1. Les Coaches.

N’importe quel surfeur dispose d’un coach de nos jours. Des mecs s’échauffent en moulinant avec les bras, en multipliant des exercices plus débiles les uns que les autres comme s’ils allaient faire du sport. i). Ce n’est pas du sport, c’est du surf ! et ii). VOUS NE VOUS QUALIFIEREZ JAMAIS POUR LE PUTAIN DE WORLD TOUR. Laissez tomber… Enlevez vos stickers, détendez-vous, souriez et n’essayez plus. Arrêtez de transformer le surf en gymnastique. Il n’y a rien de mal à ne pas savoir si l’on fait les bons mouvements! Rien de mal à se rendre compte par soi-même que cela ne marche pas...Pour quelle raison tous les jeunes, capables de faire un virage en bas de vague, ont-ils désormais besoin d’un coach, d’analyses vidéo, de camp d’entraînement et d’un diététicien? Le surf a été assez fort pour repousser les assauts d’Hollywood, des marques de luxe et même des séries TV, etc… si vous commencez à trop l’analyser, à le segmenter, à le disséquer en le transformant en exercices, en entraînements et en préparation avec l’omniprésence d’un coach… vous le tuerez !

Le surfing: on le vend et vous l'achetez… Désolé. La chine dans le Sud Ouest. Photo: Christie

2. Se pointer sur la plage et à l’eau à 15.

Qu’est-ce que cela vous apprend? Pourquoi tout le monde veut-il faire partie d’un ‘crew’? Qu’y-a-t-il de mal à vouloir surfer à deux dans un souci de discrétion, d’impact minimal sur le line up ou même pire… de surfer en solo? C’est quoi ce surf de groupe!? Arriver en minibus ou former un convoi de 5 voitures… quelle connerie !!! Cela va simplement à l’encontre de ce qui vous a amené ( j’espère !) à faire du surf au début : surfer et non parader. A plus de trois, on est une bande de cons comme dit la chanson...

3. Planches.

Il n’y a jamais eu autant de choix et ça pose un problème… d’une certaine façon. Dans les années 90, tout le monde avait des planches super fines et étroites en forme de banane et…il fallait partir sous la lèvre pour réussir à prendre une vague. Si c’était votre cas, il vous fallait dix minutes pour parcourir 100 mètres à la rame. C’était fabuleux! Mais de nos jours, personne ne se fatigue plus sur un longboard. Les planches de type cure-dents étaient un véritable cauchemar d’un point de vue pratique, elles permettaient de maintenir la population surf à son minimum comme si c’était l’ordre naturel des choses : seuls les surfeurs assez bons arrivaient à prendre des vagues. Aujourd’hui, tout le monde à des Mini Simmons de 4’’, des Malibus, des SUP, avec toujours et encore plus de volume. Cela veut dire qu’ils peuvent partir bien au large, ne se souciant guère des règles élémentaires de bienséance… et prendre une vague à chaque série! Vous les voyez passer devant vous et vous vous laissez presque insulter dans une langue étrangère. Génial!

4. Les durs.

Tout le monde semble obsédé par le fait qu’il faut être un dur de nos jours? Ou est passé l’esprit hippie, cool, le petit joint tranquille et la démarche détendue...faut-il que l’on ressemble tous à des bodybuildeurs sous stéroïdes ou à des supporteurs de foot? Faut-il être un dur à cuire pour être un surfeur? Un expert en art martial? Martial veut dire ‘guerre’! Faut-il avoir le tatouage aussi, les tablettes de chocolat saillantes? Où sont passés les blaireaux sans prétentions...aujourd’hui, tout le monde veut briller, faire son ‘pro’ et se donner un air méchant! On m’a même menacé de me tuer alors que je faisais de manière courtoise une remarque à un jeune qui me faisait systématiquement l’intérieur. Il m’a dit qu’il était boxeur et qu’il aimerait me ‘tuer’. Mourir au Penon, voilà un endroit peu digne pour se faire exécuter!

5. Connards

Non, le surf ne reflète pas notre société dans son ensemble. La société s’améliore. Les gens sont en général plus tolérants, plus ouverts, moins haineux. Mais ce n’est pas le cas dans le surf! L’humilité à l’eau a disparu. Personne ne s’excuse plus au line up, il n’y a guère le droit à l’erreur pour l’un ou l’autre...on monte tout de suite dans les tours, la confrontation est immédiate, comme deux chiens derrière un grillage. Le surf a perdu, surtout parce que tous ses pratiquants sont devenus des connards. Tout le monde !

Oui monsieur… vous êtes un connard et moi aussi, j’en suis un !

Eux aussi ne sont pas tout blancs!