étape sur laquelle il n’a non plus jamais brillé, et fort de 3 saisons en dents de scie sur le WCT, il est temps pour Wilko de gagner en régularité s’il ne veut pas se retrouver à refaire une saison marathon sur tous les tours (WCT/PRIME/6*/Discothèques) pour se requalifier.

#19 Adrian BUCHAN: RCP#9 – ASP#18 – Excellente campagne sur Bells pour Ace qui a surfé avec bien plus d’émotion, de passion que d’habitude, visiblement boosté par son faux-départ sur Snapper, il a repris confiance sur le podium de Magaret River et égalise son meilleur résultat dans le Victoria avec cette 9ème place qui renforce sa position de goofy le plus régulier sur le Tour. Constamment sur le rail, faisant un point d’honneur à terminer chacune de ses vagues avec panache, Ace a été impérial autant dans la sélection de ses vagues que dans la façon dont il les surfait. Forçant sa destinée en poussant Taj a surfer la vague qui l’éliminera, Ace finit sa manche Australienne gonflé de confiance avant les étapes qui lui réussissent habituellement le mieux.

#20 Kolohe ANDINO: RCP#13 – ASP#27 – Malgré un résultat décevant, Kolohe ressort grandit et confiant de Bells, avec sa première victoire (solide) au Rd1. Il tombe avec les honneurs contre un Adriano inarrêtable au Rd3 et repart à la maison avec un excellent 16,5pts de moyenne sur l’épreuve. Son surf manque encore d’amplitude et d’occupation d’espace, notamment sur ses carving off the tops, mais pour ce qui est de la variété du répertoire, du choix de vague et de la confiance, le jeune Californien est armé. Préparons-nous certainement à un ascenseur dans ses classements car les prochaines épreuves favorables à son style de surf (Rio, Keramas, Trestles) sont intercalées avec des vagues plus sérieuses (Fiji et Tahiti). 2013 peut être l’année de la confirmation pour Kolohe s’il parvient à maintenir son niveau de performance actuel et sa jeune expérience sur chacune des étapes du Tour.

#21 Kai OTTON: RCP#13 – ASP#9 – Une nouvelle 5ème place pour Kai sur Bells qui maintient sa formule gagnante: patience, stratégie et peu de déchets. Ottz aura à nouveau coupé quelques têtes sur son chemin vers les Quarts (Wilko, Jérémy, Taj & Young -au Rd4-) et peut très bien à ce rythme égaler sa performance de 12ème du classement lors de sa Rookie Year en 2007. Il connaît et est à l’aise sur tous les spots, a d’excellentes planches et peu de pression de la part de son sponsor, ça seule limite restant son plafond quasi-permanent à 16pts qui le cantonne aux Quarts. Son palmarès abyssal sur Rio (au mieux avant-dernier sur 6 saisons) ne laisse rien présager de bon mais voyons s’il est capable d’inverser cette tendance le mois prochain.

Kai à l’aise à Bell’s mais qui ne parvient toujours pas à se lâcher dans son surf… Comme s’il surfait avec une pression qu’il n’a pourtant pas. Photo: ASP

#22 Dusty PAYNE: RCP#13 – ASP#23 – Excellente prise d’élan pour 2013 pour Dusty, qui après une performance timide sur la Gold Coast a su se lancer et remporter sa toute première épreuve sur le Prime de Margaret River et a continué sur Bells avec un surf frais et rempli de confiance. Beaucoup plus de drive dans ses manoeuvres, des trajectoires bien plus marquées et un choix de vague, une capacité d’affront des sections et de rebond qui traduisent très certainement un déclic dans la tête du jeune Hawaiien. Solide dans toutes ses séries, il perd son Rd3 contre Taj uniquement car il casse sa planche au pire moment de la série. Espérons qu’il sache maintenir cette recette de la performance et se tienne (pour une fois) loin des blessures durant le mois qui le sépare de la prochaine étape de Rio.

#23 Raoni MONTEIRO: RCP#9 – ASP#18 – Comme abordé lors de l’analyse de Snapper, Raoni tend à se transcender après des difficultés, et suite à une décevante dernière place sur la GoldCoast, il a su rebondir et, malgré les notes peu encourageantes des juges lors du Rd1, s’est tenu à sa stratégie: un surf compact, solide et confiant (voir son 9pts au Rd5), une utilisation de toute la hauteur de la vague et une excellente variété dans son répertoire de powersurfing. Une fois de plus, Raoni crée la surprise pour ceux qui pensent encore que le coeur du WCT se limite au Top 10. Si une défaite attise sa soif de vaincre, le fait d’avoir sorti le Champion du Monde en titre avec son 19,1pts de total risque alors de déclarer la chasse ouverte pour Rio, puis les reefs !

#24 Adam MELLING : RCP#25 – ASP#18 – Autant Adam n’avait pas beaucoup travaillé pour sa 9ème place sur Snapper grâce au forfait de Double John, et n’avait montré que des velléités de son véritable niveau ; autant sur Bells son Rd1 a été (aurait pu ?) être incroyable. Le local de Lennox Head maîtrise absolument tout le répertoire du surf moderne et souffre juste d’une inconsistance déplorable, associée à un seeding qui le place trop souvent contre des tueurs à gages. Ses stats de série sont en constante évolution, et il perd souvent non pas pour ses petits scores, mais parce qu’il tombe dès le début contre des surfeurs qui scorent 15 ou plus dès le premier tour. Voyons s’il va savoir se transcender sur les étapes de reef où il n’a pas encore brillé, car se requalifier sur Hawaii à nouveau ne peut être une option sûre.

#25 C.J HOBGOOD: RCP#9 – ASP#13 – À l’image de son frère, masterclass de backside rail surfing par C.J, qui égalise sa 9ème place des 3 dernières saisons sur Bells. Excellent rebond entre les manoeuvres, impressionnante facilité à enchaîner les top-to-bottoms en maîtrisant la délicate gestion de pression sur le rail. Rythme, utilisation de tout le volume de la vague, très peu de déchets. Rien à redire jusqu’à son duel contre Toledo où il se fait littéralement démembrer dans des vagues bien plus délicates à surfer backside que lors de sa série contre son jumeau pleurnichard. Historiquement bon au Brésil, puis sur les reefs, C.J risque de monter en puissance sur les 4 prochaines étapes.

Difficile de briller quand on est backside à Bell’s (et que l’on ne s’appelle pas Occy)…mais CJ, après les épreuves australiennes, sait qu’il va vite sur retrouver en terrain plus favorable: les reefs! Photo: ASP

#26 – Brett SIMPSON : RCP#25 – ASP#18 – Difficile retour dans la seconde moitié du classement qu’il ne connaît que trop bien. Après avoir montré les prémisses d’une performance encourageante sur Snapper, le Californien a butté sur le Prime de Margaret (49ème) et finit de s’écrouler sur Bells, avec au Rd1 un surf nerveux, dénué d’amplitude et loin sur l’épaule, loin de la zone critique. Puis malgré une belle remise en question lors du Rd2, grâce un surf bien plus adapté à la vague et des trajectoires bien mieux maîtrisées dans le gros, Brett s’incline sur le fil devant un Bede plus tactique, sélectif et en contrôle. Espérons pour Brett que les vagues de Rio ressemblent plus à celles de son homespot immonde d’Huntington Beach pour qu’il se remette en confiance avant les étapes de reef où il a déjà prouvé qu’il pouvait faire mal.

#27 – Travis LOGIE : RCP#25 – ASP#18 – Contraste saisissant entre sa leçon de surf backside sur Snapper toute en glisse, drive et contrôle, et la pâle copie qu’il a livrée lors du Rd1. Souffrant de la comparaison avec la variété et la fraîcheur de l’autre gaucher du heat Nat Young, Travis campait sur son pied arrière, délivrant un surf semblable à la diarrhée musicale d’un Skrillex: hyperactif, cumulatif, dénué de véritable sens et hors tempo. Ce choix de privilégier Quantité sur Qualité lui a couté un Rd2 où là encore il s’est fait malmené par Seabass, malgré une vague aussi excellente que tardive dans les dernières secondes de sa série. Attention cependant à son surf incisif sur Rio, il est l’un des seuls avec Glen Hall a pouvoir tourner aussi vite sur les beachbreaks.

#28 Damien HOBGOOD: RCP#13 – ASP#27 – Backside surfing d’école pour Damien tout au long de son parcours, enchaînant bottom turns grabés et snap of the tops explosifs avec brio. À l’instar de Bede, autre vétéran du Tour, il a su gagner en élan au fur et à mesure de ses séries et construire des scores tirant progressivement vers l’excellence. Hormis la très pittoresque joute univitelline dans son duel fratricide contre C.J, le résultat aurait pu aller dans les deux sens tant leur surf backside sont égaux dans l’excellence, mais pas pour autant similaires. Damien repart donc à la maison avec une troisième treizième place en trois Bells consécutifs, en évitant de s’asseoir près de son frère dans l’avion parce qu’il boude.

#29 Tiago PIRES: RCP#13 – ASP#27 – Beau parcours pour Tiago, visiblement en confiance dans les vagues de Bells. Rompu aux longues droites de sa jumelle Ribeira d’Ilhas, Tiago a réussi où beaucoup ont failli: la sélection des vagues. Quasiment chacune de ses vagues offrait un véritable mur, avec du volume, en parfaite adéquation avec son style de surf classique et puissant. Opposé à Fanning, il a clairement souffert de la comparaison avec sa vitesse et son flow, mais a su surprendre en scorant 7 sur un énorme full rail carving off the top. Un peu comme Jérémy sur Snapper, c’est ce genre de spontanéité qui manque souvent au Portugais et qui, s’il se lâchait un peu plus souvent et incorporait ce genre de turns dans son répertoire quotidien, lui permettrait d’atteindre plus régulièrement les phases finales.

Brillant face à Michel Bourez, le surf de Tiago aura manqué d’éclats face à Fanning. Photo: ASP

#30 Patrick GUDAUSKAS : RCP#25 – ASP#31 – Une fois de plus le surfeur le plus malchanceux du WCT continue sur sa lancée : après un premier tour correct, il surfe contre Jérémy dans la 4ème série du Tour 2, et alors que les deux surfeurs s’approchent de la mise à l’eau, les conditions changent du tout au tout pour passer de l’idyllique 6 pieds glassy, aux 10-12’ tempête et imprévisibles. La stratégie de série passe donc à la trappe et malgré un surf engagé, Pat pêche par manque de patience, et choisit de prendre comme backup ce qui lui semble être un close out et décide de sortir à mie-vague, ce qui le mettra hors position aussi bien géographique, que tactique. Bien entendu sa guigne le poursuivra jusqu’à la fin de la série alors que Jérémy choisira intelligemment de maintenir sa priorité. Une nouvelle « rookie mistake » de ne pas aller jusqu’au bout de sa vague quand le temps fuit et que l’on vient de laisser sa priorité…être toujours “stoked” et disposer de 13 dents de plus que la normale ne sauraient être suffisants pour réussir: il est temps d’apprendre, Pat.

#31 Glen HALL: RCP#25 – ASP#31 – Loin d’être ridicule lors de son Rd1 contre deux autres goofies, « Micro » a sorti son surf dynamique, incisif et intelligent mais n’a été capable de rivaliser avec le flow et la variété de Buchan. Opposé à Jordy au second tour, petit Glen se fait littéralement fesser par Maître Jordy malgré une –mais seulement une- excellente vague, où il enchaîne superbement grab rail bottom turns / carving off the tops. Hélas point de « backup » pour Glen qui se fait sortir par celui qui aurait du gagner la finale, donc pas de honte, loin de là, juste un peu plus d’expérience pour notre sympathique rookie progériaque.

#32 Willian CARDOSO: RCP#5 – ASP#16 – Willian Cardoso, c’est un peu la Maîté du surf: ça n’est jamais vraiment fait dans la finesse, mais ça remplit bien sa fonction. S’il y a une vague du Tour qui pouvait convenir au style monolithique du Brésilien, c’est bien Bells, vague lente et longue, aux vastes murs, qui laisse tout loisir à notre sympathique Brésilien de motoculter sauvagement chaque section sans perdre pour autant le rythme de la vague ou finir son rail turn en sous-marin. Excellente performance donc pour Panda qui, en même temps qu’il arrose les deux tiers de la Côte Sud Australienne, rend service à tout le monde en éliminant bon nombre de têtes de série dans son chemin jusqu’aux Quarts. Réitérer pareille performance sur d’autres étapes du Tour risque par contre d’être un peu plus compliqué car les vagues y sont loin d’être aussi coopérantes.

#33 – Kieren PERROW : RCP#25 – ASP#31 – Compétition misérable et surf aussi excitant qu’une soirée Xanax/Jack Daniels pour KP, sur une vague qu’il connaît aussi bien que ses résultats y ont été déplorables au cours de sa carrière (mise à part une 5ème place en 2009). Choix de vague hasardeux, trajectoires hachées, trébuchantes et imprécises le retardant sur chacune de ses quelques manœuvres. Même lors de son second tour dans le genre de conditions plus massives qui l’ont rendu célèbre, il semblait hésitant, hors tempo. Une dernière place de plus sur Bells pour le vétéran qui va vite vouloir passer la prochaine étape de Rio pour se retrouver enfin à son aise sur les reefs et les vagues plus musclées.

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