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Opinion

La Hiérarchie du World Tour

Malgré tout l’engouement voué au spot, Trestles aura montré un visage plutôt capricieux cette année, entre brume, marée et conditions à la limite des minima de compétition.
Du beau spectacle cependant, guidé par un panel de juges qui ont mis la barre très haut pour des conditions si ras-du-plancher: les bons scores ne tomberont pas sur des vagues à une manoeuvre, les surfeurs devront prouver qu’ils peuvent tout faire, malgré les conditions. Un choix aussi risqué que judicieux de la part des juges, qui, ce faisant, ont certainement réussi à redéfinir ce qu’est le surf de haut niveau dans les conditions minimalistes. Pas de one trick pony donc, la jurisprudence Jadson André est devenue caduque, les surfeurs doivent travailler pour leurs scores.
À ce jeu compliqué, 50% du Top 8 se fait surprendre au premier tour, mais dispose rapidement des wildcards et alternates sans soucis au second tour. Signalons le placement produit très discret de la part de Hurley, avec 36% de Team riders dans le Top 36…jusqu’à quand ?
Bon casting par contre pour l’excellente websérie “21 Days” de Red Bull, qui place ses deux protagonistes en finale.
Une épreuve véritablement intéressante donc, autant dans l’intérêt technique pur de voir l’élite mondiale étirer l’espace et meurtrir des vagues aux limites du surfable, que sur l’aspect de la course au titre, qui semble se destiner à un finish dramatique sur Hawaii.

Bonne lecture et comme d’habitude, ce classement est parfaitement arbitraire et largement biaisé donc n’hésitez pas à diffuser, laisser vos commentaires ou insultes.

Bonne lecture

Vico

Elvis is not dead…KP. Photo: ASP

#31 Kieren PERROW – Trestles #25 – ASP #34:

Voir Kieren PERROW surfer Trestles est à peu près aussi haletant qu’une course poursuite dans Louis la Brocante. Plus de 70% de dernière place depuis le début de saison (le reste étant deux avant-dernières sur ses “points forts” des vagues de reef…) et une moyenne générale pour 2013 des plus modestes… Il est grand temps pour Kieren de raccrocher, et personne ne lui reprocherait s’il voulait partir en pleine saison. Surf parfois si neurasthénique qu’il en devient pénible à supporter, approximatif et ampoulé, sans parler du manque flagrant de lien entre ses manoeuvres, de ses réceptions de floaters plus que douteuses, de ses mouvements de bras nous rappelant étrangement cette vidéo d’un allemand poursuivi par des abeilles, et sans appuyer sur la laideur unique de son layback. Pourquoi ne pas être parti à la retraite après son titre de Pipe Master ? Kieren est en train de faire son Elvis en 1977, refusant de quitter la scène au bon moment, et ternissant à chacune de ses apparitions une pourtant très honorable carrière.

#30 Bede DURBIDGE – Trestles #13 – ASP #21:

11,17 points de moyenne par série, pire total de toutes les 13èmes places. Pas suffisant, Bede. Mou, ennuyeux, bien trop de pivots: à l’exception d’une vague, tous ses (moyens à mauvais) scores lui ont été donnés sur son backside mécanique. Peu de variété, de lâchage de tail ou d’étincelle quelconque; ce qui était considéré il y a encore peu comme “surf de compétition solide” atteint désormais difficilement la moyenne. Comme dit plus tôt dans l’année, il est grand temps d’épicer un peu son répertoire car Bede dégringole vite dans les deux classements et il va réaliser peut-être un peu tard que son titre de Vice Champion et ses finishes dans le Top 5 à la fin de la précédente décennie sont bien, bien loin…

#29 Raoni MONTEIRO – Trestles #25 – ASP #31:

Rapide à la montée..mais tellement lent à la redescente. Perdait beaucoup trop de vitesse en poussant trop fort sur les mauvaises sections, certainement car Raoni a trop faim et besoin d’un bon résultat. Parfois dans ce genre de situation le plus dur à faire est de canaliser énergie et frustration et les guider avec modération sur une seule et même section de la vague…Parfois la ténacité vous donne ce petit plus de confiance et vous aide à plaquer des manoeuvres normalement irréalisables, par la seule force de la volonté; mais cette année les vagues étaient simplement trop faibles pour faire face la détermination brute de Raoni.

La fête est presque finie pour Wilko…Photo: ASP

#28 Matt WILKINSON – Trestles #25 – ASP #22 :

Cette année à Trestles, Wilko sera tombé sur absolument toutes ses vagues sauf une (!) et aura scoré une moyenne insultante de 10,68pts. Quand on connaît son potentiel incroyable et sa polyvalence, on ne peut s’empêcher d’être partagé: d’un côté il chute avec une régularité alarmante sur les classements et semble ne rien vouloir changer à sa formule perdante, de l’autre on a juste envie de lui beugler dans l’oreille de finalement se bouger le c*l et de se concentrer enfin à 100%, car quelque soit le visage qu’il affiche au public, il ne peut pas être satisfait avec 6 mauvais résultats consécutifs et seulement un seul de bon (lors du premier WCT à Snapper il y a plus de 6 mois), flottant à vive allure vers une disqualification, tout ça car il ne se donne pas les moyens de réaliser ce qui est pourtant à portée de bras. Potentiel top 10 non accompli.

#27 Damien HOBGOOD – Trestles #25 – ASP #26:

Techniquement parlant on ne peut rien reprocher au surf de Damo: il tape toujours la bonne section, constamment en contrôle durant toute la manoeuvre, juste pour relâcher la dose exacte de pression afin d’ajouter un peu de spectacle, sans pour autant perdre le contrôle. Il peut parfois paraître moins radical, vertical, un poil plus lent mais rares sont ses moments de faiblesse, un double appui, une erreur de trajectoires…rien à redire donc, si ce n’est qu’il aura souffert de la comparaison avec les autres goofies (Freddie P, Miguel, Kai), plus rapides et spectaculaires, dans les meilleures vagues des séries précédent la sienne contre le toujours très laborieux Bede, dans une série sans vagues. Malchanceux tout au long de l’année, au fond du seau sur les deux classements, espérons seulement que l’ASP saura lui offrir une belle fête pour son départ à la retraite.

Il faut toujours se méfier d’un Travis Backside en mode coupeur de têtes. Photo: ASP

#26 Travis LOGIE – Trestles #5 – ASP #19:

Sans surprise, le super-compact Travis (attention j’ai pas dit nain) aura fait des dégâts sur un Trestles lilliputien. Exactement comme à Snapper, ses hooks backside sont restés incomparables, créant par là même sa propre échelle de notation quand il s’agit de meurtrir une vague de dos. De très loin l’un des surfers les plus techniques et au couple de rotation le plus efficace du Tour, sa gestion des transferts d’appuis et de relâche du tail et/ou rail sont débiles, laissant tout le monde 2 points derrière. Belle démonstration donc, mais pas encore suffisant pour être sauf. Il lui faudra retrouver et lâcher à nouveau la -petite- bête qui sommeille en lui et qui l’avait aider à se qualifier à Teahupoo il y a quelques saisons, s’il veut rester à l’écart de la bulle de qualification lors de ces trois ultimes étapes à tube.

#25 Patrick GUDAUSKAS – Trestles #5 – ASP #28:

Une fois tous les 47 compétitions sur le WCT, Patrick Gudauskas choisi de surfer correctement, et franchement ça fait du bien. Le toujours très souriant (ou seraient-ce ses dents anormalement longues ?) s’est enfin mis sur les bons rails, et, devant une foule locale en délire, a abattu de grands noms (même un chauve avec un nom de meuf), juste en surfant intelligemment, usant de sa connaissance viscérale du spot pour choisir les meilleures vagues patiemment, et faisant preuve de sang froid et d’une véritable volonté de gagner, marquant sa domination avec poigne, plutôt que de se rassurer durant les interviews de fin de série avec un habituel “Je suis toujours content malgré cette cinquante neuvième dernière place d’affilée…” Pat G a sa place sur le Tour, et ce serait formidable de le retrouver en 2014, seulement s’il choisi d’entrer dans chaque série comme un gladiateur, et non plus comme un ado toujours content que même les juges n’ont aucun cas de conscience à envoyer bouler.

#24 Miguel PUPO – Trestles #25 – ASP #26:

Et encore un résultat moisi pour Miguie, série noire pour pareil talent. Disposant d’une des entrées en vague les plus rapides, le air game de Pupo et son pop hors du commun étaient aussi spectaculaires et excitants qu’ils furent sous-évalués lors de son Rd2 contre Freddie P. Ses air reverses étaient désastreusement hauts, mais semble-t-il ne tenaient pas la distance contre le power surfing de l’hawaiien. Placé vers la cinquantaine sur le WQS et loin derrière la bulle sur le WCT, perdre sur son spot favori du Tour n’était certainement pas dans ses plans. Avec 3 Primes et 3 WCT restant cette saison, Miguel n’a absolument plus le droit à l’erreur, nulle part.

#23 Freddie PATACCHIA – Trestles #13 – ASP #19:

De très loin le plus en forme qu’il ne l’ait jamais été, Freddie P aura eu une compétition irrégulière sur Trestles, surfant très moyennement sur ses premier et troisième tours, son haut-fait restant son Rd2 contre Pupo où il aura surfé le mieux depuis…ben toujours. Puissance, rythme, contrôle, Freddie paraissait 10 ans plus jeune, prêt à démontrer qu’il avait toujours sa place sur le Tour. Avec trois étapes tubulaires pour clore cette saison, on peut parier que le bon vieux Freddie (Ciel, il a 32 ans !) répondra toujours présent pour insulter généreusement les juges et démontrer que les bases du surf (power turns et tubes) sont et resteront toujours d’actualité.

Gaby encore en panne et à la peine sur une épreuve qui lui réussi normalement bien. Photo: ASP

#22 Gabriel MEDINA – Trestles #13 – ASP #18:

Cinq avant-dernières, une dernière, une troisième place. C’est effectivement une saison bien immonde pour celui qui s’amusait dans le Top 7 l’an dernier. Toujours une très bonne moyenne de série (15,41pts), mais hélas, “très bien” n’est pas “excellent” en compétition aujourd’hui (en tous cas, pour lui, ne l’est plus). Autant la gauche de Trestles semble être taillée sur mesure pour son surf frontside aérien et puissant, autant son surf backside sur les droites n’était pas aussi agressif que celui de Freddie P., avait moins de drive que celui de Nat ou de C.J, et il était certainement plus en pivot sur le pied arrière que quiconque. Il n’aurait vraiment pas du essayer de rivaliser avec C.J sur les turns backside et le flow. Sans aucun doute en plein passage à vide dans ce qui doit être le moment le plus compliqué de sa jeune carrière, Gabriel doit revenir à ce qui le faisait avancer les précédentes saisons: confiance, domination, égo hypertrophié, passion et FUN dans son surf, car s’il y a une chose de sûre, c’est que le gamin n’a jamais eu à (et donc ne peut savoir le faire) gérer le doute, l’incertitude, l’échec.

#21 Adam MELLING – Trestles #5 – ASP #23:

Enfin un bon résultat pour Mello, qui comme à son habitude commence à se réveiller en seconde partie de saison. Après une excellent seconde place aux Açores, il semble avoir repris confiance et régularité qui devraient toujours le maintenir dans le Top 15. Toujours un long chemin à accomplir, mais Adam est déjà -presque- requalifié via le QS, ce qui le soulagera grandement de toute pression parasitaire, ainsi devrait-il donc passer plus de tours sur le CT. Comme toujours, excellence dans le choix de ses trajectoires, bien plus actif dans ses séries et a fait moins d’erreurs dans sa sélection de vagues, bien qu’il réussisse toujours à se planter de temps à autres après une excellente manoeuvre. Si seulement Mello avait surfé avec régularité à au moins 50% de son potentiel depuis le début de saison, il montrerait sa grosse tête cubique un peu plus souvent sur les phases finales…aaaaah irrégularité, quand tu nous tiens !

#20 Adrian BUCHAN – Trestles #25 – ASP #13

Ace se viande mollement sur Trestles après sa dynamique victoire sur Tahiti, et entame donc son troisième cycle de trinité pour 2013: une dernière place, une moyenne, puis une bonne. Si la logique se réalise, il devrait donc mieux faire sur Hossegor avant une vraie bonne perf sur Peniche. Cette dernière place sur Trestles, spot qui lui a souvent souri (sa dernière contre perf remonte à 2008), confirme qu’il n’est jamais évident de rebondir d’une victoire sans faire d’erreur. Un surf en manque d’inspiration, répétitif et pesant, manquant de la précision et du tranchant habituellement propres à son surf backside. Une troisième 25ème place qui rentrera donc dans son total de fin de saison et qui risque de le pousser bien loin de son meilleur finish de 6ème en 2008.

#19 Brett SIMPSON – Trestles #13 – ASP #24:

Après un premier semestre calamiteux, et une grosse déception sur son épreuve fétiche de l’US Open, Simpo, futur papa dans 1 mois, semble avoir changé ses priorités, se prend moins la tête sur le surf, et m’avouait aux Açores qu’il n’avait pas aussi bien surfé en série depuis très -trop- longtemps. Il a donc ramené ce nouvel élan en Californie, retrouvant son surf précis, polyvalent et intelligent, remportant deux excellentes séries avant de se faire à nouveau éjecter, mais cette fois-ci non pas à cause de son surf, mais car l’océan avait choisi de devenir tellement plat que les vagues en étaient devenues concaves. Assis bien trop près de la bulle de qualification sur le WQS et englué dans les douves du WCT, Simpo devra miser sur au moins 2 excellentes performances sur les Prime et CT avant la fin de saison s’il veut répondre présent en 2014. Avec un premier bébé en plein milieu de ces épreuves, des prises de décision vont s’imposer rapidement.

Victime…de l’inconsistance de Lowers. Photo: ASP

#18 Jeremy FLORES – Trestles #13 – ASP #14:

Résultat décevant pour Jeremy sur une épreuve qui lui réussit pourtant habituellement bien. Après un premier tour où il essayait parfois trop fort, perdant contrôle, vitesse et rebond en contraste avec la précision chirurgicale et le relâchement de Melling; il revenait plus en contrôle et en rythme au Rd2, dominant et avec des trajectoires top-to-bottom bien plus sûres. Contre Kai Otton il est hyperactif, surfe avec passion et bien plus d’amplitude que l’australien, qui domine cependant sur la sélection des meilleures vagues et profite d’une erreur stratégique du Réunionnais et d’une énième accalmie pour s’envoler vers le Rd4. Un surf plus puissant, pas forcément plus fluide ni lié, mais bien plus agressif traduisent peut être un relent de motivation pour Jérémy à l’approche de la manche Européenne.

#17 Alejo MUNIZ – Trestles #13 – ASP #29:

Porté par deux superbes résultats sur les derniers Prime, Alejo, déjà qualifié pour 2014, a connu une excellente compétition sur Trestles, (malgré une avant dernière place) y postant sa meilleure moyenne de série de la saison (15,46pts). Il surfait avec panache, variété, vitesse et un rythme et des trajectoires top-to-bottom flirtant dangereusement avec l’excellence. Son stance, un peu plus étroit depuis que sa jambe est guérie, le rend plus agréable à voir évoluer. Superbe dynamique dans les relâchements de tail, aussi serré et carré dans son surf de dos que solide, ample et puissant sur le rail sur les droites, Alejo avait tout pour réussir si ce n’est son incapacité régulière à finir ses vagues sans tomber. Maintenant libéré de la pression de la qualification, il y a de grandes chances pour qu’Alejo se lâche un peu et grimpe quelques places au classement dans ces prochains mois.

#16 Kai OTTON – Trestles #5 – ASP #12:

Trois bons résultats depuis le début de saison et un Top 12 mérité pour l’un des plus discrets, mais dangereux techniciens du Tour. Rapide, précis, vertical, ajoutant un zest de variété dans ces conditions infâmes, Kai a besogné son passage vers les Quarts avec une moyenne vraiment basse de 12,41pts, prouvant que peu importent les conditions, la concurrence ou le spot; du sang froid, une bonne maîtrise des séries et un surf simple, propre et solide peuvent vous mener tranquillement vers le sommet, montrant si besoin est que tout est accessible pour les futures générations de surfers de compétition. Sans oublier que ça coupe de cheveux est vraiment cool.

#15 Kolohe ANDINO – Trestles #13 – ASP #24 :

Sans surprise, le local hero aura choisi les meilleures vagues, élevé ses scores (15, 33pts de moyenne, soit 4 points de plus que ça moyenne de la saison 2011) aura réussi à se créer de l’élan, montrant un excellent rythme sur son surf backside. Kolohe a su gérer ses séries intelligemment, ne gâchait pour une fois pas trop d’espace sur ses frontside blowtails, et mélangeait la juste dose de surf classique et progressif pour plaire aux juges, témoignant de la maturité de son évolution. Malheureusement il se saborde en commettant d’étranges erreurs contre Taj au Rd3. Bien évidemment il cherchait un bon résultat à la maison pour booster sa confiance et éventuellement se requalifier via le CT, mais c’est déjà une bonne expérience de plus pour Brother, qui de toute façon avec ses deux récentes performances sur le Prime tour, est déjà assuré de son ticket pour 2014.

#14 Filipe TOLEDO – Trestles #13 – ASP #17 :

Mauvais résultat pour Filipe, qui voulait forcément mieux qu’une treizième place, étant le surfer du Tour le plus technique dans les airs dans ces vagues ridiculement petites et molles du skate park de Trestles. Il aura pourtant obtenu son meilleur score (8,83) sans jamais quitter la vague, du pur surf sur le mur, point de air, et aura tout fait comme il faut, surfé intelligemment, sans aucune erreur. Il a juste souffert de la comparaison avec les combinaisons de manoeuvres plus amples, plus puissantes de Julian. Aucune honte à perdre contre le meilleur surfer de la compétition. Déjà qualifié pour 2014, il faut juste laisser à Filipe le temps de mettre un peu plus de poids sur sa planche, d’agrandir un peu ses lignes et envoyer plus de spray, afin que les juges scorent ses manoeuvres déjà adultes moins comme celles d’une super star du bac à sable des juniors.

#13 Sebastian ZIETZ – Trestles #13 – ASP #16:

Perd contre Michel pour deux dixièmes de point, dans du 60cm pourri par la marée et le vent défavorables. Rageant. Dans certaines des pires conditions il paraissait rapide et solide, trouvant rebond et puissance dans les sections les plus molles et y ajoutait un peu de panache, de spray, de tweak pour obtenir les points dont il avait besoin. Il était juste un peu moins expérimenté, patient et puissant que Michel, et débarque donc sur la manche Européenne avec une nouvelle treizième place au compteur. Avec trois étapes correspondant parfaitement à son surf, Seabass est toujours bien dans la course pour le titre de Rookie of the Year.

Rookie of the Year cela paye plus? Nat Young; Photo: ASP

#12 Nat YOUNG – Trestles #13 – ASP #10:

Un bon air l’aura propulsé du Rd1 au Rd3. Mais n’ayant pas surfé le spot dans les conditions changeantes et décroissantes pour trop longtemps, il arrivait au Tour 3 visiblement hors tempo comparé à Travis. Dans du 60cm, il n’y avait de toute façon aucune chance qu’un goofy, aussi technique soit Nat, surfe avec autant de précison, de force et puisse hooker ses turns aussi bien que Travis (9,43 sur sa droite). Toujours beaucoup de temps à Nat pour apprendre, il ne pouvait juste pas rivaliser avec la gestion de série de Travis et se fait donc éjecter par plus expérimenté que lui (Travis rentrait dans le WCT quand Nat avait encore 13 ans). Erreur de débutant de ne pas se méfier de Travis, mais bon, qui n’a jamais fait cette erreur ?

#11 Adriano DE SOUZA – Trestles #9 – ASP #8:

Sur Trestles, Adriano a montré une certaine amélioration de sa liaison entre les manoeuvres et de sa puissance, occupant plus de l’ensemble de la face de la vague et poussant plus fort durant tout le turn, rebondissant avec facilité et renforçant ainsi son élan durant toute la vague, trouvant des sections et des tremplins (pas des pops) adéquats. Son rapport puissance de la manoeuvre / puissance de la vague était la plupart du temps idéal, mais même si parfois il poussait un peu trop, essayait un peu trop fort, il était toujours été assez intelligent pour se remettre rapidement dans le rythme et terminer ses vagues. Encore un peu juste sur ses scores (moyenne de 14,86), il a été trop souvent incapable de trouver l’excellence (sauf au Rd2). Une 9ème place est toujours mieux que ses récents fiascos, mais toujours est-il que 2013 ne sera certainement pas l’année de son sacre.

#10 CJ HOBGOOD – Trestles #9 – ASP #9:

Une autre solide performance pour CJ, véritablement sur ​​une bonne lancée cette saison. Toujours plus tonique et incisif, il élève constamment son niveau dans ses séries selon son adversaire, rendant coup pour coup, mais en y ajoutant cette inestimable dose d’expérience et de vista, saupoudrant ça et là quelques parcimonieuses manœuvres progressives à son surf, déjà l’un des plus techniques du Tour. Toujours sur les meilleures options, extrêmement précis sur le positionnement de son corps et la façon dont il choisit de placer sa planche sur les différentes sections, avec plus de flow et de facilité que la plupart de cette agaçante nouvelle génération. Ne serai pas surpris par une finale avant la fin de la saison, sur un Prime ou un WCT. CJ jouit actuellement d’une telle inébranlable confiance qu’il doit se lever le matin et joyeusement pisser l’excellence, et ceci, mesdames et messieurs, ça n’a pas de prix.

John sans conviction à Trestles. Photo: ASP

#9 John John FLORENCE – Trestles #25 – ASP #15

Beaucoup moins de hargne et de dynamisme que Alejo durant leur série, parfois nonchalance et style minimaliste passent pour de la désinvolture quand les conditions se font elles aussi molles, et cette fois Deux-fois John s’est fait surprendre par plus impliqué, plus passionné, et sur les meilleures vagues. Va se rattraper sur les trois épreuves de spéléologie à suivre et finir dans le top 10.

#8 Joel PARKINSON – Trestles #13 -ASP #5:

La seule fois où Parko a surfé comme le Champion du Monde qu’il est fut durant son deuxième tour contre la star locale Ian Crane. Agressif, mais élégant et dans le rythme, il frappait toutes les sections avec le montant exact de puissance, variété et de contrôle. Gros contraste avec ces premier et troisième tours, interprétant maladroitement les conditions et les options à peu près tout le temps, coulant le rail, lent sur les transferts, et souffrant d’une absence inhabituelle de flow et de linking. Il a vraiment foiré son coup dans la course aux points en ne profitant pas de la sortie de Slater plus tôt dans le même tour, mais bon, qui n’aime pas un bon finish rempli de suspense à Hawaii ?

#7 Josh KERR – Trestles #5 – ASP #6

Encore une bonne perf pour Kerrzy, qui n’a pas connu moins qu’un Quart de finales en quatre mois, ce qui, au regard de la variété des conditions qu’il a eues à surfer, atteste de son excellente polyvalence. Confiant dans son choix de planches, contrôle ahurissant de son timing et de ses transferts d’appuis, autant sur la réception de tricks débiles que sur d’éminemment compliqués turns rail-to-tailslide, Josh apparaissait sereinement en contrôle, avançant sans peine dans des tours délicats comme s’il était venu profiter d’une journée à la plage en famille, surfant plusieurs fois. Il est numéro 6 mondial, dispose d’excellentes planches, de solides contrats de sponsoring, voyage avec sa parfaite petite famille et sa femme super hot, pourquoi ne serait-il pas heureux ? Le moins il se prend la tête, le mieux il réussit. Excellente source d’inspiration pour certains des plus malheureux, des plus frustrés surfers du Tour.

Occasion manquée de creuser les écarts pour Mick. Photo: ASP

#6 Mick FANNING – Trestles #9 – ASP #1:

Et Mick retrouve sa première place au classement grâce…à son plus mauvais résultat de la saison. Cela a-t-il du sens ? Non, absolument pas, mais bon, comme à Bells, Parky et Kello se sont viandés plus tôt que lui donc c’est tout bénef’ pour Fanning, bien qu’il est évident qu’il eut préféré gagner cette épreuve pour s’envoler aux points et tenter de remporter sa troisième couronne mondiale avec au moins une victoire. Quoiqu’il en soit, il est en tête, grâce à, comme d’habitude, un surf régulier, cohérent, puissant, contrôlé, rapide, stratégique, une mâchoire superbement triangulaire, blah blah blah…c’est CHIANT ! Mick est une machine de compète, a agit comme un robot et bien sûr il est super fort, mais à la fois super relou car la régularité: c’est pénible. Pas d’étincelles, pas d’épices, juste une gestion parfaite du surf de compétition, redéfinissant pas la même ce qui n’est pas cool avec le bon surf de compétition: à trop suivre cette formule parfaite il s’est transformé en Dolph Lungdren dans le chef d’oeuvre “Universal Soldier”: super efficace, super parfait: super chiant à mourir. Essayons de faire revenir son alter ego fun Eugene avant que Mick implose ou face une overdose de testostérone.

#5 Kelly SLATER – Trestles #13 – ASP #2:

Kelly a mal surfé sur Trestles, avec de mauvais scores -14,4pts – (au moins pour lui, car en dessous de sa moyenne habituelle de 15pts), aura commis un nombre inhabituelle d’erreurs, de trébuchements sur le rail, et fini par se faire prendre par surprise par Pat G, ruinant son début de série et le mettant hors tempo, en extraordinaire position de faiblesse face au feu sacré qui habitait Pat. Nerveux, il aura choisi les pires vagues, et de façon évidente, bien que 6 fois vainqueur de l’étape et Américain lui-même, n’était pour une fois pas le favori de la foule, déjà tout acquis à la cause du héros local. Pas de support du public, faux-départ, enchaînement d’erreurs et de choix de vagues douteux, Kelly avait visiblement besoin de plus de temps dans cette série pour renverser la vapeur et se remettre en selle, et finit avec une seconde 13ème place cette saison, certainement pas le scenario qu’il se dessinait, mais qui risque de le booster pour ces trois dernières épreuves qu’il ne connaît que trop bien.

Rayonnant. Photo: ASP

#4 Taj BURROW – Trestles #1 – ASP #4

Enfin une victoire à Trestles pour Taj. En forme toute la semaine, affichant toujours des scores élevés (15,49 pts de moyenne) et en contrôle dans ses séries, il était assurément en phase avec son équipement, montant en confiance série après série, ce qui l’a aidé à plaquer des turns compliqués à des moments cruciaux sans jamais douter. Puissant sur ​​son surf de face, il produisait plus de vitesse à chacun de ses turns que la plupart des autres surfers, se projetant avec précision dans la seule et unique petite zone de chaque section qui avait effectivement un peu de puissance. Taj savait aussi faire preuve de finesse et de légèreté, juste pour être d’autant plus violent dans la sculpture de ses power turns. Mordant sur son backside, il était suffisemment intelligent pour analyser les séries précédentes et obtenir ainsi le bon équilibre entre puissance et rebond plus que nécessaire sur ces gauches délicates. Une victoire bien préparée, bien documentée, et très intelligente. Désormais, 4e au classement, il peut même avoir une chance au titre s’il a les bonnes planches pour l’Europe et se lâche sur Pipe.

#3 Michel BOUREZ – Trestles #3 – ASP #10

Troisième à Trestles pour la troisième meilleure moyenne de série (15,25) : logique. Nous venons de passer la mi-saison et Michel est déjà dans le Top 10, avec facilité. Il a obtenu ses trois meilleurs résultats de la saison (Snapper, Keramas, Trestles) avec la même formule: confiance, vitesse, contrôle et restant sauvagement puissant, sans pour autant être indécent. La puissance brute de Michel est unique. Unique dans la finesse qu’il a de trouer l’eau à chaque manoeuvre en ressortant avec toujours plus de vitesse, de contrôle, et plus encore toujours le timing et le placement parfaits. Rien à retirer de sa performance à Trestles, éliminé par Julian dans des conditions pour le moins timide, étant un peu plus hors-tempo que l’australien. Devrait finir la saison dans le Top 7 si Hossegor et Peniche produisent des cavernes en droite.

#2 Jordy SMITH – Trestles #3 – ASP #3:

…et peu à peu Jordy monte en puissance. À ce jour, si l’on doit retirer les deux mauvais résultats de chacun (pour lui 13ème à Snapper et Keramas), il est très confortablement installé dans le top 3: 5.000 points derrière Kelly, mais seulement 500 points derrière le numéro un Fanning… Game on ! Incroyablement rapide malgré son gabarit dans ces vagues naines, Jordy ne retenait pas ses manoeuvres, au contraire il poussait, tournait sur tout le rail, enfonçait sa planche et faisait déraper ses dérives, couvrant plus d’espace sur ses vagues que nombre de surfers bien plus légers (i.e: Toledo, Logie…), ce qui rend sa troisième place encore plus impressionnante. Avec une moyenne de 15,03, Jordy était sur toutes les sections, frappant intelligemment la partie juste avant la lèvre pour ne passer au travers et disposer de plus d’appui, produire plus de spray, et relâcher son pied arrière juste au bon moment pour faire le maximum de dégâts en gardant un rebond important pour taper la prochaine section molle là où la plupart avait tendance à s’enliser, incapable de s’adapter à ces sections fourbes. Évidemment sur d’excellentes planches (enfin), en bonne forme mentale et physique, Jordy a besoin de deux finales pour empocher le Titre, ce qui est largement envisageable quand on réalise à quel point son surf est devenu débile, et si vous ne me croyez pas, visionnez sa dernière vidéo “Now Now” complètement déprimante pour le reste de l’humanité.

Un ton au dessus de tout le monde sur Lowers? Julian Wilson. Photo: ASP

#1 Julian WILSON – Trestles #2 – ASP#7:

17,09 points de moyenne sur Trestles. Julian a remporté toutes ses séries (tout comme Jordy et Michel) et a scoré son “pire” total (15,97pts)…en finale. Il n’a pas pour autant “peaké” trop tôt, il a juste été trahi par l’océan dans une finale qui lui était toute acquise. Sans aucun doute le meilleur surfer de l’étape, voire au Monde en ce moment, Julian a tout réalisé à la perfection, gérant ses séries comme un vétéran, carvant comme un powersurfer et volant plus haut et plus technique que les brésiliens sautants. Une performance impressionnante, complète pour Julian, s’adaptant aux conditions compliquées sans mal, faisant preuve de plus d’engagement, de contrôle, de flow, de puissance, de variété et de rythme que n’importe qui, autant sur les droites que sur les gauches. Son rebond et son linking entre les manoeuvres, quoiqu’elles soient, était hallucinant. Julian a été fin stratège dans ses séries, restant actif et concentré, agissant comme s’il perdait. Il n’a jamais abandonné (même contre Toledo et malgré le call douteux de priorité) et ne semblait pas payer attention à ses scores, aussi excellent fussent-ils, ne visant qu’à remplacer un excellent score par un autre tant que le disque n’était pas tourné sur sa tranche. Une compétition remarquable pour un résultat frustrant, un titre en fin de saison est mathématiquement quasi-impossible, mais un Top 5 l’est bien plus, Julian ayant déjà fait second à Hossegor et remporté Peniche.

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