Share

Opinion

La hiérarchie du World Tour: Bali #2

#15 Filipe TOLEDO – BALI #13 – ASP #13

Treizième place décevante pour le Brésilien volant sur lequel beaucoup avaient parié. En tant que regular foot, il était plutôt favorisé contrairement à ses compatriotes Medina et Pupo et est parti en roue totale durant son premier tour victorieux, voulant trop en faire sur des airs trop compliqués, Filipe finalement pris la décision de tenter un truc plus “simple” (pour lui, pas pour le reste du monde) avec un combo ultra technique slob puis frontside grab (parce que oui, un indy c’est FORCÉMENT backside). Tout s’est par contre joué dans les tubes dans son Tour 3 contre Kerrzy, et malheureusement Filipe était en manque de veine dans son choix de vague (scorant d’ailleurs son heat le plus bas depuis le début de saison), opposé à Josh, véritable aimant à bombes dans cette série que nous aurions adoré voir se dérouler dans les conditions idéales de marée et de vent pour une joute aérienne. Voyons s’il peut augmenter son niveau sur Teahupoo contre la double menace des rookies Nat & Seabass.

Au fur et à mesure des étapes, l’écart se creuse entre Toledo et Young & Zietz dans le course pour le titre de Rookie of the Year. Photo: ASP

#14 Gabriel MEDINA – BALI #13 – ASP #16

Trois 13ème places, une dernière et une 3ème. Incohérence, irrégularité sont les adjectifs idoines quand il s’agit de décrire la saison de Gabe jusqu’ici.
Totalement à la rue lors du tour 1, il a englouti 12 vagues avec manifestement aucune véritable stratégie et surfait comme s’il avait déjà perdu. Son deuxième Rd2 contre Cardoso montrait quelques signes réconfortants: dominateur, intelligent, en adéquation avec toutes les sections, avant d’être démembré à nouveau par Michel dans le Rd3 avec un surf velléitaire, timide, inégal …
Déception, colère, frustration, échec, l’humilité … tant de choses que l’enfant est forcé d’apprendre alors qu’il est traverse en ce moment toutes les couleurs puantes de l’arc en ciel de la loose. La chose la plus difficile pour un jeune prodige est de faire face à l’échec, accepter qu’il puisse faire des erreurs, et d’être en mesure d’y répondre de manière productive, sans blâmer personne d’autre que lui-même. Et comme si ce n’était déjà pas suffisamment compliqué pour Gabriel, il doit également faire face à ses parents, sa famille et tout l’entourage qu’il traîne avec lui, qui vit et subsiste exclusivement de ​​ses résultats … c’est une pression inhumaine pour un ado qui n’a pas encore 20 ans, et le burn-out semble tout proche…
La meilleure chose serait peut-être pour lui de revenir à mettre des grands combos à tout le monde sur des Primes, retrouver sa “zone”, recréer ses conditions de performance, et surtout d’essayer d’aller à une ou deux épreuves sans toute cette catastrophique caravane parasitaire de performance, qui ne fait que catalyser chacun de ses faux pas en catastrophe nucléaire.

Medina semble perdu et la fessée prise au 3e tour face à Michel va peut-être le remettre dans le droit chemin…Photo: ASP

#13 C.J HOBGOOD – BALI 5th – ASP #9

CJ a obtenu une excellente 5e place avec un surf pas excellent. C’est alors que l’expérience entre en jeu. Gestion de série intelligente, choix de vague impeccable, surf propre, net avec beaucoup de rebond hors de ses turns, le champion du monde 2001 a passé ses tours plutôt discrètement, et comme à Fidji était le dernier goofy debout. CJ a montré tout le monde comment le travail doit être fait, en projetant intelligemment beaucoup plus de spray dans ses manœuvres qu’elles n’auraient du en produire, il a eu quelques manoeuvres incroyables (ses blowtails avec l’appui sur l’avant bras sont hallucinants) et réussissait à gagner en vitesse et rythme après chaque manoeuvre dans son heat contre Kelly (même si son 8pts était certainement généreux, on ne va pas s’en plaindre si c’est pour une fois contre et pas pour Slater). Avec 3 résultats dans le top 9 à la mi-saison, CJ est déjà quasi sûr de se requalifier pour 2014 et pourrait même viser un cinquième classement final dans le Top 10 en 15 ans sur le WCT s’il peut gagner à nouveau Teahupoo et surfer avec sa forme actuelle sur des Hossegor, Supertubos et Pipelines bien creux.

Plus c’est rare, plus ça fait depuis…CJ rayonnant après avoir battu le King. Photo: ASP

#12 Adriano DE SOUZA – BALI #9th – ASP #7

Après une 25ème place désastreuse à Fidji, l’ancien leader du classement était prêt à revenir dans la course au titre, passant (comme d’habitude) deux semaines à se chauffer sur Keramas avant l’événement, avec d’excellentes planches et une préparation solide, Adriano semblait à certains moments surexcité, allant parfois si vite qu’il devait se ralentir bien maladroitement pour retrouver calme et concentration sur les vagues, ajustant frénétiquement ses trajectoires sur la vague pour finalement frapper les sections hors tempo. Pas de lien, pas de rythme, son surf était chaotique, bien que parfois brillant (son tube + énorme carve du Rd4 était génial et aurait été un 16 pour Parko). Il termine au 9e rang après une performance inégale, se réveillant trop tard contre un Nat Young plus affûté, même avec un 9,27 pts (bien trop haut !!). Virtuellement 5ème du classement sans ses deux plus mauvais résultats, s’il veut rester en lice pour le titre, DE SOUZA ne peut se permettre plus qu’une 5ème place à partir de maintenant …

#11 Taj BURROW – BALI #5th – ASP #5

Il est impossible de détester Taj: il est extrêmement complet, connaît et domine toutes les vagues sur le Tour, maîtrise tout le répertoire, et est toujours d’humeur joviale et plus stoked qu’un grommet.
Une connaissance solide de Keramas l’a guidé tranquillement sur la plupart des meilleures vagues dans chacune de ses séries, optimisant son tubetime et restant incroyablement rapide et précis dans les compressions/relâchement de ses cutbacks géants. Arrêté par Parko dans une série boiteuse avec une terrible combinaison de mauvaise marée + houle pas encore arrivée, TB enchaîne tout de même son cinquième résultat dans le Top 9 depuis le début de la saison.
Là où il est intéressant de porter son attention sur le profil de Taj est que, bien qu’il soit en ce moment assis sur la cinquième place du WCT, sa moyenne de série est en baisse constante au fil des saisons, passant d’un bon 15 en 2007 à un timide 13 points en 2013, soit d’une excellence régulière à des scores qui se rapprochent dangereusement du “tout juste bien”. Son surf a toujours des étincelles, mais tend à s’estomper avec le temps, par rapport à la nouvelle garde, aux scores souvent élevés, mais pêchant encore par manque de régularité.
TB atteint la 5ème place à Bali avec une bien mauvaise moyenne de 12,68 pts, ce qui prouve deux choses: 1) il s’appuie davantage (lui aussi) sur son expérience sur le Tour et ses compétences en série que sur ses simples scores. 2) Avec des moyennes de séries si basses, c’est une bonne chose qu’il puisse encore bénéficier d’un bon seeding, car il se ferait expulser bien plus tôt s’il avait à faire à des John John ou Seabass dès le début.

# 10 Julian WILSON – BALI #5th – ASP #11

Ne vous êtes-vous jamais demandé si il y avait rien de plus dans la vie, que d’être vraiment, vraiment, ridiculement beau? Tout comme Derek Zoolander, Julian a trouvé sa voie et l’a confirmé avec panache à Bali. Une cinquième place qui aurait pu être une 1ère pour Julian, empochant son meilleur résultat depuis Snapper. Visiblement confiant sur ce spot où il a passé tant de temps à filmer ses séquences vidéo, Julian – tout comme sur la GoldCoast – n’y avait pas à se soucier de son plus gros défaut: son choix de vague, tant la vague de Keramas est proche de la perfection mécanique. 15,27 pts de moyenne en série est l’inutile confirmation du potentiel incroyable de Julian, quand ses planètes s’alignent. Puissance du surf, tubes, et bien sûr tout son répertoire fantaisiste de figures aériennes, J-Dub est de loin l’un des surfeurs aériens les plus technique et élégant, surtout quand il s’agit de grabber, et il a su en faire profiter les spectateurs tout au long de l’événement, retardant son atterrissage pour prendre plus le temps de tweaker ses airs. Termine son parcours en quarts contre son antonyme physique et co-équipier chez Hurley, pourtant avec deux vagues vraiment, vraiment, ridiculement belles. Espérons qu’il puisse confirmer à Teahupoo avant trois étapes qu’il connaît et où il a déjà connu de bons résultats: Trestles (3e), Hossegor (2e), et Supertubos (1er).

Gueule d’ange et air divin, Julian aurait pu gagné sur l’île des Dieux. Photo: ASP

#9 Josh KERR – BALI #3rd – ASP #9

Performance attendue et méritée de Kerrzy, qui aura pu exposer sur Keramas tout l’ensemble de son répertoire, de la technicité de ses airs à son aisance dans le tube. Dominant sur tous les aspects, il était sur les meilleures vagues, faisait les meilleurs choix et en dessinait sur chaque section les meilleures trajectoires. Son tableau de chasse parle pour lui-même: Dusty, Toledo, Kelly, John John, CJ .. avant d’être arrêté par le futur “vainqueur” Parko en demi-finale. Josh aura surfé une excellente compétition, montrant un bon élan à l’approche de Teahupoo et pouvant raisonnablement viser un potentiel top 5 à la fin de l’année. Son heat du Rd4 contre JJF et Kelly était une simple piqûre de rappel sur combien le CT peut être excitant quand il est avec les bonnes personnes au bon endroit, et à quel point Josh est incroyable (8,67 – 9,17 – 9,67 – 9,5 – 10 dans cette série) Par ailleurs, il pourrait être bon pour les juges de commencer à utiliser le replay correctement et comparer le 10 du Rd4 contre celui de Parko …

#8 NAT YOUNG – BALI 3rd – ASP #6

… et le rookie continue à monter en puissance. 15,99 moyenne de série à Bali pour une 3e place. Quelle que soit l’étape, le Californien reste cool, calme et concentré, utilisant son exceptionnelle forme physique et ses core muscles (muscles profonds) pour un surf backside toujours plus mécanique et agressif.
Son style n’est peut être pas le meilleur, mais c’est intelligent, efficace, et surtout excessivement rapide dans ses capacités d’adaptation. Faceturns ou tubes, frontside ou backside, le rookie a tout pour plaire (bon ok, peut être pas le physique, mais on avait dit pas le physique), jamais en survissage dans ses rotations, il sait doser et mettre la quantité exacte nécessaire pour frapper avec puissance sans perdre le contrôle, lui donnant une confiance irréelle à un si jeune âge et lui permettant de maintenir avec autorité sa 6ème place depuis le début de la saison.
Dans son match retour de la finale de Bells contre DE SOUZA, il reste confiant et intelligent quand le Brésilien semble perdu et à l’arrache, et le jeune local de Santa Cruz de tranquillement éjecter l’un des concurrents les plus redoutés du Tour sans sourciller. Comme dit dès Snapper, Nat est là pour rester.

Il fait partie avec Zietz des deux nouveaux à avoir un impact sur le tour, et notamment backside pour Nat. Photo: ASP

#7 Joel PARKINSON – BALI #1st – ASP #3

J’ai déjà écrit à ce sujet dans l’intro et le reste du monde également donc je ne vais pas perdre trop de mon temps inutile sur le fait que Parko ne méritait pas certains de ses scores et n’avait donc logiquement pas sa place en finale. Au lieu de cela, je vais juste copier et coller une définition du dictionnaire, que je trouve appropriée:

“Perfection”: nom. La condition, l’état ou la qualité d’être libre de tous défauts ou vices.

… donc, si je comprends bien, peu importe la beauté du tube, si on se rétame sur un simple cutback juste après, c’est un défaut, un vice et de sorte ne peut être la perfection. Pas de “perfect 10″ alors. Simple comme bonjour…

Pour ce qui est de sa sélection de vague, ses qualités de tuberider, et le drive qu’il avait dans ses turns, Parko a surfé avec brio, c’est une évidence; mais c’est juste irritant d’entendre dire: «J’ai vraiment aimé le second 10 plus que le premier, et puis si JJF avait posé son backflip, et bien j’aurais aimé ce 10 encore plus… ” SÉRIEUSEMENT ? Qu’est devenue la p*tain d’échelle de scores ?! À nouveau une très mauvaise blague de la Tour… et c’est le second 10 surévalué pour Parko cette saison après la bouffonnerie de Bells …bien joué l’ASP.
La seule fois où Parko a semblé se mettre au travail était en finale et il l’a remportée sans démériter, bien aidé par les quelques fautes de Michel. Ce qui est frustrant est la redite des erreurs encore fraîches et le fait qu’au bout du compte, il n’aurait pas du passer son tour et n’avait donc tout simplement pas sa place dans le dernier carré.

#6 Michel BOUREZ – BALI #2nd – ASP #8

Avec 16,20 pts de moyenne par série (2e meilleure après JJF) Michel a écrasé tous ses tours et aurait pu à juste titre remporter l’épreuve n’eusse-t-il pas commis quelques erreurs dans sa toute première -et tant attendue- finale de WCT. Certains diront (enfin, au moins moi) qu’il méritait plus que 0.47pts de différence avec Parko sur sa première vague, mais de toute façon il aura toujours laissé l’Australien s’échapper sur cet inside qui lui coûtera le trophée, donc dans un sens le résultat de la finale a du sens (à peu près).
Tout comme sur Snapper où il avait fini 3ème ou comme Jordy à Rio, Michel était ultra-confiant, ne laissant strictement aucun doute sur la solide réception de chacun de ses turns meurtriers. Toujours dans le rythme, excellente lecture et écriture des trajectoires, Michel aura impressionné par son contrôle dans le contraste délicat entre ses phases ascendantes ultra légères et la puissance monstrueuse libérée lors de l’impact sur la lèvre, le mur où tout ce qui avait le malheur de se trouver sur son passage. Qu’il est bon de revoir un power surfer pur tel que Michel obtenir pareil résultat. Imperial dans son choix de vague, dominant dans le tube, Michel s’est amélioré dans la respiration de son surf, enfin capable de ne plus surfer à l’aveugle et prendre cette micro-respiration un peu avant son turn afin de mieux ajuster sa trajectoire, et tourner plus intelligemment sur ​​le rail de sa planche avec beaucoup plus de contrôle et de finesse.
Espérons que Michel puisse ramener cette bonne forme à la maison, la nourrir et la conserver en attendant la prochaine épreuve dans son jardin, prouvant qu’il peut être le mélange moderne de Taylor Knox, Luke Egan et Occy, agrémenté d’une rafraîchissante saveur newschool. #gomichel

Ultra complet surpuissant, c’est une petite erreur tactique sur la dernière marche qui empêche Michel de remporter sa première compétition du World Tour. Photo: ASP

 

La hiérachie de Bali part#1La hiérachie de Bali part #3

Share

Newsletter: termes et conditions

Merci de renseigner votre e-mail de manière à vous tenir informé de toutes les news, articles, nos dernières offres. Si vous n'êtes plus intéressé vous pouvez renoncer à tout moment. Nous ne vendrons jamais vos données personnelles et vous ne recevrez que nos messages et ceux de nos partenaires qui sont susceptibles de vous intéresser.

Read our full Privacy Policy as well as Terms & Conditions.

production