Il y a des parcours singuliers, des carrières qui surprennent encore...surtout à l'heure où l'industrie du surf souffre et où les jeunes surfeurs pro sont plus que jamais formatés. Et il y a quelques années en croisant William Aliotti sur les spots des Landes, je n'aurai probablement pas misé sur cette carrière qu'il est en train de se bâtir. Débarqué de son île de Saint Martin, la tête blonde semblait un peu perdu, à terre comme dans son surf. Style élégant, adroit dans les airs, il était au dessus de la moyenne mais sans vraiment mettre des points d'exclamation dans son surf. Mais en quelques années, William est passé à la vitesse supérieure, il a trouvé de nouveaux ressorts dans son surf et gère aujourd'hui sa carrière de freesurfeur comme il se doit et fait aujourd'hui, presque, figure de miraculé.

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William qu'est ce qui te fait avancer plus vite que les autres aujourd'hui?

Je ne sais pas si je vais plus vite mais en tout cas personnellement j'ai envie d'être de plus en plus pro, d'être de plus en plus sur Internet, d'être de plus en plus vu, de me montrer et de travailler mon image.

Visiblement cela fonctionne, mais tu t'y prends comment exactement?

Il faut être créatif, être à la recherche en permanence, bouger. Là (William regarde une carte météo sur le net) j'observe les swells, je suis prêt à partir demain. Mais j'ai aussi des projets au niveau des compétitions, j'ai envie de faire le WQS, j'ai (re)trouvé goût à la compétition et j'aimerai pouvoir intégrer le top 100 l'année prochaine pour faire les Prime, pour être vu...

Un freesurfeur qui revient à la compétition, tu ne te plantes pas de sens?

Non pas du tout, je me sens bien, j'ai confiance en mon surf et cela ne veut pas dire que je laisse tomber le freesurf. Je connais les inconvénients de la compétition...attendre toute la journée ta série, surfer dans des conditions souvent pourries, soient trop grosses, soit trop petites...mais j'ai envie de me tester et je vais en profiter pour faire des vidéos autour de ces différentes destinations.

William Aliotti | Indonesian Dreaming from Volcom on Vimeo.

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Tu n'hésites pas à 'financer' ton image, tu achètes des photos, tu payes des caméraman...c'est incontournable aujourd'hui?

A la base j'adore la photo et la vidéo...c'est une seconde passion donc j'apprécie les gens qui travaillent bien et quand ils ont des bonnes images de moi je les achète. Je me suis associé au caméraman Ludovic Lasserre pour vraiment monter en gamme, pour être encore plus pro dans les vidéos que je propose. Et je n'hésite pas en trip à confier mon matos à un local sur la plage pour qu'il me filme. Les Balinais, pour 15 dollars, ils te filment toute la journée et ils ne manquent pas une vague...

On voit de plus en plus de mecs sans sponsors en compétition alors dans le monde du freesurf tu fais presque figure de miraculé...comment expliques-tu cela?

J'ai été sponsorisé pour la première fois à l'âge de 17 ans...

je n'ai pas eu de sponsors très tôt et donc je ne considère pas leur soutien comme acquis ou comme un dû.

Aujourd'hui beaucoup de marques me font confiance, notamment Monster Energy (ils ont été les premiers) puis Volcom, Von Zipper, Vans ou Nixon et j'ai beaucoup d'échanges avec elles. Plus jeune, je rêvais de ces marques, je voulais être chez Volcom, je voulais faire partie de cette famille. Tous mes sponsors sont les meilleurs sponsors que l'on peut avoir...

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Tu as énormément progressé ces dernières années aussi, c'est aussi une explication de ce succès?

Le fait de voyager, d'être aller en Indo, à Tahiti, en Russie etc. m'a permis de plus surfer et de connaitre d'autres vagues. J'ai beaucoup bougé et je pense que cela m'a aidé à progresser. Aujourd'hui, quand je regarde mes premières vidéos je vois le chemin parcouru...dans les airs je monte plus haut, mes rotations sont plus rapides. Je travaille aussi beaucoup en trampoline...

Mais aujourd'hui tout le monde sait faire des airs...des airs reverse surtout...

Je sais, c'est pour cela que je m'interdis certains airs maintenant ahahah...l'avenir c'est les airs simples, l'amplitude et d'être en permanence en recherche, essayer de nouveaux trucs, partir sur de nouvelles destinations...d'ailleurs regarde ce swell là...pas de vagues à Hossegor alors je vais bouger!

The West Tip Of Afrika from William Aliotti on Vimeo.