Histoire de boat-trip numéro 1 à Fiji

C’était en 2006, les seins de Lyndie Irons étaient vraiment gros et beaux et ils avaient l’air de gagner en beauté et en qualité au fur et à mesure que le trip avançait. J'avais un feeling avec elle. Nous étions sur un boat trip Red Bull aux Fidjis. Mais pas pour viser la perfection habituelle de Tavarua ni le fun alcoolisé de Namotu, nous étions en train de quadriller les atolls du sud de Fiji, à la recherche de vagues vierges et jamais surfées dans cette série sans fin d’archipels qui parsèment le Pacifique. L’idée qui nous animait était qu’il existait sûrement un deuxième Cloudbreak.

Régularité du Surf : 7  Diversité des Vagues : 4

Climat : 9  Budget : 3  Radicalité : 8

Le bateau était immense, et c’était justifié. Red Bull avait rassemblé un crew de surfers de top niveau, un certain nombre d’exécutifs de chez Red Bull et pléthore de gens des media pour aller avec. Il devait y avoir 30 mecs sur le bateau, parmi lesquels Bruce et Andy Irons, Mick Fanning, Jamie O’Brien et Ian Walsh. Il n’y avait cependant qu’une femme à bord, Lyndie, la femme d’Andy. Et, comme je lai déjà dit plus haut, ses seins étaient vraiment gros et beaux et ils avaient l’air de gagner en beauté et en qualité au fur et à mesure que le trip avançait.

Cependant, cela ne m’a pas empêché d’entamer une relation amicale avec Lyndie. Elle était, comme c’est toujours le cas, sympa, sexy, gentille et drôle. Elle riait à mes blagues et me posait des questions au sujet de ma famille, buvait du vin blanc avec un joli petit sourire et j’essayais désespérément et douloureusement de ne pas regarder ses seins, même si ils étaient pour la plupart du temps simplement couverts par un tout petit morceau de tissu coloré. Cela aidait qu’Andy soit souvent à la table et bien que je n’ai pas appris grand-chose sur l’ensemble de ma carrière de journaliste de surf, j’avais appris que ce n’était pas une bonne idée de regarder les seins de la femme du triple champion du monde alors qu’il était assis en face de moi pendant le dîner.

Un soir, après les six cocktails habituels à base de Red Bull (après 10 jours de recherches, nous n’avions toujours pas trouvé un Canggu d’un mètre, sans parler d’un Cloudbreak de 3 m), Lyndie rigolait haut et fort à mon effort de faire un peu d’esprit. Je n’avais pas regardé ses seins depuis une bonne demi-heure et j’étais assez fier de moi. Andy aussi rigolait, je crois, et c’est à ce moment-là que Lyndie lança : «Hé Andy, il est vraiment marrant ce Ben non ? Il ressemble un peu à Napoleon Dynamite. »  (Héros d’une comédie canadienne sortie en 2004). À présent, tout le monde rigolait, toute la table explosait de rire en me regardant à l’idée de ma ressemblance avec ce personnage de film..

C’est à ce moment-là que Lyndie lança : «Hé Andy, il est vraiment marrant ce Ben non ? Il ressemble un peu à Napoleon Dynamite. »

Le problème, c’est que je n’avais pas vu le film. Je fis donc la supposition spontanée que le personnage devait avoir un humour caustique et subtil et un charme fou (sans aucun doute). Andy commença à m’appeler Dynamite, ce qui me donna un intense sentiment de satisfaction (j’avais mon propre surnom !) et la vie à bord pris une saveur exceptionnelle. Même si nous n’avions surfé qu’une vague potable en 12 jours et qu’on ne pouvait même pas se mettre à l’eau parce qu'il ne fallait pas interférer sur les photos, j’avais de nouveaux amis, un nouveau surnom et du Red Bull à volonté. C’est seulement lors de la dernière soirée, lorsque quelqu’un me passa le film Napoléon Dynamite, que mon monde s’écroula. En allumant le DVD, je fus très peiné de découvrir que Lyndie me voyait comme un lycéen marginal, pâlichon et asexué, avec un buisson de cheveux roux sur la tête, des lunettes et un air de souffrance perpétuel sur son visage.

Le matin suivant, je ne pouvais pas la regarder dans les yeux et je ne pouvais pas non plus regarder ses seins. Je ne pouvais d'ailleurs même pas me regarder moi-même dans un miroir. J’étais allé dans les contrées les plus éloignées des îles Fidji, je n’avais pas surfé une vague au-dessus d’un mètre. J’étais devenu ami avec Andy et Lyndie Irons, et ils s’étaient moqués de moi. Les seins de Lyndie étaient magnifiques et j’avais l’air d’un blaireau chambré par un geek. J'imagine qu’il y avait une leçon à tirer de tout ça...

Histoire de boat-trip numéro 2 à Fiji

Sur le même bateau, et les mêmes îles éloignées de l’archipel de Fidji. La journée et la soirée de la veille avait été exceptionnelle. Une autre journée de flat qui avait conduit à picoler toute la journée, puis à une soirée poker, qui avait culminé au moment où moi et mon pote Ant McDonald étions les derniers debout en train de regarder Andy et Bruce en train de parier chacun la moitié de mon salaire annuel sur une dernière main de la mort. Bruce remporta la victoire et Andy péta un plomb, comme il le faisait quand il perdait contre son frère. On découvrit plus tard qu’il était retourné dans sa cabine et avait évacué sa colère en balançant son ordinateur portable dans la mer.

Quand le soleil se levait le jour suivant, on pouvait sentir dans l’air cette tension des lendemains de cuite. Il n’y avait pas de vagues, la chaleur était oppressante et Andy était sur le pont avec un gros mal de crâne, nous laissant tous à marcher sur des œufs pour éviter que les non-dits ne fassent surface, en particulier cette histoire d’ordinateur jeté par-dessus bord.

Se levant du petit-déjeuner, Andy annonça qu’il en avait marre et qu’il repartait dans sa cabine, une sorte d'ordre explicitement livré à tout le monde de le laisser tranquille.

« Tu vas te faire un petit DVD sur ton laptop ? » lui balança alors son pote Ian Walsh dans une petite provocation très classique de sa part. Personne ne savait comment cela allait tourner, jusqu’à ce qu’Andy s’arrête… et se mette à rire… suivi de nous tous.

L’abcès était crevé. La vie pouvait continuer.